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Full text of "Salon de .."

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L a foule vient se regarder au Salon ; elle se 
retrouve, elle, ses habitudes d'esprit et 
les objets familiers qui l'entourent; elle aime les ressemblances pal¬ 
pables, et se soucie peu des interprétations plus détournées. Une évi¬ 
dence tangible, un trompe-l’œil réussi, du gros drame ou du vaude¬ 
ville amusant, ce qui la prend aux yeux ou aux sens, l'exotisme qui 
la dépayse, la romance qui l'attendrit, la sensualité égrillarde qui la 
chatouille, non moins que le couplet patriotique qui lui fouette le 
sang, voilà les succès assurés qui font et feront marcher longtemps 


AVANT-PROPOS 




















2 LE SALON DE i8yo. 

encore le commerce d’art. Il serait aussi déraisonnable qu'inutile de 
s’en affliger. A voir l’habituelle solitude du Louvre, on comprend que 
le goût de l'œuvre peinte est un besoin relativement nouveau, assez 
factice et peu génuine du public français; un sport à la mode plutôt 
qu’une passion native : l’habitude a créé l’organe et l’art vulgarisé, 
devenu une industrie de luxe, s’est mis tout naturellement à la portée 
des esprits. Le Français logicien, discuteur et spirituel, pour un rien 
éloquent, mais peu contemplatif, s’est laissé persuader qu’il adorait la 
musique des couleurs et la suggestion des harmonies. En réalité, sui¬ 
vant sa pente naturelle, il demande à la peinture des jouissances qu’elle 
ne saurait lui offrir, il veut qu'elle raconte, qu’elle amuse, qu’elle en¬ 
seigne. Des leçons de choses, le naïf plaisir de l’imitation pour l’imita¬ 
tion, une vaste imagerie, du roman historique ou du feuilleton en cou¬ 
leur, une géographie illustrée, des sites où volontiers on déjeunerait 
sur l’herbe, le tout conforme à l’idée courante imprimée sur la rétine 
de ceux qui regardent sans voir; c’est le régal des milliers de passants 
qui font une fois l’an leur pèlerinage artistique; c’est la vaine pâture 
que l’on vient chercher au Salon. Cette curiosité est amplement satis¬ 
faite : des souvenirs de lecture sont ravivés; la mythologie expurgée 
qu'on enseignait aux demoiselles, de sombres aventures, des anecdotes 
comiques, commentées en famille, défrayent les conversations, pro¬ 
voquent une printanière agitation dans les esprits. 

Le public n’a point tort d’exiger qu’on l’émeuve et qu’on l'inté¬ 
resse. S’il se passionne médiocrement pour des virtuoses qui n’ont 
rien à lui dire, en cela il est peut-être plus près du vrai que les demi- 
habiles. Il se trompe seulement sur les moyens d’expression et ne 
cherche pas la passion et l’émotion où elles sont. Il voit directement 
l’objet comme un tableau vivant et ne considère pas l’âme qui l’anime. 
Une scène transposée, élaborée par un cerveau d'artiste qui lui im¬ 
prime son caractère, d’ordinaire le déconcerte, le choque et 1 irrite 
comme une entreprise sur la routine de sa vision. Par cela même 
qu’observée et sentie, elle révèle, en traits imprévus, l’intime physio¬ 
nomie des êtres, elle contredit l’image convenue qui flotte devant les 







































































































AVANT-PROPOS. 


yeux du vulgaire. Chaque créateur a sa vérité particulière qui n’est 
pas celle de ses pairs, encore moins celle de tout le monde. Il s’en faut 
bien qu'elle n’ait qu’à se montrer nue et belle pour être reconnue 
déesse. Aussi la disposition naturelle du public qui passe et qui se 
cherche est d’aller à ceux qui lui parlent son langage. Il n’a ni le 
temps, ni le désir de déchiffrer une écriture compliquée qui demande¬ 
rait pour être comprise quelque réflexion, quelque détachement de soi. 
Il ne cause pas avec un tableau, il ne cherche pas au delà de la chose 
figurée l’esprit qui l’a conçue, la couleur de son sentiment, la qualité 
de sa pensée, la beauté de son rêve. Ira-t-il, parmi tant d'évidences qui 
assiègent ses regards, interroger les fières et délicates figures d’un 
Fantin-Latour,les intimités doucement voilées d'un Carrière? Plus une 
œuvre sera loin de la réalité photographique, moins elle aura chance de 
l’arrêter au passage. Il en résulte que l’art vrai est opprimé par tout ce 
qui l’entoure, que les intentions un peu fines sont étouffées par le tapage 
des couleurs et la brutalité des reliefs, qu’une vision franche et neuve 
détonne et fait scandale dans la banalité ambiante. Si l’on repasse 
l'histoire de l'opinion publique depuis cinquante ans, on ne peut 
qu’enregistrer un long malentendu qui n’est pas près de finir. L œuvre 
d'art fait un long stage dans l'estime de quelques-uns avant d être ad¬ 
mise ou plutôt tolérée, et souvent quand 1 hostilité cesse, 1 oubli com¬ 
mence. Une fois dans le sanctuaire, on lui accorde un respect machinal 
mais on se garde bien de la consulter comme un exemple et comme 
une leçon pour l’avenir. Supposez que la Jeune Fille en blanc d Ingres, 
si étrangement jolie, si bizarrement vraie, soit exposée demain au 
Salon, quel éclat de rire ! Au Louvre, le voisinage des primitifs la pro- 
tège; ici l’autorité de M. Bouguereau la convaincrait d'invraisem¬ 
blance. On se rappelle le haro qui accueillit Y Espérance de Puvis de 
Chavannes, cette figure divine de fraîche ingénuité, le désarroi que jeta 
dans les esprits l’apparition du Pauvre Pêcheur. Le public féminin se 
montra particulièrement passionné : il y vit une injure personnelle, une 
mystification que l'on ne pouvait décidément tolerer. Les discussions 
tournèrent à l’aigre; la moralité de ceux qui ne consentaient pas à rire 













4 LE SALON DE 1890. 

fut mise en doute. Il peut sembler invraisemblable qu’on soit soupçonné 
de visées diaboliques et anarchiques pour avoir goûté telle ou telle 
peinture. Cela est pourtant. Je sais tel roman bien intentionné qui ne 
fait pas grande différence entre impressionniste et malhonnête homme. 

Si le public est tout excusé de s’être trompé, on n’en saurait dire 
autant de la haute critique, de ceux qui se sont donné ou qui ont 
reçu mission de guider ses préférences. Les juges influents, com¬ 
plaisants pour les neutres et pour les adroits qui savent toujours se 
faire entendre, ont gardé leurs méfiances et leurs réserves pour les 
artistes rares qu’il était moins facile d’aborder sans exégèse. Delà, dans 
nos Musées, de trop sensibles lacunes, de là des justices tardives : la dis¬ 
persion des œuvres qui sont l’honneur de l’école française. Les peintres 
français de collections particulières — c’est une expression courante 
à l’étranger, qui en dit long sur l’indifférence des commissions 
d’achat. L’Exposition centennale n’a fait que raviver nos regrets. Le 
nombre et l’importance des œuvres de Millet, de Corot, de Manet, 
prêtées par des particuliers ont fait cruellement sentir l'indigence de 
nos Musées encombrés de tant de sous-ordres. De cette négligence 
qui ne sera réparée qu’à prix d’or ou par la générosité privée, on 
prendrait encore son parti, si le même système ne prévalait aujour¬ 
d’hui pour les artistes vivants. Monet, Pissarro ou Degas semblent 
ne pas exister pour les Mécènes d’État; Puvis, Fantin, Carrière sont 
peu ou point représentés au Luxembourg; d’autres en revanche, qu'il 
est inutile de nommer s’y étalent; on prépare les mêmes remords 
au budget de l’avenir. L’offre d 'Olympia est acceptée d’assez mauvaise 
grâce, avec des restrictions et des pudeurs qui sont vraiment un peu 
comiques. Au moment où l’influence de Manet a passé des ateliers 
de Paris dans presque tous les ateliers d’Europe, il est étrange que 
l’on fasse fête à ses imitateurs étrangers ou indigènes, et que chez 
nous on le mette en quarantaine. Je sais bien que parmi ses héri¬ 
tiers, bien peu sont de la ligne directe, et qu’il ne les reconnaîtrait pas 
tous pour sa légitime descendance. Il est probable que, s’il revenait 
sur terre, ce très fin et caustique esprit sourirait de voir tant de dis- 










AVANT-PROPOS. 


5 


ciples qui copient la lettre sans comprendre l’esprit, et pourrait avoir 
avec l'un d'eux la conversation de Méphisto avec Wagner. 

Après cela, pourquoi s’échauffer tant ? tôt ou tard justice sera faite. 
La vogue soulève un instant les facilistes et les charlatans; il y a des 
mousses de renommée : l’opinion définitive s’élabore plus lentement, 
elle gagne de proche en proche par des conversations, par des articles, 
par des emprunts qui sont des aveux, par les inquiétudes de ceux qui 
voudraient larécuser ; un beau jour elle est faite: le coche roule en plaine 
et nous avons bourdonné autour. Il faut estimer les esprits courageux 
qui, les premiers, ont osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout 
bas : Duret, Huysmans, Geffroy, Mirbeau. L’impulsion a été donnée 
par eux; des amateurs d’art plus éclectiques ont suivi. Aujourd’hui 
bien des situations en façade s’effritent par le dedans ; d'autres qu’on 
croyait ensevelies sous le silence s’édifient solidement. Il est triste 
sans doute de constater qu’il faille attendre la vieillesse ou la mort 
d’un artiste pour que sa valeur soit reconnue. On pense aux époques 
heureuses où l’harmonie existait salutaire à tous deux, entre le public 
et celui qui exprimait sa pensée en formes belles. Mais sans remonter 
dans Sirius, sans se désintéresser du peintre en tant qu’homme, on 
peut s’assurer que rien ne sera perdu de son effort, et que la revanche 
est prochaine. 

Quel qu’ait été l’isolement des meilleurs, l’art français a gardé 
cette bonhomie, cette familiarité exquise, qui est la grâce et le sourire 
de la haute poésie. En l’attachant à l’observation naïve du vrai, à 
l'amour des fines valeurs, des harmonies fluides et vibrantes, Courbet 
et Manet après Millet, Corot et les paysagistes, l’ont défendu contre les 
mollesses lymphatiques d’une école qui de Cabanel en Bouguereau et 
Lefebvre allait s’affadissant. Mis en possession d’un vocabulaire 
expressif, sonore, physionomique, il se montre attentif autant que 
jamais au caractère, à la beauté propre des êtres, aux significations 
de la lumière. Mais deux fléaux déjà sévissent chez nos modernistes, 
la vulgarité qui n’est qu’un réalisme sans esprit d’interprétation, le 
puffisme mondain. Après les anecdotiers pointus qui fleurissaient 







6 


LE SALON DE 1890. 


sous le second Empire, voici venir les reporters qui racontent des 
faits divers en formats démesurés. Le document s'étale dans sa pla¬ 
titude photographique, et la peinture claire ne nous épargne au¬ 
cun détail. D’autre part une mode esthétique et pseudo-anglaise a 
troublé le cerveau de quelques bons artistes qui se travaillent pour 
nous étonner et s’étonner eux-mêmes. On combine du faux Whistler 
avec du faux Manet. Des suavités bizarres, une préciosité de five 
o’clock, des expressions qui veulent être énigmatiques, des sou¬ 
rires de devant le miroir, des grimaces de langueur, un snobisme 
qui se complaît en lui-même, tout cela forme une mixture hétéroclite 
et peu française. Le monde est dangereux à l'artiste qui ne défend pas 
contre lui l’indépendance de son goût et de son ironie. Il flatte pour 
être flatté; il ravale peu à peu celui qui se laisse faire à la recherche 
de la distinction convenue, des expressions de mode. Dans un milieu 
de mensonge aimable on arrive à voir et à sentir faux, on peint niais. 
L'imagination se torture pour satisfaire au raffinement qui veut de 
l’étrange et du paradoxal à tout prix; des fêlures se produisent. 

Nous aurons cette année deux Salons pour un. On a beaucoup 
discuté, on discutera encore les motifs de la scission qui a séparé en 
deux camps peintres et sculpteurs. A vrai dire je ne saurais feindre 
pour cette question un intérêt bien vif. Libre aux artistes de chercher 
les meilleures conditions pour faire connaître leur œuvre au public. 
Quant aux prétextes donnés, à l'occasion choisie par ceux qui ont 
émigré, je n’en suis pas bon juge, étant peu informé. On a parlé de 
mobilisation organisée dans les ateliers, d’une ligue obéissant à des 
mots d’ordre, de manœuvres par masses profondes et de bataillons 
d’amazones aussi déterminées que celles du Dahomey : on entrevoit 
des tactiques autour de la cimaise et des médailles. Il semble assez 
naturel que des artistes adultes et qui ont dépassé la saison des prix 
de croissance, aient voulu se dérober à des compétitions puériles, à 
des jugements qui ne partaient pas d'assez haut pour faire loi et qu'ils 
semblaient ratifier en les acceptant. Ils sont assez nombreux, surtout 
assez divers pour garder leur indépendance. Il n’y a là ni programme, 























































































AVANT-PROPOS. 


7 


ni charte d’école, mais un groupement d’intérêts semblables dans 
une large communauté de tendances. Pour nous, public, nous aurons 
le plaisir toujours un peu malin des comparaisons et le bénéfice assuré 
des concurrences. L’occasion nous sera donnée de juger d’ensemble les 
envois de quelques artistes qui arrivent à la pleine possession d’eux- 
mêmes, et des noms tels que ceux de Puvis et de Rodin nous promet¬ 
tent quel'intérêt ne sera pas médiocre. S’il y a quelque orgueil à s’isoler 
pour être mieux compris, le reproche n’atteint que ceux qui n’avaient 
rien à perdre à la promiscuité. Si l’organisation semble avoir un 
caractère aristocratique, il faut bien avouer qu’en art, comme en toutes 
choses, la démocratie est le point de départ, la porte ouverte à toutes 
les ambitions, l’aristocratie le point d’arrivée, la sélection par le mérite. 

Bien que l’ouverture prochaine de deux Salons éveille fatalement 
chez le critique une inquiétude et une stupeur, bien que la raison 
d’être de sept mille choses peintes et sculptées dépasse sa compréhen¬ 
sion, et que ce prurit du pinceau et de l’ébauchoir l’effraye comme 
une épidémie grandissante à la fin d’un siècle qui se repose d’agir en se 
racontant sous toutes les formes, la surproduction artistique ne lui in¬ 
spire pas d’idées cruelles, mais une vraie tristesse. Il songe aux déboires 
probables, aux férocités possibles, aux misères morales et matérielles 
qu’entraînent les demi-vocations : il se représente les faux aiguil¬ 
lages, les leurres de vanité et d’indépendance, les mirages de la vie 
d’artiste, la fantaisie romanesque qui s’associe chez tant de néophytes 
aux gaietés du rapin, au décor de l’atelier riche, au modèle, aux aven¬ 
tures galantes. Il pense que plus d’un, avec un joli brin de talent 
mieux employé, pouvait suffire à des besognes plus modestes et plus 
utiles, et mettre de l’art dans l’industrie au lieu de mettre de l’indus¬ 
trie dans l’art, où tout ce qui n’est pas exquis est superflu. Il se 
demande s’il y aura jamais assez de salons bourgeois et de cabinets 
d’amateurs, assez d’églises et de musées en province, assez de halls 
dans les deux Amériques pour loger tant de nymphes et dechaudrons, 
tant de rusticités et de mélodrames. Il ne lui semble pas prouvé que 
toute cette peinture, au moins indifférente, soit le terreau nécessaire 











s 


LE SALON DE 1890. 


pour faire éclore les chefs-d’œuvre. Mais il sait aussi par expérience 
combien il est malaisé dans fiahurissement visuel de la foire aux cou¬ 
leurs de se garder l'œil frais et sensible aux impressions justes : il sait 
qu’entre les bons élèves qui marchent dans les souliers du maître et 
les tapageurs qui battent la grosse caisse, passent souvent inaperçus 
les simples et les délicats. Il se promet d’être attentif aux expres¬ 
sions vraies, aux accents d’une voix humaine, assez payé de sa peine 
s’il a pu découvrir une vision spéciale, une parole sincère, la confi¬ 
dence émue d’un esprit. Persuadé que l’art, non distinct de la vie, est 
la fleur même des énergies morales et intellectuelles d’un homme, il 
ne se croit pas indiscret en demandant à l’œuvre ce qu'elle contient 
d’émotion et de pensée, ce qu'elle trahit des curiosités, des sympathies, 
des volontés de l’artiste. Il veut savoir jusqu'où elle le mène, si elle 
s’arrête à des procès-verbaux du réel, à des réussites de métier, ou 
bien si elle lui révèle quelque chose de nouveau sur l’humanité en ses 
mobiles caractères, sur les sentiments éternels en leurs nuances infinies. 

Dans la tendresse ou dans l’ironie l'œuvre d'art a toujours quelque 
chose de noble, de hautain et de passionné. Un charme y habite, fait 
de pressentiment et de rêve, promesse ou regret du bonheur, qui va 
bien au delà des vérités sensibles, et tend à compléter le caractère du 
réel, à organiser sa beauté, en fixant sous une forme éternelle le mo¬ 
ment qui passe. C’est ce que ne comprennent pas les réalistes d’esprit 
court et d’idéal photographique. La jouissance d'épiderme que peu¬ 
vent donner les richesses de la pâte et les agilités du pinceau, la 
gaieté de la peinture claire ne remplissent pas, tant s’en faut, notre 
désir. C'est l'homme que nous cherchons avant tout dans l’œuvre de 
l'homme, c'est l'amour, la pitié, l'intérêt intense, l’intelligence ironique 
ou sagace projetée sur le monde. Le pathétique que l'on va chercher 
si loin est dans le geste ingénu de l'être qui ne se sait pas regardé; la 
vie surprise en sa vérité inconsciente a toujours quelque chose d’im¬ 
prévu qui nous émeut fortement. « Le style c'est l’état d'innocence de 
l’esprit, » a dit très finement Jean Dolent. Souhaitons que le Salon de 
1890 soit riche de cette innocence. 




















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LA PEINTURE 


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Ils sont pleins de bonne volonté : ils lèvent au ciel des brosses sup¬ 
pliantes, mais ils ne savent à quel saint se vouer. Piétinement confus, 
agitation d’esprits inquiets qui cherchent à tâtons dans les Limbes une 
route qui les ramène au jour. Il y a de courtes certitudes et des crâne- 
ries suffisantes. Quelques-uns ont trop d'esprit, beaucoup n'en ont pas 
assez, combien témoignent d’une éducation générale? Les artistes sont 
libres aujourd'hui, mais la plupart ne sachant que faire de leur liberté 
sont prêts à la vendre pour un plat de lentilles. Ils ont secoué tous les 
jougs, mais se laissent tyranniser par des manies, par des modes, par 
des chances de vente, empruntant des tics à toutes les gloires nouvelles 
qu’ils défigurent en les imitant. N’ayant pas de règle, ils suivent le pre¬ 
mier tambour qui passe et s’enrégimentent, d’ailleurs sans passion. Le 

3 































LE SALON DE 1890. 


pastiche sévit. Bastien-LepageetCazin, Puvis, Besnard et Carrière sont 
pillés avec peu de discrétion ou d’intelligence. Y a-t-il une direction 
d’esprit, une méthode, un filon d’art national ? Ceux qui ont charge 
d’âmes affirment-ils, fût-ce sans génie, des principes d’une valeur uni¬ 
verselle? Parlent-ils de proportions, d’harmonie, d’unité? Rappellent- 
ils que l’art français fut grand par la familiarité, le goût, la grâce, la 
fantaisie légère, la noblesse de la pensée, le sens direct de la nature, 
l’amour des vérités générales? Qu’ils n’enseignent pas la passion, qu’ils 
ne communiquent pas le caractère, cela se comprend de reste, mais 
que, chargés de transmettre une tradition ils la contredisent, et qu’ils 
prétendent défendre l’arche sainte après l’avoir cachée dans unplacard, 
on est en droit de le reprocher à ces mauvais desservants qui n’officient 
pas. Au Salon des Champs-Elysées les chefs donnent le signal de la 
débandade, les généraux tirent sur leurs troupes. 

Il y a une manière grande et familière, libre et ordonnée, noble et 
gracieuse, aussi éloignée que possible du pédantisme, et c’est la manière 
française. Nos statuaires gothiques l’ont connue, qui sculptaient le 
groupe des apôtres au Portail de Notre-Dame, et Poussin à Rome ne 
l’oubliait pas. 

Je regrette que l’Exposition ne se tienne plus comme autrefois dans 
les salles du Louvre, et je sais bien qui serait le plus intéressé à décli¬ 
ner cet honneur. Ce n’est certes pas Monet ni Degas. Comme il appa¬ 
raîtrait clairement alors que les enseignements ne sont pas d’accord, 
et que si Poussin nous conduit par une filiation directe à Corot, à Mil¬ 
let, à Puvis, il ne justifie ni Lefebvre, ni Bouguereau, ni Bonnat. De lui- 
même l’esprit se mettrait au point pour juger la production annuelle, 
il aurait une pierre de touche pour discerner le vrai du faux. Rassuré 
par ces génies sauveurs qui nous rappellent de nous aimer en exaltant 
la beauté de notre race, il pourrait s’orienter dans la confusion des 
routes, et, comme on cherche aux yeux des siens la révélation de son 
âme, il reconnaîtrait à l’accent familier les voix qui lui parlent de son 
intime désir. Un art vit et fleurit par le sentiment de sa perpétuité, 
par la conscience de son caractère propre. On va chercher bien loin le 










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LA PEINTURE. 


renouveau et les points de vue inédits; il y a des croisements utiles 
pour rafraîchir la sève, mais on oublie trop que les meilleurs d’hier et 
d’aujourd’hui sont dans la pure tradition française, que Millet consulte 
Poussin et comme lui généralise, que Corot le continue par la grâce de 
son admirable instinct, que Puvis le renouvelle dans sa familiarité de 
grand goût. Sans doute à l’époque romantique le courant se divise, 
Delacroix brisant d’abord l’eurythmie par des fougues flamandes, 
pour s’enivrer du geste de sa passion, mais encore tenant de si près à 
Poussin par le symbolisme des couleurs et l’expression intellectuelle 
de l’harmonie; Ingres puisant à d’autres sources, particulariste de 
génie, non pur Français, car l’eurythmie qu’il défend, lui, elle n’éclôt 
pas d’elle-même dans son œuvre; Ingres, un alchimiste, un sphinx, 
homérique divinement dans saThétis,et tour à tour Romain, Byzantin, 
Chinois, autoritaire toujours dans ses plus changeantes volontés. Mais 
depuis on pourrait montrer que Ribot et Degas croisés plus tard de 
sang espagnol et japonais procèdent d’abord de Chardin, ce petit-fils 
bourgeois de Poussin, de Chardin aussi Fantin-Latour dans ses inti¬ 
mités, avec influence de Delacroix, et Carrière, un des plus purs Fran¬ 
çais d’aujourd’hui, mettant la grandeur et le pathétique et le plus beau 
sentiment décoratif dans la vision de la vie intime; que, tout en allant 
jusqu’au bout de leurs volontés particulières, Monet descend de Corot, 
comme Pissaro de Millet, qu’enfin de Poussin à Watteau, de Watteau 
à Fragonard et de Fragonard à Willette la lignée n’est pas rompue. 

Il y a donc une famille d’esprits tout français qui se meuvent avec 
aisance dans l’ordre aimé et senti, chez qui la grâce coule de source 
avec l’intuition de la ligne ornementale, et si l’on remonte cette chaîne 
on est ramené au grand ancêtre qui le premier formula dans la pein¬ 
ture le charme spiritualisé des couleurs, et exprima suivant un rythme 
décoratif des vérités générales. Il est plus près de nous qu’on ne le 
pense et qu’on ne le dit d’ordinaire, ce génie hautain et presque aus¬ 
tère d’apparence; et quelle jeunesse de sourire, quelle fraîcheur d’in¬ 
génuité ! La Cueilleuse de VAutomne, la fleur de cette robe blanche 
sur des feuillages pâles, dans l'Été la moissonneuse qui se retourne, 










LE SALON DE 1890. 


12 

d’une brusquerie si charmante, la femme agenouillée du Triomphe de 
Flore, tout l’exquis de l’élégance française, la souplesse allongée de la 
Nymphe Écho, la gaieté bondissante des enfants dans la Bacchanale, 
ces grâces soudaines de langage que n’oublieront ni Watteau ni Char¬ 
din, ces franchises gauloises, ces familiarités de génie nous mènent 
par un charme de tendresse et sous des haies fleuries d’aubépines 
normandes à des beautés plus cachées. Ceux qui ne veulent voir Pous¬ 
sin qu’en robe et en bonnet carré n’ont donc pas senti la grande vo¬ 
lupté, la passion enivrée dont il anime les Nymphes et les Faunes. 
Ces douceurs d’amour que Flaubert retrouvait aux marbres d’Athènes, 
cette plénitude de fruit mûr et cette moiteur de vie, chaude encore 
sous les draperies duParthénon, elle palpite ici dans les belles noncha¬ 
lances des grands corps couchés, dans l’élan ou le repos des formes 
jeunes. Le pathétique de Poussin n’est pas nié, et certes des figures 
d'épouvante, d’accablement, de désolation comme l’aïeule prostrée des 
Sabines et la vierge blottie aux genoux de sa mère, comme la grande 
femme qui marche vue de dos dans la Peste, ou l’adultère affaissée 
sous les affres de la mort, disent assez haut le sens de la vie intime et 
l’audace imprévue delà vision. Mais, puisqu’on va s’inspirer du sym¬ 
bolisme trop littéraire des préraphaélites anglais, je demande si jamais 
dans aucun art l’harmonie fut plus expressive du sentiment, de la 
pensée, du rêve, si jamais peintre connut d’une intuition plus directe et 
d’une méditation plus profonde, les lois d’analogie qui font d’une ara¬ 
besque et d’un rythme de couleurs le symbole visible d’une émotion ; 
si jamais coloris fut plus spiritualisé, plus pénétré d’intelligence et de 
tendresse (comme auprès de Poussin, les Vénitiens semblent de grands 
enfants sensuels !) que celui qui nous fait frémir de la splendeur d’or 
et d’airain des Bacchanales, qui verse à nos cœurs la douceur blonde 
de la Moisson, l’apaisement de Y Automne, qui nous oppresse du 
livide embrasement de la Peste. 

Et plus encore, dans l’œuvre dernière qui est le testament de sa 
pensée, la somme de ses rêveries et de ses amours, toute la vie avec ses 
tourments, ses fièvres, ses charmants caprices, ses haltes au bord des 












LA PEINTURE. 


i 3 


sources fraîches, depuis l’espièglerie d’une enfance divine jusqu’à la 
vieillesse maj estueuse d’un fleuve, un merveilleux songe de la vie semble 
éclore sous nos yeux dans le mystère de l’inachevé, au sein de ce bois 
sacré que des horizons bleus encadrent, que les longues échines des 
bœufs blancs et roux ferment de leurs lignes tranquilles, un songe qui 
se berce dans la puissante fécondité de la nature, et se déroule et vient 
mourir dans une plénitude d’accords, dans une paix charmante. Ce que 
nous admirons chez Delacroix et Puvis, cette intime pénétration du 
langage pittoresque par la pensée, Poussin l’a réalisé pleinement, mais 
avec une certitude de génie, une possession calme et raisonnée de la 
matière, qui l’égale aux suprêmes génies, en fait le Maître et l’Aîné de 
notre art, celui qu’on n’oublie jamais sans dommage. Ce grand homme 
de mine conquérante, méditative et hautaine, vivante figure de l’auto¬ 
rité, cet esprit qui est l’Ordre même, mais avec quelle tendresse et quelles 
ardeurs ! s’il voyait ceux qui prétendent le continuer aujourd’hui pen¬ 
serait peut-être que l’art n’est pas l’ordre sans la passion, mais la pas¬ 
sion organisée, et que s’il est plaisant de faire volter un cheval de 
manège, il est beau de dompter un étalon. C’est donc une chose sans 
raison, ce vagabondage et cette dispersion d’une école qui, découragée 
d’elle-même, ne sait plus aimer les siens et va quêter à toutes les portes 
quand le trésor est à son foyer. Si beaucoup ont traversé l’inquiétude 
d’esprit, et le dilettantisme voyageur, il est temps de rentrer à la mai¬ 
son, la pensée élargie, plus riches d’expérience et plus amoureux du 
pays natal. Pour acclimater des zébus il ne faudrait pas laisser dépérir 
les races de chez nous. Les simples ne comprennent pas encore et les 
raffinés ne veulent plus comprendre. On nous engage à préférer le 
sadisme sans grandeur de Rops (pourquoi pas Van Beers), à Millet, 
à Corot, à Puvis, à Rodin, nos vrais pays. Et d’autre part, après 
avoir acclamé Makart on veut nous faire croire à M. Munkacsy. Cela 
nous est impossible. On estime à sa valeur la résolution des pro¬ 
blèmes techniques et l’imposante banalité d’un plafond très correcte¬ 
ment plafonnant, et l’on regrette que l’œuvre destinée par M. H. Lévy 
à la Ville de Paris n’ait pas même le mérite d’être claire et adroite- 


4 









14 


LE SALON DE 1890. 


ment meublée. Rien n’égale la tristesse baroque de l’idée, si ce n’est 
le décousu de la composition, l’incohérence des formes, la lourdeur 
du chaos fuligineux qui salit le centre de la toile, la misère de la 
Gloire qui, reléguée dans un coin, s’efforce en vain de rayonner. Tan¬ 
dis que M. Lévy expose sur l’art décoratif des idées inconnues à Véro- 
nèse, M. Lehoux compare ses biceps à ceux de Michel-Ange et se 
déclare rassuré. 

Tels sont les essais de grand style que nous offre le Salon carré. Je 
n’oublie pas la toile de M. Lefebvre. L’histoire de lady Godiva, narrée 
sur le cadre, est vraiment touchante et jolie. Il y a d’ailleurs une déli¬ 
catesse d’intentions dans le port de la tête, une suavité dans les mains 
croisées sur la gorge, enfin ce que possède M. Lefebvre : un sentiment 
joli, un peu douceureux, du féminin. Mais découpez cette moitié de 
figure, de pudeur agréable ; le reste n’a pas de raison d’être, cette 
immense toile est vide, froide et triste, cette servante vient de P Ambigu, 
ce cheval a été vu au Cirque, ces maisons m’exaspèrent de leur nullité ; 
au point de perspective, la goutte de sentiment délayée sur vingt pieds 
carrés s’évapore, je ne vois plus qu’une écuyère peu vêtue promenée 
dans une rue déserte pour des motifs impénétrés, et je pense aux vieilles 
maisons allemandes delà Mort de Valentin. 

Les erreurs renaissent de leurs cendres; l’illogique se pavane. Les 
boutiquiers mettent la Bourse en état de défense et s’imaginent com¬ 
battre devant l’Acropole. Ce qu’il y a de monstrueux dans Prudhomme 

f 

c’est qu’il dégoûterait du bon sens dont il est l’énorme caricature. On 
a tout dit sur l’art de M. Bouguereau, sur l'insignifiance des expres¬ 
sions, sur la tristesse agressive des tons sales, sur cette fadeur d’ima¬ 
gerie religieuse, sur cette intarissable niaiserie de romance. Un peu de 
comique console. Il s’improvise une généalogie, s'intitule idéaliste, et 
croit en regardant son ombre que de farouches réalistes l’ont proscrit. 
S’il y avait des ennemis de notre tradition classicque, quelle fière 
chandelle ils lui devraient! 

Il y a Prudhomme et Prud’hon. Les poncifs n’ont pas décrédité la 
poésie, et le Soir de René Ménard en est une preuve. Dans ses por- 
























































































i5 


üMbnmm 






LA 


PEINTURE. 


traits, dans ses tableaux de genre, avec je ne sais quoi d’affectueux, non 
sans quelque mollesse, ce peintre a patiemment étudié le doux épan¬ 
chement de la lumière autour des êtres et trouvé l’unité du sentiment 
dans un mode blond clair. Le Soir nous révèle un délicat artiste. Un 
sens exquis a réglé le rythme de cette composition décorative, les in¬ 
flexions des corps au modelé souple et large, la grâce des nymphes qui 
se jouent dans une prairie, l’une renversée à terre et riant de tout son 
joli corps, l’autre penchée agaçant cette folle du bout d’une tige verte, 
la montée des arbres sveltes, le groupe lointain des faunes dansant, 
rappel de formes animées qui conduit l’œil au rocher bleuâtre barrant 
l’horizon, aux brumes lilas à demi fondues dans l’azur vert du soir. 
Harmonie blonde et violette, parfumée de rêverie prud’honienne, œuvre 
de bonne foi qui ne renie sa parenté ni avec Puvis ni avec Henner, 
bien personnelle par un goût de beauté onduleuse, par un sentiment 
douillet et caressant de la chair. Le portrait de M m ’ X..., n’est pas de 
moindre valeur. Quelque indécision dans la forme, mais la simplicité 
de la pose, l’expression douce et réfléchie du regard révèlent chez l’ob¬ 
servateur une finesse attentive et cordiale, une intuition tendre du 
féminin. 

Il faut aller jusqu’à la salle des dessins pour trouver une autre 
œuvre de style, le Jugement de Paris, un pastel de Fantin-Latour. 
Cette vision mythologique où me charme une Vénus blonde et rosée 
dans l’or fluide s’ajoute à la série de pastels et de lithographies qui tra¬ 
duisirent aux yeux, par des correspondances finement senties et de sa¬ 
vantes orchestrations de couleur, les harmonies de Wagner, de Brahms 
et de Berlioz, celles aussi qui avaient chanté dans l’imagination de l’ar¬ 
tiste. Elle ne fera oublier ni l'Aurore et la Nuit , ni la Grotte du Venus- 
ber g. Fantin-Latour tient de Delacroix l’art de brasser la forme et 
l’idée, le sentiment et la couleur. Il a, je ne dis pas au même degré ni 
d’un essor aussi spontané, le sens de la forme grande, fière et tour¬ 
mentée, des mouvements beaux de passion. Il fait de la musique de 
chambre, plus complexe et plus fine d’intentions, non d’aussi large 
vol : intelligence curieuse, sensible, hautaine, ombrageuse, sympathie 


















i6 


LE SALON DE 1890. 


un peu rechignée. Et puis, dans cette nature à détours singuliers, il y 
a un intimiste, un déchiffreur d’âmes; le grand portraitiste de la Lec¬ 
ture, de la Brodeuse. Quelque chose enfin est à lui, rien qu'à lui, très 
singulier, quelque chose qu’on pourrait appeler la communion esthé¬ 
tique, avec Y Hommage à Delacroix,le Coin de table, Autour du piano. 



Il expose cette année deux portraits de femme: les beaux gris, la 
trame serrée de cette harmonie, la pensée présente dans les yeux, et 
ce charme honnête qui relie Fantin-Latour à Chardin comme un des 
plus intelligents traducteurs du foyer français. 

Pourtant, si l’on se rappelle les anciens Fantin, on cherche la sou¬ 
plesse, la liberté, l’ardeur d’autrefois: c’est moins affable, un peu 
gourmé, d’une maîtrise tendue. On n’est pas invité, et dans cette fac¬ 
ture martelée qui immobilise la vie, on sent se glisser une sorte de tris¬ 
tesse et de morgue professorale. On dirait qu’une infiltration de ger¬ 
manisme est venue figer dans son libre cours cette veine si heureuse 













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de familiarité. L’impertinent qui voulait rafraîchir La Bruyère conseil¬ 
lerait l'usage de la laitue. 

Un portrait de Renoir, c’est une bonne fortune. Il est fort mal 
placé, trop haut, trop loin ; c’est grand dommage, on aurait voulu 
l’examiner de près. Pour l’invention technique et l'affinement des sen¬ 



sations, Renoir est un des plus curieux artistes d'aujourd’hui, incom¬ 
plet je crois, et buté à des paradoxes, ce qui explique certaines impuis¬ 
sances, mais amoureux de la vie et de la beauté visible, nerveux, 
fiévreux, observateur, pénétrant d’intuition le sens d’une physio¬ 
nomie, surtout quand d’inspiration, comme en son propre portrait, il 
fait jaillir une effigie parlante. Il me ravit et me choque. Autant 
que je puis saisir ses intentions complexes, voici ce qu’il veut: En 
modelant par des valeurs claires, agrandir et résumer, ménager 
autour des figures le fluide et le moelleux de l'ambiance, laisser à la 






























LE SALON DE 1890. 


forme baignée de lumière sa vaguesse mouvante et cependant la dé¬ 
finir par une ligne de grâce et de caractère. Entre ces deux désirs, diffi¬ 
ciles à concilier, sa volonté a flotté, toujours curieuse d’inédit, incli¬ 
nant tantôt et parfois dans la même œuvre vers une précision de 
contour, vers une douceur d’enveloppe. Dans le portrait de M“" X... il 
semble revenir à sa manière aiguë, à l’écriture un peu sèche, parfaite¬ 
ment claire et logique, qu’il adopta dans les Baigneuses et le portrait 
de M m ‘ S... Elles sont exquises de vérité toute neuve et naïve, ces trois 
fillettes groupées autour du piano; desposes d’une gaucherie imprévue, 
de clairs regards étonnés et si jeunes ! mais aussi des duretés, des va¬ 
leurs douteuses, comme de la main qui pose sur les touches, et 
dans la gaie aubade une gêne, comme d’une chanson qui ne pourrait 
s’envoler. Je retrouve ici l’étonnant analyste des expressions sou¬ 
daines, des moues, des commencements et des fins de sourire, des 
entre-deux du rire et des larmes. lia mieux rendu parfois,sous une lueur 
comme vacillante, la fleur humide des lèvres, l’ondoiement des pru¬ 
nelles, la fraîche mobilité de la vie; comme aussi, dans ses paysages, 
les rayons qui vont et viennent et les brumes voyageuses. Avec cela je 
suis arrêté par un refus de généraliser, par un parti pris d’accepter tout 
le réel qui fait éclater la note crue d’un treillage vert dans une harmonie 
blonde, et qui épuise sans choix toute la délicatesse des sensations. Il 
y a de Renoir une admirable figure nue, une femme assise au bord de 
la mer, enlevée en clair sur une mousse d’émeraudes, ses cheveux roux 
dénoués, humant l’air de ses lèvres d’enfant: le torse est une merveille 
d’exécution, fait de rien, modelé dans une blondeur laiteuse avec une 
incroyable délicatesse, un enchantement pour les yeux, et je sais qu’à 
première vue elle me refroidit pour un Puvis qu’elle accusait de 
lourdeur : l’éblouissement passé, l’esprit n’est pas emporté au delà et 
Puvis reprend ses droits. 

Ce n’est pas le talent qui est rare, c’est le caractère. De braves gens 
retournent patiemment et obscurément un champ stérile, rentrent 
une maigre récolte, se disent : « J’ai obtenu un numéro 2, » dépensent 
beaucoup de courage et d’honnêteté à d’inutiles labeurs. Mais dès 
















































~~ T ~~ 
























































LA PEINTURE. 


19 

qu'il y a promesse de talent, la tentation commence. Succès de monde, 
succès d’argent, là s’enlisent presque tous ces peintres de beaucoup 
d’espérances et de peu de foi. On a vu poindre dans une toile une 
aube de nouveauté, entendu tinter un joli carillon. La critique, jamais 
découragée par les déceptions, la pauvre critique toujours bramant 
après des motifs d’admirer, et la poche pleine de lauriers disponibles, 
prononce des mots attendris, dépose une couronne sur un jeune front. 
Interviennent les lanceurs. Des voix turbulentes sortant de barbes 
indignées trompettent le nom du jeune maître, s’en servent comme 
d’une massue pour assommer leurs bêtes noires, déboulonnent Caba¬ 
nel pour installer Tartempion; des fureteurs vous chuchotent à 
l’oreille, avec grand mystère. Oh! que cela est d’un intérêt d’art capi¬ 
tal. On est saisi, on écoute, on regarde venir. Le jeune maître force 
la voix, s’égosille et la Gloire effarouchée par le tapage du Succès va 
se poser ailleurs. Que de bruyantes entrées en scène, que de coups 
de pistolet tirés par des gens très sages, et puis ce calme plat, cette 
exploitation si régulière ! 

M. Rochegrosse avec Pyrrhus était en haut de l’escalier, plusieurs 
criaient : « Delacroix! » avec Nabucho,il avait roulé tout en bas. Au¬ 
jourd’hui nous le retrouvons installé à l’entresol, guéri du lyrisme, et 
fignolant des joujoux archéologiques pour le bonheur des dames qui 
ont de la littérature. 

Le Combat de cailles et le Harem Thébain , où l’on trouvera des 
mines de poupées drôlettes, nous donne à penser que M. Alma- 
Tadéma court sur les toits, emporté par une imagination impérieuse. 
On pense à ces gens qui entrent comme une trombe, bousculent les 
chaises, distribuent des tapes sur l’épaule, sont tumultueux, gesti¬ 
culants et volubiles : assis, ils n’ont plus rien à dire. 

L’art des petits vieillards futés n’est pas fait pour passionner. Ils 
sont plus ou moins retors, mais ils visent tous la même cible. La 
Suzanne de M. Brouillet est bien pauvre de vice, les étoffes seules 
sont riches. M. Doucet, l’insinuant calligraphe, coquette avec les diffi¬ 
cultés, assortit des tons, nous fait dire : a Ah ! que c’est adroit! » et : 












20 LE SALON DE 1890. 

« S’il voulait! » mais ne veut pas. 11 met toute la distinction possible 
à frisotter la vérité. Sérieux d’ailleurs et presque solennel dans un 
portrait d’homme, il se garde bien de rompre avec l’Agence Voluptas. 

Après un coup d’éclat, ils justifient leur prudence, comme ces 
braves qui ont mort d’homme sur la conscience : ils se retiennent de 
commettre des chefs-d’œuvre. Approuvons-les de rentrer dans leur 
nature. Estimons M. Flameng de revenir aux petits soldats plutôt 
que de singer le grand style sur l’escalier de la Sorbonne. On se 
figure mal ces enseignes michel-angesques au-devant d’un commerce 
de bibelots. 

Les tableaux sont des visages. Je vois sous la feinte assurance bien 
des grimaces d’inquiétudes, pour quelques mines satisfaites ou gogue¬ 
nardes, combien de louches et de trembleuses. Il est d’ailleurs des 
douteurs sincères qui se cherchent et se tourmentent de ne pas voir 
clair en eux-mêmes. Ceux-là ne mentent pas, ils se trompent de bonne 
foi, ils s’égarent sur de fausses pistes, et souvent par un long circuit 
reviennent à la vérité. L’esprit ne change pas dans son fond, mais il 
se renouvelle, il se dégage des erreurs qui lui masquaient 1 horizon, 
il peut trouver en lui, près de lui, dans une parole amie, dans une 
fraternité heureuse, 

Le rajeunissement sans lequel tout est vain. 

Cormon, fourvoyé jadis dans un pensum classique, mais toujours 
vif et spirituel dans ses portraits,vus par les dedans, simples, surpris 
dans les poses, définit la grâce avenante de M”° B... et le mot aimable 
que promet son sourire. C’est amusant, amusé, très naturel. La 
Bataille de Graves est une œuvre franche, jaillie spontanément d’une 
imagination qui a vu. Elle court, comme un métal en fusion, cette 
horde hurlante d’hommes armés qu’entament les épées à deux 
mains, elle court d'une belle et libre coulée, dans une note fauve, 
argentée, fleurie : geste, expression, couleur, tout est d’une seule 
venue. 

La Naissance de la Perle, de M. Maignan, peut passer pour une 











LA PEINTURE. 


21 


aimable allégorie. Quelques reflets de nacre et d’argent amusent 
l'œil, une pose de femme est jolie : mais avoir tiré si maigre parti 
pour le décor de cette flore sous-marine, dont un Japonais nous eût 



1 ) r l’Al N ( ]',. ) _ Le commerce apporte la Paiæ et l'Abondance 

atuv Arts et à l'Industrie plafond. 

raconté des merveilles ! Et puis ce plongeur mal gracieux qui lait 
l’arbre fourchu, a-t-il bien mérité de dénicher la perle? 

Du gros soleil, de la grosse chair, de la grosse fougue, c’est la 
Bacchanale de M. Fourié. L’auteur, qui est un fin, s’est donné beau¬ 
coup de mal pour faire gros et fort. 

6 
































La peinture de M. Brispot ne convient pas aux estomacs fatigués 
de la table d’hôte, mais c’est de la peinture. Il y a, dans la jovialité trop 
appuyée de ce Champagne, une nourrice, qui rit bien, qui est naïve, 
un fragment de petit Hollandais. Les autres s’appliquent. 

Les Fiancés de M. Buland paraîtraient plus innocents si l’artiste 
affichait moins la prétention de l’être. Pour ne pas faire de phrases, 
il bégaye. 

Les avatars sont fréquents dans le camp des indécis. M. Benjamin 
Constant, qui passa d’un Orient aveuglant et crayeux à d’impitoyables 
mosaïques, s’efforce d'attendrir et d’élargir sa manière. Une femme 
couchée, assez mal, sur des tapis d’Orient, joue, assez mollement, avec 
un cimeterre. La tête plus colorée que le corps me fait songer au 
modèle déshabillé : je ne reconnais pas une Victorieuse. Traduire la 
passion, la douleur tendre de la Sonate au Clair de lune, transposer 
d’un art à l’autre, par des équivalences, les sonorités, les timbres, les 
ondes harmonieuses, ou bien exprimer la fascination des âmes possé¬ 
dées d’un même démon, Corot l’a fait d’instinct, lui qui chantait 
comme l’alouette à l’essor, et Fantin-Latour d’un art plus raisonné. 
Mais Beethoven lui-même, assis au clavecin, et qui semble ranger des 
chemises dans une commode, malgré le rayon bleuâtre qui vient 
caresser une caisse et des fronts bien accablés j’en conviens, n’évoque 
à nos yeux qu’une anecdote musicale, assourdie par la matière. 

De la musique encore et toujours. Sérénades et nocturnes et 
symphonies matinales, concerts de chambre et violons de plein air, 
toutes les gammes voudraient s’envoler de ces toiles qui ne chantent 
pas. On nous promet les mélodies d’une nuit de mai; je trouve un 
rossignol empaillé. 

Erreurs de point de départ, moyens d’émotion factice empruntés à 
d’autres arts par celui qui trouve en lui-même ses harmonies puissantes 
et ses légères chansons : esprit cherché dans le vaudeville quand une 
timbale est spirituelle à ravir sous le pinceau de Chardin, à quoi bon 
développer des truismes ? à quoi bon recommencer avec les recorn- 
menceurs? Pour se mettre d’accord, il faudrait d’abord s’entendre. 
















RoCHF,GROSSE (G.) _ Nouvelle arrivée au harem; Théier, XVW ' dynastie 









































































































«m«mh 


■Hl 


LA PEINTURE. 2 3 

Pour échapper aux incertains, je cherche ceux qui affirment. Il en 
est de catégoriques, et qui chargent à fond de train vers le casse-cou 
final. Le Cavalier de M. Détaillé me frappe de stupeur. Il s’échappe 
violemment de la toile et menace de son poitrail le passant inoffensif. 
On s’émerveille sur l’exact dénombrement des muscles, sur la réalité 
des anatomies, sur la roideur de l’allure. Que de science dépensée 
pour trahir le beau mensonge de l’art, pour créer un double inutile 
de la nature! Et d’ailleurs, le mouvement est figé dans sa dure vio¬ 
lence, le cheval est saisi au vol par la mort. Il semble que M. Détaillé 
ait voulu démontrer par un exemple aveuglant de clarté où mène la 
méthode de son maître, exaspérée jusqu’au paroxysme, matérialisée 
jusqu’à'la ronde bosse. Elle mène droit à la grosse illusion du pano¬ 
rama. L’excentrique et l’incohérent nous prennent à la gorge. Mettez 
un vrai mors à cette bête furieuse : le jeu sera de distinguer où finit le 
sellier, où commence le peintre, à quel point le vrai gazon se relie à 
la toile peinte. Ou bien si cet artilleur forcené représente le réalisme 
offensif d’un art nouveau, sacrons Horace Vernet empereur des 
peintres français, fermons le Louvre et ouvrons le Musée national 
des costumes militaires. 

Sur cette route M. Bonnat va moins vite, mais il nous conduit 
dans le même sens. Après tant d’autres portraits, celui du Président 
de la République, peint avec la conscience que l’on sait, souffre des 
mêmes excès et des mêmes indigences. Les reliefs ont une exactitude 
implacable : table et fauteuil, tout ce qui est nature morte, diffère de 
moins en moins de l'être vivant découpé dans un cuir fauve avec une 
obstination qui désarme. Immobilisant la vie, cet art, sous prétexte de 
tout dire, oublie ce qui nous intéresse le plus, l’esprit de l’homme et la 
grâce de la femme. Je cherche dans ce personnage guindé et revêche la 
finesse souriante et affable ; dans ce buste de femme recuit et maçonné, 
une souplesse, une détente. Loyauté sans aucun doute, mais loyauté 
de scribe qui rédige un procès-verbal officiel. 

La vie, cette fleur si délicate à saisir, si vite fanée aux doigts qui 
l’étreignent sans précaution et sans tendresse, la vie se dessèche et 













24 


LE SALON DE 1890. 


s’alourdit pour ceux mêmes qui l'aimèrent passionnément dès qu’ils 
lui préfèrent des conceptions devenues machinales et des routines de 
métier. J'écoute un sculpteur, un de ceux qui asservissent toute la 
variété de la nature vivante à l’expression des idées et des sentiments 
éternels. « Plus je regarde la nature, plus elle m’apparaît passionnante, 
expressive à l'infini dans ses mobiles caractères, inépuisable. Je la 
suis; je corrige mes idées d’après elle, je désespère de l’atteindre 
jamais : elle respire, elle vit; comment sauver toute sa fraîcheur? Il 
ne faut pas vouloir se mettre dans son œuvre, on s’y met toujours 
assez. » Je le vois couvant de ses yeux rieurs et attendris un modelé 
où la vie palpite; un geste de délicatesse amoureuse l’indique et le 
suit; des mots prennent une inflexion caressante : « Ce petit dos, ce 
petit ventre. » Je crois comprendre comment les maîtres ont su fixer 
pour toujours le charme fugitif et le sens profond des formes qui 
changent. La beauté est la loi et le rythme intérieur de leur esprit, non 
un cadre taillé d’avance qu’ils appliquent sur les choses. Leur choix 
est involontaire; ils ne raturent pas le vrai, mais l’harmonie qu’ils 
portent en eux se répand d’elle-même sur tout ce qu’ils touchent. La 
douleur et l’horreur, aussi bien que la tendresse, se fondent dans une 
sérénité consolatrice, dans cet accord qui réconcilie les contraires et 
réalise, par l’œuvre d’art, la pure joie de l’esprit. 

Il est ainsi des créatures de grâce et d’amour qui passent 
dans un rêve chaste ou passionné, guidés par une musique à peine 
perceptible à nos- oreilles, marchant comme les déesses sur les 
nuées, les séductrices et les charmeurs, les Manon et les Willette. 

Tout ce que nous aimons chez les maîtres, M. Henner nous con¬ 
seilla de l’aimer. La souplesse de la vie et la morbidesse de la chair 
et cette magie amoureuse dont Prud’hon voilait la douceur des sou¬ 
rires et la beauté des corps féminins, qui ne l’admira et ne l’admire 
encore dans la Nymphe couchée du Luxembourg, dans les idylles où 
de blanches nudités accueillaient les rayons du crépuscule ? Depuis, 
M. Henner s’est enfoncé dans l’alchimie des pâtes : il a renoncé, pour 
des combinaisons chimériques et des affectations de virtuosité, à cette 




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d’une manière complète et les accidents les plus graves peu¬ 
vent en résulter. 

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LA PEINTURE. 25 

belle sincérité qui nous enchantait d’un songe virgilien. Devenu son 
propre Irouillebert, il a montré des têtes improbables, des exprès- 
sions de suavité fausse, des romances beurrées comme cette Mélan¬ 
colie à la sclérotique bleuâtre, à la gorge vague et marinée dans l’huile. 
L embaumeur a perdu le contact avec la nature, la manière a tué la 
vérité. Maintenant, devant la figure vivante, il reste esclave de ses 


( II.)— fr/ttr/r ;— fffjt rf. 


partis pris. Le portrait de M'" e Roger-Miclos n’attendra pas pour 
durcir que les ombres opaques aient cerné sèchement les lumières; 
dès aujourd'hui les antithèses s’accusent brutalement, le rouge sai¬ 
gnant des lèvres tranche sur l’ivoire ambré des joues; tout charme 
cède à l'arbitraire volonté'de l’artiste. Ce n’est pas moi qui le pré¬ 
tends, ce sont les Henner d’autrefois. 

L’étude des mœurs et de la vie réelle a pris dans l’art moderne une 
importance capitale et une extension démesurée. Elle est pour quel- 
























H | 




LE SALON DE 1890. 

ques-uns une école de style et de vérité, pour la plupart un encou¬ 
ragement à d’oiseux bavardages. Elle a restauré l’imagination qui 
mâchait à vide et créé un poncif nouveau, le poncif du document. Le 
Salon des Champs-Élysées abonde en informations sur la vie rustique, 
sur les métiers, sur les plaisirs, sur le monde et sur la famille. Il y est 
raconté avec une prolixité que rien ne décourage comment l’on pêche 
et comment l’on dîne, comment l'on canote et comment l’on flirte. Il 
y a des repas de noces et des réunions select , des causeries d’atelier 
et des papotages de salon. On dirait qu’une formidable agence de 
renseignements enregistre les faits et gestes de l’humanité ; on pense 
aux innombrables feuilles où s’entasse au jour le jour, pour la terreur 
et la joie des archéologues futurs, le reportage bon enfant, galantin 
ou musqué. Ici et là, pour quelques philosophes qui se promènent 
à travers la vie, qui voient, qui sentent et qui jugent, combien de 
phraseurs! On peut constater un progrès négatif. Les intentions 
spirituelles, les énigmes, les calembours, les historiettes d’almanach 
ont été rejoindre la friperie moyen âge et dix-huitième siècle. Le 
Malade imaginaire de M. Vibert apparaît comme un fossile, et sa 
jovialité grimaçante a je ne sais quoi de macabre. Le document règne. 
Le format s’est agrandi, la peinture s’est éclaircie : maigre avantage 
tant que l’observation reste impersonnelle et le style indifférent. On 
rencontre moins souvent les singes de Greuze, les arrangeurs de 
drames et de vaudeville : on cherche la postérité de Chardin, les 
naïfs, les peintres. 

Le familier, l’intime, les beaux mots pleins de sens! Ces gens chez 
qui nous entrons et qui ne s’arrêtent pas pour cela de rire et de causer, 
de rêver ou de ne rien faire, de vivre et d’être eux-mêmes en toute 
bonhomie comme si nul regard étranger ne les épiait. Je suis volon¬ 
tiers leur hôte. Je prends part à des joies et à des douleurs qui ne sont 
pas jouées. Je me sens à l’aise avec ceux qui me traitent comme un 
des leurs. Mais s’ils se mettent en frais, s’ils se chatouillent pour me 
faire rire, s ils s’ornent de désespoirs cabotins, l’ennui me serre les 
tempes et la migraine me guette. Je fuis ces liseurs qui lisent, ces 


































































































































LA PEINTURE. 


2 7 




fumeurs qui fument, ces buveurs qui boivent avec une contention 
d’esprit et d’attitude qui me rompt les bras. On est toujours tenté de 
leur dire : « Reposez-vous. » 

Mettre tout son esprità n'en pas montrer, s’effacer pour surprendre 
1 esprit des choses, c’est le commencement de la sagesse pour le peintre 
de mœurs. Point de salut pour l’artiste s’il ne renonce à se faire 
valoir, s il ne s’oublie, s’il ne se donne corps et âme au spectacle qui 
l'émeut. L’intérêt romanesque cherché dans le piquant du sujet est 
exceptionnel et transitoire; l'intérêt purement pittoresque, d’ordre 
égoïste et inférieur. Pour que l’art nous prenne d’une prise plus 
directe, il faut que la vie se déroule naïvement dans son ampleur, dans 
sa continuité, dans sa beauté inconsciente, telle qu’elle nous semble 
sourdre, bruire et s’épancher autour de nous en tranquilles et vastes 
nappes. L’anecdote qui nous accroche au particulier, l’esprit qui 
taquine par des antithèses, la virtuosité qui fait parade d’elle-même, 
rayent ce profond et clair miroir d’arabesques oiseuses et ternissent 
la sérénité qui nous enchante. La vie universelle manifestée par les 
plus humbles spectacles tient l’esprit sérieux et soumis à la grandeur 
de sa tâche, attentif aux ensembles, aux conditions normales, aux lois 
organiques du monde physique et moral, aux fils mystérieux qui vont 
de l'un à l’autre. A ce prix l’artiste peut créer l’illusion intense et 
douce de la réalité, et ses créations sont plausibles et touchantes, non 
plus œuvres d’artifice, mais œuvres de vie et de présence réelle. Tel 
est le sentiment qui anime les meilleurs d’aujourd’hui, en France et à 
l’étranger. Ils veulent peindre fortement et simplement et l’on recon¬ 
naît l’esprit de Millet dans cette communion de l’artiste avec son sujet, 
dans cette soumission religieuse qui se croirait sacrilège d’enjoliver la 
nature, mais qui veut la prendre toute, belle partout et à toute heure 
dans ses rapports harmoniques. 

Quelques œuvres sincères nous invitent au passage : 

De Charles Maurin, une femme qui va sortir et boutonne ses gants, 
tandis que la servante lui pose un manteau sur les épaules : une figure 
qui vit et qui pense, définie par un dessin nerveux et simple, avec une 

















28 LE SALON DE 1890. 

précision de geste et surtout une acuité d'expression individuelle qui 
retient le regard. 

De Maurice Eliot, le Baptême, plein air fleuri, un peu cahotant, 
trop évaporé dans les menus reflets, mais d'une gaieté jeune et jolie. 

De Victor Marée, la Veillée, une fillette assise devant le foyer, 
écoutant les belles histoires que lui raconte la nourrice; un sentiment 
vrai de l'intimité à demi étouffé sous les ombres lourdes. 

De Valadon, Pensées douloureuses : un beau geste d’accablement, 
une forte peinture. 

D'Amand Gautier, la Première Leçon : groupe simple, naturel, 
touchant; une exquise douceur d’autorité maternelle. 

Du peintre suisse Biéler, Mois de Marie: lumineux, finement nué; 
une femme vaudoise, rose et noire, cause gentiment avec une branche 
de pommier blanche et rose. 

D’Armand Berton, Une communiante : un pastel affectueusement 
observé d'un goût délicat de coloration. 

Un intérieur de paysans, de Constantin Leroux, qui connaît bien 
ses Bas-Normands et les groupe avec naturel dans l'unité d’une 
harmonie. 

De Bréauté, Une femme bronzant des plâtres; de Gabriel-Biessy, 
Décembre. Ces deux artistes cherchent le sens intime des choses et 
la généralisation des formes sous une enveloppe fine et flottante, sans 
échapper aux aigreurs de tons, aux maigreurs de modèle. 

De Roger, la Fête de la patronne : tableau trop grand, trop veule, 
trop dispersé, mais d’assez juste observation. 

Enfin une petite toile gaie, lumineuse et tendre, où dans le jour 
tamisé d’une église, et parmi les mousselines légères aux blancs déli¬ 
cieux, vivent des physionomies de jeunesse et de grâce rieuse; c'est la 
Quêteuse, de Ricci, un peintre italien. 

Les artistes du Nord qui exposent à nos Salons (j’excepte naturel¬ 
lement Whistler et ceux qui se rallient comme Stott à ses idées déco¬ 
ratives), mais la plupart des Américains, des Danois et des Norvégiens, 
tout en acceptant des formules et des formats plus récents, ont l’esprit 




LA PEINTURE. 



29 

plus naturellement, plus exclusivement hollandais que les nôtres. Il 
sembl'e que plus neufs et plus simples ils atteignent d’emblée à cette 
bonhomie qui le plus souvent est chez nous innocence conquise, selon 
le mot si juste de Jean Dolent. On pourra le remarquer dans la Partie 
de cartes et la Classe manuelle du Suédois Richard Hall, dans la Fille 
aux géraniums de l’Américain Walter Gay, encore qu’un peu bien cal¬ 
ligraphiée, surtout dans 
l ’Intérieur du Norvégien 
Wentzel, un repas de 
pauvres gens, narré avec 
une vigueur fruste et pay¬ 
sanne. 

Il y a là un signe de 
race, une divergence de 
principes. Ces gens du 
Nord, quand ils suivent 
leur pente naturelle, et ne 
sont pas tentés comme 
beaucoup de Suédois par 
l’élégance française, s’en 
tiennent volontiers à sai¬ 
sir la vérité particulière 
d’une scène et l’accent in¬ 
dividuel des personnages, 
les uns avec plus de tendresse affectueuse, les autres avec plus de 
franchise robuste. Ils acceptent nos procédés, ils gardent leur carac¬ 
tère. Ils sont purs Hollandais et nous ne l’avons jamais été, s’il est 
vrai qu’une boulangère de Chardin soit plus près d’une figurine de 
Tanagra que d’une commère de Metsu. 

Sauf Rembrandt, qui, débordant l’esprit de sa race, imagine, syn¬ 
thétise, exprime par des abstractions de lumière les idées les plus gé¬ 
nérales, les conceptions les plus rares, les plus mystérieux sentiments; 
sauf peut-être Van der Meer, qui lui aussi, élargissant 1 ordinaire point 

8 















3 o LE SALON DE 1890. 

de vue de l’école, généralise les plans et simplifie le modelé, les Hol¬ 
landais satisfaits de ronronner dans le gras bien-être ou la calme joie 
de leurs intérieurs, n’ont voulu d’autre beauté que la vérité naïve, la 
magie des enveloppes et la logique des lumières. 

Essentiellement peintres de genre et de caractère, tout leur style est 
d’innocence, d’attention soumise et forte. En France toujours se fait 
sentir une invincible tendance héritée de l’esprit classique et de l'uni¬ 
versalité gothique, persiste un besoin de décorer, c’est-à-dire d’embellir 
en soumettant la vérité locale à l’architecture des formes, en donnant 
aux objets représentés une portée plus haute, aux figures un sens plus 
général, en allant de l’analyse à la synthèse. 

On peut dire que le vrai peintre français, lorsqu’il peint une cruche, 
n’oublie pas que ses ancêtres ont sculpté des cathédrales. Si parfois la 
tradition semble se perdre dans le sable, les mesquineries du genre 
littéraire accaparant pour un temps l’admiration publique, elle repa¬ 
raît sous un nom nouveau et nos révolutions d’art, avec la part de nou¬ 
veauté qu’elles apportent, sont des retours au passé. Que la manie ra¬ 
petissante des anecdotiers triomphe devant labadauderie, il suffira d’une 
nature morte de Cézanne pour rappeler à l’amour du grand. Notre art 
intime et familier tend toujours à s’affranchir du local et du particulier 
pour s’élever à un absolu de beauté. Sans doute, il part de la naïveté 
hollandaise, du réel accepté, senti, aimé dans son accent propre, mais 
il ne tarde pas à briser une formule qui ne comble pas son désir; il ne 
peut se résoudre à s’enfermer dans l’observation affectueuse, fine et 
menue. Il simplifie, il généralise. Au delà de l’unité de lumière, il con¬ 
çoit une synthèse plus haute de la forme et de l’idée, il dégage des plus 
humbles sujets un principe ornemental. Les uns par la spontanéité de 
l’instinct, comme Corot, d’autres d’un effort plus lent, mais avec une 
logique aussi sûre, telsDegas, Pissarro, Gauguin, tous aboutissent, par 
l’accentuation des traits expressifs, aux puissantes et charmantes 
abstractions du décor. 

Comme la vraie morale se moque de la morale, la vraie tradition 
se moque de la tradition. Ceux-là qui passèrent de leur temps pour 





























































































LA PEINTURE. 


3i 

des révolutionnaires, n’ont pas fait autre chose que rappeler l’art 
français à ses destinées. 

A mesure que le temps marche, on voit plus nettement que l’art de 
ces quarante dernières années a été dominé par deux grands initia¬ 
teurs. Deux œuvres également exemplaires, également fécondes pour 
l’avenir, ont paru vers le tournant du siècle. Aprèsl’époque romantique, 
époque de schisme où l’empire fut partagé par des génies rivaux, 
avant l’école du plein air qui, très préoccupée de questions techniques, 
n’accepte pas dans son intégrité l’héritage de l’esprit français, deux ar¬ 
tistes rassemblent les fils dispersés, représentent chacun à leur ma¬ 
nière les plus hautes et les plus charmantes qualités de notre art. 
Millet et Corot sont les deux phares aux feux conjugués, jetés au large, 
et signalant aux aventureux départs les grandes routes de la mer. La 
Centennale a mis ceci en pleine évidence. Charme et puissance, intui¬ 
tion du cœur, divin rayonnement de poésie, force mâle et grâce de 
femme, tous deux s’élèvent chaque jour plus haut sur l’horizon éclai¬ 
rant à toute distance les voies de l’art moderne. Les Grecs eussent accolé 
leurs bustes comme ceux des génies jumeaux et contraires en qui ils 
saluaient les pères de leur poésie. Il faut être aussi vaguement idéaliste 
que le Sarmate de M. de Vogüé pour blasphémer l’un, aussi furieux 
d’hyperesthésie que Huysmans pour méconnaître l’autre. 

Nous retrouverons Corot à l’origine du paysage contemporain. 
Millet a fait de la peinture de mœurs une œuvre de haut style. Ce 
grand paysan implanté dans le réel et puisant la sève en plein sol, es¬ 
sore de la vie rustique, où le hobereau corrompu ne verra que bestia¬ 
lité sournoise et féroce égoïsme, une humanité abondante et drue, 
tendre, laborieuse et dure, sacrée de la beauté des jours et de la pâleur 
des nuits, noble d’être ainsi primitive et mêlée aux révolutions des 
cieux. L’âme de la terre fut en lui, celle qui sourd inexprimée au cœur 
du paysan, par les soirs amoureux, par les nuits fécondes. En lui trouva 
une voix la poésie des inconscients, toute pratique et réelle, qui chante 
la verdeur saine des jeunes corps, la plénitude des granges, les 
maternités douces, ardente et de bon propos, et vraie de toute la vérité 


~ 




LE SALON DE 1890. 


de la vie. Certes, semeurs et baratteuses, pastoures et vignerons, mé¬ 
nagères et glaneuses, mères cousant auprès des berceaux, bergers va¬ 
guant au clair de lune, tout ce monde familier vit et se meut, ahane 
aux durs labeurs, vaque aux soins journaliers, goûte ses furtifs plai¬ 
sirs d’oiseleur et de braconnier, détend pour le repos ses membres 
gourds, s’attendrit aux joies du foyer avec la bonhomie silencieuse et 
grave que conseillent le retour des travaux lassants et le cours régulier 
des choses autour du même clocher. Mais naturelles et naïves, à moins 
qu’un peu de solennité n’ait empesé leurs poses, ces figures sont par¬ 
dessus tout grandes et belles. C’était là le difficile passage à ne pas 
trahir la vérité. Millet l’a franchi avec une autorité magistrale, il est 
entré dans la voie lumineuse. Il a trouvé le style dans les gestes de 
fonction rythmés par l’accoutumance, dans l’allure lente et mesurée du 
paysan qui adapte son effort à la longueur des tâches et se plie à l’atti¬ 
tude simple et grande parce qu’elle est logique et efficace. D’instinct et 
de raison, lui qui savait mais qui suivait aussi d’obscures hérédités, 
généralisant les plans et les silhouettes, avec la foi d’un apôtre et la 
simplicité du sculpteur gothique, il a déroulé comme les rites d’un 
culte ancestral, le poème de la glèbe, les actes du labour et du pâturage, 
ainsi que nos aïeux synthétisaient en bas-reliefs les gestes du travail 
humain, le Foulon, le Faucheur, le Vendangeur. 

La familiarité et la noblesse de l’art français s’unissent dans son 
œuvre. Ennoblissant de sa noblesse toute réalité et faisant du sublime 
avecdutrivial, il se rencontre avec Puvisde Chavannes,qui nourrit ses 
conceptions idéales de toute la moelle du vrai, tous deux naturistes et 
idéalistes au même degré. 

Millet n’a pas eu d’imitateurs directs, heureusement. Une transfor¬ 
mation si radicale et si personnelle de la vérité familière ne tolérait 
pas les adaptations médiocres; l’épopée est sublime ou grotesque. Ses 
vrais descendants ont repassé librement par les mêmes chemins. Re¬ 
cherche du caractère typique et désir de beauté, tel est le double idéal 
qui contient notre art réaliste. Son effort est d’asservir à la règle du style 
une plus grande complexité de phénomènes, d'imprimer un carac- 









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33 


tère de nécessité aux contingences passagères; d’organiser, mais sans 
que la préméditation se fasse sentir, suivant un mode souple et varié, 
les faits de vie et les spectacles du monde. Je sais bien que l’on parla 
beaucoup du morceau de nature, mais c’était une bonne duperie pour 
les simples. Le morceau de nature, c’est le cadre découpé dans la réalité 

par l’objectif du photogra¬ 
phe, indifférente fraction 
du monde, œuvre d’art 
non pas. On était las, avec 
raison, de la composition 
balancée et routinière ; 
mais il estime composition 
plus libre, où la négligence 
apparente est ingénieux 
calcul, où l’unité de sen¬ 
timent remplace la symé¬ 
trie machinale. La con¬ 
fusion est dans la nature, 
l’unité dans l’esprit qui, 
d’une conscience plus ou 
moins claire, contenu par 
une tradition comme le 
Japonais ou guidé par 
un libre instinct de grâce, 
compose, ordonne, crée. 

Après l’effervescence romantique, il semblait que Delacroix eût 
mené à bout de voie l’imagination poétique et littéraire, Ingres épuisé 
les combinaisons savantes. Les peintres alors s’éprirent de la réalité, 
cherchèrent un beau moderne, et l'on put croire que tous les pro¬ 
blèmes se posaient à nouveau, que l’art recommençait à l’a i c et que 
chacun se trouvait seul en tète à tête avec son rêve. Ce rêve n’était pas 
médiocre. Si l’on se rappelle les programmes retentissants de Courbet, 
on sait qu’il s’agissait d’embrasser tout le monde réel. Pourtant la 

9 


















3 4 LE SALON DE 1890 . 

chose était bien simple en apparence; ne pas inventer, faire œuvre 
d’art avec tout ce qui tombe sous les yeux du premier venu. Mais 
pour cela il fallait beaucoup de courage, une personnalité forte et con¬ 
quérante. Les académistes pouvaient encore faire illusion et singer le 
grand art en cousant dans un milieu vague des réminiscences distin¬ 
guées, des demi-vérités, des à peu près de forme et de couleur. Mais 
celui qui s’en prenait à la vie moderne provoquait toutes les compa¬ 
raisons, le public se croyant plus apte à juger de la vérité d’un casseur 
de pierres que de la vérité d’une déesse, parce qu’il oublie que casseur 
de pierre et déesse sont au même degré des mensonges, et que la vé¬ 
rité n’est pas dans l’objet, mais dans l’esprit qui interprète. 

Le réaliste s’engageait donc à être véridique. Il se méfiait de l’ima¬ 
gination et remettait l’art en contact avec la vie. Mais ces éléments 
empruntés au réel, il les combinait suivant la forme de son esprit et 
dans la sincérité de sa vision, obéissant en cela à la loi commune à tout 
art, puisque l’artiste, qu’on l’appelle idéaliste ou réaliste, ne fait pas autre 
chose, dès qu’il ne ressasse pas des formules vides. Seulement, le pre¬ 
mier se réserve, par principe, un droit d’invention et de transposition 
qui intimide et tient à l’écart le jugeur indiscret; l’autre invite le pas¬ 
sant à contrôler son dire. De là des malentendus. Il sembla que la car¬ 
rière était ouverte à tous, du moment qu’il suffisait devoir juste (qui 
donc ne croit pas voir juste?) et de raconter exactement (qui ne se croit 
suffisant copiste?). La théorie réaliste nous valut, nous vaut encore un 
débordement de documents nuis et de plates copies. Après tout, elles 
ne valent ni plus ni moins que les fades mythologies : elles ont le même 
droit au non-être. 

Mais par un effet contraire, elle a exalté l’art de peindre, et suscité 
la personnalité. Plus le point de départ est humble et à la portée de 
tous, plus une vision originale servie par une volonté forte est néces¬ 
saire pour dégrossir cette matière brute et flottante, pour informer ce 
chaos de sensations passagères qui ne sont décidément conquises qu’à 
la condition d’être ouvrées, caractérisées, artualisées. 

Comme chez nous le réaliste rompait avec les traditions de sur- 




























































































































LA PEINTURE. 


35 


face, et prétendait ne relever que de lui-même, il se voyait seul, nu et 
désarmé en face de la confuse complexité du réel, forcé de choisir son 
point de vue, son format, sa formule. Si l’on songe aux ironies mal¬ 
veillantes qui accueillirent Millet et Courbet et qu’ils ne furent soute¬ 
nus que par un juste orgueil et de rares fraternités d’esprit, on excuse 
les fanfaronnades de l’un, on admire la fière dignité de l’autre, et l’on 
juge que tous deux furent des héros. 

Dans une autre école, qui elle aussi partit de la réalité ambiante et 
s'y confina plus volontiers que la nôtre, en Hollande, on voit se former 
une discipline, une méthode commune qui, laissant toute liberté aux 
génies originaux, permet aux esprits moyens de bien peindre sans in¬ 
venter beaucoup ni se singulariser. 

En France, rien de pareil; mais, à chaque génération, un effort 
puissant, souvent douloureux d’interprétation inédite, des individus, 
chacun poussant sa personnalité à l’extrême. Seulement, sous cette 
anarchie apparente, toujours chez ceux qui ont rejoint la grande ligne 
et ressuscité 1 instinct profond, malgré la diversité des points de départ 
et des modèles consultés, toujours chez Corot et chez Millet, chez Pis¬ 
sarro et chez Degas, chez Puvis et chez Carrière, une naturelle tendance 
à résumer, à agrandir, à décorer. 

Ainsi 1 art français n’eut rien de commun avec une volière de se¬ 
rins apprivoisés. Au lieu d’une moyenne d’esprits soumis s’étageant 
au-dessous de quelques personnalités hautes et fines, un essor d’oi¬ 
seaux francs (mettons que parmi les cygnes il y ait eu quelques canards, 
du moins étaient-ils sauvages?) qui refusaient de se domestiquer et 
suivaient chacun leur pointe : ou, si l’on veut, des principautés indé¬ 
pendantes reconnaissant seulement quelques lois organiques très géné¬ 
rales, unies par une communauté de race. 

Sur cet art qui semblait ne dater que de lui-même, les influences 
furent extrêmement complexes et variées : beaucoup vinrent de l’étran¬ 
ger, mais il est curieux de voir à quel point elles furent transformées, 
élaborées et francisées. Comme rien n’est nouveau sous le soleil, comme 
on a toujours des ancêtres, comme toute école nouvelle est par quelque 
















36 


LE SALON DE 1890 


part renouvelée des Grecs, quand elle est sincère, elle se cherche 
d’abord des points d’appui et des autorités dans le passé, elle oppose 
tradition à tradition. Nous avons vu que Millet, consultant Poussin et 
rénovant la grandeur gothique, maintient la traditionessentielle. Corot 
lui aussi est pur Français, de Poussin et de Claude. D’autre part les 
réalistes les plus exclusifs trouvent en France de qui se réclamer, et 
les frères Lenain ont un regain de gloire. On parle moins de Chardin, 
mais Ribot et Degas comprennent son esprit. Le coloris pathétique de 
Delacroix, les définitions concises et succulentes d’Ingres entrent dans 
le subtil alliage de ces talents originaux : Manet, Degas, Renoir. 

Et d’autre part on demande conseil aux grands réalistes espagnols, 
aux Hollandais qui viennent de rentrer en France avec les paysagistes, 
surtout à Franz Hais. Les primitifs italiens, les Japonais avec leurs 
points de vue surprenants, leur principe ornemental, la suavité de 
leurs harmonies claires, sont étudiés de près, goûtés, compris, spiri¬ 
tuellement transposés. 

Il n’entre pas ici la moindre intention d’ironie facile à l’adresse de 
ces artistes qui firent sonner très haut leur indépendance. Ils en 
avaient le droit. Ils furent d’abord et toujours élèves de la nature. S’ils 
sont plus fortement rattachés au passé qu’il ne semble à première vue, 
ce n’est pas moi qui leur en ferai un crime : chez tous la part de 
nouveauté est prépondérante. S’ils ont puisé à des sources étrangères, 
c’est le plus souvent comme La Fontaine, qui lisait ceux du Nord et 
ceux du Midi, d’une imitation libre et créatrice. 11 me semble bien 
qu’à certains jours Ribot suit de trop près Ribeira, que Degas japonise 
parfois à l’excès. Il est rare que ces combinaisons ne laissent pas 
quelques résidus, quelques scories rebelles à la fonte. Chaque fois 
que la littérature ou l’art d'une race se renouvelle par des emprunts, 
il se produit de ces engorgements momentanés. C’est affaire de mode, 
besoin d’étonner, prononciation affectée de l’anglomane, désir de faire 
montre d’une science récente, un peu de pédantisme en somme. Chez 
les plus grands, les purs Français, l’assimilation est parfaite, la 
science est devenue substance. L’aisance souveraine dans la beauté 






LA PEINTURE. 


37 


est leur signe d’élection. Corot peut tutoyer les Grecs et Puvis les 
primitifs. Ils me persuadent que la grâce a émigré d’Athènes à Flo¬ 
rence et de Florence au pays français. 

Le grand mérite des purs réalistes et des impressionnistes, c’est 
d’avoir défendu la peinture contre les fadeurs de la romance, les 
poncifs de style et les conventions surannées ; d’avoir compris qu’il 
faut partir du réel observé avec ferveur pour atteindre au pathétique, 
à l’intellectuel, au rêve. Mais plusieurs se sont arrêtés en route. Leur 
poétique est inattaquable en ce qu’elle affirme, incomplète en ce 
qu’elle nie, restrictive par ses partis pris. Pour s’être asservis à la 
matière, hypnotisés sur la sensation, plus d’un s’est rogné les ailes. Ils 
ont bien vu, mais pas très haut. Ils ont boudé l’imagination comme 
une maîtresse d’erreurs, et c’est elle qui enseigne les grandes vérités. 

Millet l’entendait, lui, le chant intime, et c’est pourquoi ce vrai fils 
du terroir, pauvre technicien souvent, règne par l’esprit de son art et 
par les principes de son style. 

Dans un sens moins large et plus strictement pictural, Courbet 
remplit l'idée du réalisme. Esprit trop négatif et souvent goguenard 
mal à propos, matois campagnard un peu perverti et rétif à la 
noblesse, mais regorgeant de sève et riche d’encolure, mais fin, 
tendre, amoureusement acquis aux moites beautés de la chair et des 
pelages, aux frissons des eaux, des cieux, des verdures, délicat à 
rendre la rêverie enfumée et la mélopée paysanne où s’endort l’après- 
midi à Ornans, la sensualité qui orne un visage de fille et cette lan¬ 
gueur où ne désarme pas l’ironie, admirable quand il déchaîne les 
énergies animales, Courbet s’assimile la force, la richesse et la gran¬ 
deur, non la grandesse, espagnoles. Il installe des figures vivantes et 
robustes aux larges plans d’un paysage, découvre un sens décoratif 
aux costumes de son pays, aux modes de son temps. Avec des villa¬ 
geois groupés autour d’une tombe, ou des demoiselles couchées au 
bord de la Seine, ce vrai peintre de mœurs compose des œuvres d’un 
coloris délicieux et puissant, d’une naïveté forte. 

Manet lui aussi part des Espagnols, mais plus aigu, épris de 

10 







LE SALON DE 1890. 


vérité soudaine, d’impeccables résumés, de lignes définitives, il s’af¬ 
franchit des pesées de la matière, il rafraîchit, attendrit, délicatise. Il 
emprunte à la vision des Japonais leur modelé essentiel et succinct, 
leur suavité lumineuse : il donne l’essor aux valeurs claires et délivre 
les harmonies chantantes. Torse de femme ou tranche de jambon, 
tout lui est prétexte à peindre, je dirais divinement si le mot pouvait 
s’appliquer à d’autres qu’aux Corot et aux Puvis. Il est spirituel, 
perçant, railleur à froid, de bonhomie rusée, sans expansion ni sym¬ 
pathie, merveilleusement apte à épier l'accent d'une physionomie, 
l’habitude d’un corps, les attitudes d’inconscience; si excellemment 
peintre qu’on dirait qu’il découvre les secrets de la peinture alors qu’il 
les retrouve, tout neuf par cette absolue captation de la lumière 
ambiante qui fait d'Argenteuil et du Canot des quintessences de vérité 
sensible, de ces réussites d’art qui ravissent par la difficulté vaincue, 
par l’élégante rigueur des solutions. Avec cela Manet ne va guère 
au delà des états passifs et s’en tient à la fleur des choses. Il s’interdit 
la passion. Son Christ est un cadavre de supplicié, et le torse de 
l'Homme de douleurs est défini avec juste autant de sensibilité qu’on 
en aurait pu mettre à peindre un coffre à bois. Il est impardonnable 
de le nier comme peintre, alors surtout que sa technique a fait le tour 
de l’Europe. Il m’est impossible de trouver dans son œuvre d'autre 
charme qu’un plaisir d’intelligence, une parfaite volupté des yeux. Il 
n’est ni grand, ni profond, ni émouvant. 

De là partent les impressionnistes. Ils décomposent en observateurs 
subtils les sensations de couleur et les vibrations lumineuses ; ils 
s’attardent aux détours de la route, comme ces petits bras détachés du 
grand courant, où les eaux alenties se parent de mousses vertes et 
roses, se glacent de fluorescences, révélant des intimités de paysage, 
des coins de nature abritée et close. 

Ils sont sensitifs avec délices; analystes jusqu’au tourment, techni¬ 
ciens consommés, en quête d’inédit et de néologismes, se méfient des 
idées générales dont le vague idéalisme a fait si piètre usage, de l’émo¬ 
tion que les peintres-poètes ont exploitée aux dépens de l'art. Ils se 



























































































tiennent sur la défensive. D’ordinaire ils se cantonnent dans une région 
de la vie, petits métiers, humanité médiocre et inconsciente, conditions 
moyennes ou basses où les êtres, subissant la pression des choses et 
réagissant faiblement, sont modelés et pétris par leurs entours ; ils la 
parcourent en long et en large, expliquant en naturalistes la faune et 
la flore par l’habitacle. Ils adhèrent fortement à la réalité, y prennent 
racine, avec une sorte d’angoisse à imaginer, s’isolent et se spécialisent, 
élaborent un style, se font une écriture qui les distingue entre tous, 
composite sans doute et dérivée du passé, mais où domine un accent 
personnel ; puis se déploient avec plus de largeur, les uns affirmant de 
plus en plus le caractère typique des milieux et des êtres, les autres 
tendant vers l’élégance succincte et dense de la fresque et du vitrail, 
celui-ci le plus mordant et le plus intellectuel, pointant vers le rêve et 
le fantastique : en somme, antipathiques au goût moyen qui se plaît 
aux concessions aimables, peu accessibles aux simples qui les jugent 
vulgaires ou cruels quand ils caractérisent, bizarres et mensongers quand 
ils interprètent dans le sens du supra-sensible et du décor. La pure et 
grande beauté, faite de passion, de grâce et d’humaine poésie, qui ré¬ 
concilie les instinctifs elles habiles, je la trouve rarement dans cette école 
curieuse, particulariste et hyperesthétique. Ils sont en deçà ou au delà. 

Peintres de mœurs, ils le sont dans toute la force du terme. Raf- 
faëlli découvre un monde, faune et flore, la banlieue; et dans ce monde 
où les détritus de la civilisation se mêlent aux premiers sourires de la 
nature, sur ces confins de la ville et de la campagne où le bourgeois et 
l’artiste, le campagnard et le prolétaire se coudoient et se pénètrent, il 
définit les espèces hybrides, les déclassés, les louches, les épaves, mais 
plus encore les êtres indécis qui flottent sur les frontières des cadres 
sociaux, le paysan ouvrier et l’ouvrier bourgeois, le bourgeois bohème 
et le bohème que le soir va changer en rôdeur de barrière, l’artiste- 
peuple et 1 e peuple artiste, le fadasse bonheur du petit rentier qui réalise 
son rêve de nature artificielle et retourne à la vie végétative. Il saisit 
sagacement le comique particulier de la défroque interlope, de l’inso¬ 
lite redingote, de l’immémorial gibus qui stupéfie les verdures; et ce 




40 


LE SALON DE 1890 . 


comique violent et aigre, mais je ne sais comment bon enfant, culmine 
dans les scènes de théâtre, jaillit du contraste que font les oripeaux tra¬ 
giques et les romantiques emphases avec la débonnaire et falote vul¬ 
garité de la reine de comptoir et du tyran cabotin. Il est le peintre 
amer et pitoyable des tragédies qui ratent, des vies qui s’effondrent, 
des ballons vers l’idéal dégonflés et retombant à plat sur le pavé : il 
dit la rêvasserie lyrique du petit soldat échouant dans un bouge, les 
extases des Salutistes éclaboussées de grotesque, l’élégance du laquais 
tournant à la drôlerie énorme. Il raconte les existences discordantes, 
rongées de soucis, de rancunes et d’impuissances. Il raille les désirs de 
beauté, de bonheur et de noblesse qui n’aboutissent pas. 

Ce Millet amaigri d’une nature et d’une humanité souffreteuses a 
pris du maître les traits courts, remuants, expressifs qui font vivre les 
êtres et les paysages, non le grand goût de beauté qui apaise et rassé¬ 
rène. Mais comme il connaît ses héros dans le tréfonds de leur con¬ 
science, comme il les aime et revit leur existence ! Aussi les types qu'il 
a voulu créer sont vivants; ils nous heurtent à chaque pas. Les Raf- 
faëlli errent sur les boulevards, autour des cafés, comme dans les 
terrains vagues. Il faut bien songer à lui quand on rencontre ces regards 
de misère, d’humilité fuyante ou de menace embusquée. Et puis, dans 
cette œuvre au goût astringent et rêche on découvre des coins de ten¬ 
dresse et de fraîcheur. On pense à la haute bonhomie des deux ou¬ 
vriers qui, debout, d'un même geste hâtif, empoignent leurs verres sur 
un coin de table ; à cette œuvre tragiquement belle : l’homme assis 
sous l’ombre illusoire d’une tonnelle, remâchant l'âcreté du tabac et de 
la misère, à ces yeux d'angoisse que je ne puis voir sans songer aux 
fixes et obsédants regards que font peser sur nous les pauvres diables 
de Lenain. De tout cela se forme une originalité tranchante, un art 
cohérent dans ses limites, une sincérité parfaite. 

Degas signifie la plus haute virtuosité et le plus exceptionnel artiste 
du groupe des indépendants. Son art, de contenu réaliste, mais 
nullement limité par le réalisme, s’évade de la nature aimée d’abord 
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LA PEINTURE. 41 

minérale et d’inhumaine bizarrerie. Il représente au mieux dans l’art 
le progrès et le terme extrême de l’état mental qui de Flaubert à 
Huysmans régna sur la littérature, et qui tend à donner du monde 
des notions déprimantes et des sensations exaltées. Chez l’artiste et 
chez les deux écrivains, mais surtout celui qui fut le plus pénétrant 










Couse ( E . I. )_ Un soir d'été . 

exégète de l’impressionnisme, la poétique est sensiblement la même : 
curiosité presque sympathique au début, puis aigrie de dégoût pour 
les platitudes et les laideurs, pour l’humanité basse ruminante et 
végétative, qui subit la pression des choses et ne réagit pas, notation 
cruellement amusée des déformations professionnelles, physiques ou 
morales ; et par une conséquence logique, recherche de l’artificiel 
comme d’un refuge aux lourdes atteintes du réel, art de fantastiser les 
spectacles de la vie par les sous-entendus et les insistances, par les 
raffinements de la technique et le faisandage du vocabulaire. 

C’est en somme, aux dépens de la sensibilité qui s’oblitère et se 
durcit, une hypertrophie du sens esthétique froissé sans cesse et exa- 










42 


LE SALON DE iSgo. 


cerbé par les vulgarités ambiantes, et qui, par une diabolique attirance 
se voyant requis de les peindre, les marque d’une ironie, non franche 
et libératrice comme celle de Daumier, mais latente, équivoque et 
retorse, et dont souvent on ne saurait dire si elle raille ou s’apitoie. Le 
peintre d’ailleurs, qui n’a pas à donner même indirectement son opi¬ 
nion sur les. choses, se retranche plus aisément dans un pur dilettantisme 
formel, en vient à ne plus voi r dans le monde que thèmes décoratifs où 
n’intervientpas la moindre émotion sinon artistique, sauf que persiste, 
comme un défi au joli banal la prédilection pour le grimaçant, le 
difforme et le passif, relevés de tous les piments que détient la phar¬ 
macie pittoresque. Cette forme aiguë du dandysme intellectuel produit 
un art savoureux et raffiné, ravit les pessimistes comme un argument 
à l’appui de leurs dégoûts, reste fatalement antipathique, à la majorité 
des esprits qui n’entre pas dans ces subtilités et ne veut rien entendre 
aux sublimes beautés du laid. 

Cette conception d’art qui exclut toute émotion communicative 
et sympathique (et Degas ne fait pas appel à la pitié fadement âcre 
qu’inspire unFolantin), exige que toutes les ressources du métier soient 
mises en œuvre pour compenser par un maximum de charme sensuel 
l'intérêt de tendresse, d’amour, de sympathie bienfaisante, volontaire¬ 
ment éliminé. Degas n’y a pas manqué : personne depuis Manet n’a été 
plus proprement, plus exclusivement peintre. Ses origines sont com¬ 
plexes : apparenté d’abord avec Chardin, dont il retrouve en certaines 
figures la bonhomie spirituelle et affectueuse, l'harmonie douce et re¬ 
posée, il emprunte à Delacroix et à Poussin le principe de leur coloris 
pathétique, à Poussin encore le haut style des gestes et des attitudes qu’il 
sauratransposeràlamimiquepassionnelle delà danse, à Manet la sou¬ 
plesse des définitions et la succulence ingriste des modelés, plus tard 
aux artistes du Japon des coupes, des points de vue, le goût du fan¬ 
tastique décoratif. 

Ces éléments élaborés par une volonté originale forment un style 
dense exquis et rare, merveilleusement expressif en ses accentuations 
et ses réticences, et qui tend de plus en plus aux raccourcis du 






































IfiSH 


































LA PEINTURE. 


43 


décor. L’art de Degas se développant parallèlement vers l'insensibilité 
extra-humaine et la volupté visuelle, à mesure que la sensation 
s’aiguise et se dépouille de tendresse, la maîtrise s’affirme. La réalité 
d’abord sentie dans sa grâce aimable puis reculée, et jaugée d’un œil 
clignant et dur, est finalement interprétée dans le sens d’une beauté 
froide, étrange et purement technique. 

Il y a d’abord un Degas bénin, cordial et frais qui ne refuse pas son 
intérêt aux grâces spéciales de la classe de danse, aux attitudes jolies 
et menues, au ressort, aux détentes des jeunes corps bondissants et 
souples. Il groupe en motifs imprévus ce petit monde envolé et 
bruissant dans la blancheur des mousselines et le gai bariolage des 
écharpes. Pour capter le charme léger des poses et la fraîcheur des 
nuances, le métier terne d’abord et mince s’allège, se volatilise; une 
lumière fluide se joue autour des figurines aux gestes courts, anguleux 
et vifs, aux démarches ailées, aux repos suspendus et bougeurs. Dans 
ces premières œuvres, où le peintre se forme et s’affranchit, on voit 
poindre un humoriste sagace mais encore débonnaire, qui se plaît 
aux drôleries de la fillette couvant sous le sérieux emprunté. Ces com¬ 
muniantes de la chorégraphie ont le charme délicieusement menson¬ 
ger de la nature encore à peine teintée de mensonge, et qui s’échappe 
à la spontanéité native : c’est l’aurore indécise où le factice et le naïf 
se combattent; un moment fugitif et charmant. 

Puis induit peu à peu à l’artificiel, Degas notera de préférence les 
déformations de métier, les brisures de la charpente normale, les 
projections et les raccourcis de la gymnastique professionnelle. Il 
révélera les secrètes tortures du culte chorégraphique, et les dures 
épreuves que subissent les larves avant de prendre leur vol. Il mon¬ 
trera la danseuse comme un être fabriqué, tordu et repétri par l’art, 
soumis aux dislocations méthodiques où des corps délicats et frêles 
se durcissent aux cals du métier, se déjettent en des poses animales et 
violentes : toute une anatomie fantastique et vraie se déroulera dans ses 
toiles, comparable seulement aux contorsions acrobatiques chères aux 
dessinateurs japonais. 























LA PEINTURE. 


45 



l'hallucination. Degas maître de son métier cerne les modelés d’un trait 
définitif, précise le chiffre des arabesques, pimente la saveur des colo¬ 
rations. Il sait par des esquissités de dessin, par des valeurs de tons, 
comme Flaubert par des associations de vocables, remuer en nous 

des virtualités esthétiques, 
provoquer je ne sais quelles 
sourdes émotions, nues de 
toute signification précise et 
proprement humaine. Avec 
des laideurs foncières vêtues 
de beauté formelle, il pro¬ 
cure des voluptés d’esprit 
combattues et contradictoi¬ 
res, non franches et reposan¬ 
tes, mais sourdement mi¬ 
nées de blague, de répulsion 
amusée etdeplaisirpervers. 

C’est dire qu’il fait ren¬ 
dre au métier de peintre, 
aux sensations de forme et 
de couleur, tout ce qu’elles 
contiennent en elles-mêmes 
de suavité d’angoisse et de 
trouble, de symbolisme la¬ 
tent et irraisonné. 

Par rot (P.)— Flore, et zéphire Le sentiment humain 

évaporé, reste dans le creu¬ 


set, comme un élixir sublimé subtil et mordant, un principe d’ironie 
esthétique ; on croit comprendre alors que s’il a tant aimé le foyer de 
la danse et la fantasmagorie des ballets, c’est qu’il y trouvait réuni, 
comme Des Esseintes en sa demeure machinée, tout l’à-rebours de la 
nature. La conformité des deux esprits apparaît plus nettement. 

Féerie des lumières factices, mensonge des décors et des toiles de 


12 











44 


LE SALON DE' 1890 . 


Dès lors se précise le spécial analyste des gestes de métier et des 
grimaces d’inconscience, l’implacable observateur des êtres que, pour 
ses besoins ou ses plaisirs la société réduit à l’état de machines, 
machines à danser, machines à courir, machines à luxure, le jockey, 
la danseuse, la fille. Degas est définitivement acquis aux dégradations 
du type humain. Paradoxes de structures et paradoxes de lumière, 
efflorescence bizarre et falote dont l’extrême civilisation pare, déniaise 
et dénature la vérité normale, fantasque harnachement de la fille, 
chairs fardées, plâtrées et malaxées, allures bestiales de la femme en 
ses toilettes intimes, absurde attrait des cafés-concerts où 1 ennui des 
civilisés s’immerge comme en un bain de bêtise; le jockey, sa squelé- 
tique ossature, sa pince de crabe, sa maigreur déhanchée et noueuse 
assujettie aux réactions des bêtes de sang, toute la complexe et sa¬ 
vante horreur des milieux parisiens sera exploitée par Degas pour 
des visées esthétiques et décoratives. Il se délectera du monstrueux 
pourvu qu’il soit pittoresque : il sera le peintre attitré de l’humanité 
paradoxale. 

Et toujours, à mesure qu’il se détourne de tout attrait moral et 
sensible, il affine sa virtuosité. Il demande aux Japonais le principe 
de leur composition dispersée et sinueuse, des points de vue de bas en 
haut ou de haut en bas, des coupes surprenantes : silhouettant les pre¬ 
miers plans sur des foyers lumineux, faisant fuir des perspectives as¬ 
cendantes, dépaysant le regard par mille artifices, il arrive à fantastiser 
l’aspect du réel, à suggérer, en pleine modernité, la bizarrerie attirante 
et décousue du rêve. 

C’est ainsi qu’il encadre une féerique scène d’opéra entre les volutes 
des manches de contrebasses surgissant de l’orchestre, et recourbées 
en encolures d’hippocampes, en proues de navire ; qu’il sème sur le 
vert cendré des pelouses en un désordre apparent, mais suivant de 
fines arabesques, les galops nerveux des chevaux de course et les 
multicolores jockeys ; qu’il fait mouvoir sous la lumière factice du 
théâtre, des danseuses semblables à des lucioles errantes. 

C’est là le point culminant de son art : les réalités fantomales, 






























46 


LE SALON DE 1890. 


fond, conventionnelle mimique des sentiments humains, amours, 
haines, désespoirs figurés suivant des rites hiératiques ; la femme 
transformée en une créature illogique, presque libellule et presque 
poupée, cette transposition d’humanité qui reste en deçà du vrai par 
la stupeur figée des expressions, qui passe au delà par l’éclat cha¬ 
toyant des costumes, par la douceur rythmique ou l’essor véhément 
des poses, Degas devait aimer dans la danse une cohérente absurde 
et magique transfiguration du réel. 

Là encore il découvre les spectres inquiétants qui passent dans 
son œuvre, soulevés par des cadences, avec leurs moues absentes et 
machinales, leurs masques d’atonie ; celle-ci jetée en avant de tout son 
torse, de son corselet strié, muette évocation d’une inconnaissable 
douleur; d’autres, mystérieuses comme des idoles hindoues, balan¬ 
çant leurs bustes, entre-croisant leurs jambes; tous ces schèmes des 
grâces, des langueurs, des emportements passionnels. 

Il communique ainsi une impression de pathétique distant et gla¬ 
cial, comme d’une humanité étrangère à la nôtre, et dépouillée de 
toute grosse ressemblance, impression que nous imposent certains 
contes d’Hoffmann et de Poë ; ou plutôt il produit ce phénomène d’il¬ 
lusion double, curieusement étudié par les romantiques allemands, 
l’illusion troublante d’une pièce intercalée dans une pièce. 

Si l’on songe en effet que la nature, une première fois transposée 
pour l’optique théâtrale, est encore reculée du vrai par une inter¬ 
prétation violente qui souligne en ses raccourcis expressifs le factice 
des poses et des expressions, on conviendra que Degas égale sur ce 
point les maîtres de l’esthétique artificieuse lorsqu’il nous montre 
dans un magique décor un Ballet-parodie. 

Ailleurs, poussant àbout la gageure, dosant savammentla curiosité 
sardonique et le charme pittoresque, avec ses femmes au tub d’al¬ 
lures batraciennes, avec une adipeuse dondon aux ailerons de pingouin 
qui se sèche près du feu, les mains plantées sur les reins, avec une 
graisse qui sur ses bras tendus fait glisser sa chemise, un linge glacé 
de lilas, une blancheur céleste sur des verdures tendres, il compose 






































LA PEINTURE. 


47 


des œuvres au coloris opulent et fleuri, aux anatomies ramassées et 
puissantes, et qui sont les grimaces du féminin. 

C’est ainsi qu’il se conjouit des laideurs, non avec la verve en¬ 
fantine et joyeuse d’un Hokousaï imaginant d’improbables maigreurs 
ou cernant d’un trait vif des rondeurs dodues, mais avec une ironie à 
froid qui s’amuse de dire son fait à l’humanité. 

Il semble donc bien que Degas ait poussé à ses dernières consé¬ 
quences une formule d’art qui repose en dernière analyse sur des sen¬ 
timents de haine, de dégoût aristocatrique, peut-être de tendresse 
révulsée ; mais aussi de curiosité maladive, de jouissance presque féroce 
à savourer la laideur, l’inconscience et la sottise ; formule voisine de 
la caricature, mais différente en ce que celle-ci, par le furieux gros¬ 
sissement des traits s’avoue railleuse, se délivre de ce qu’elle bafoue, 
et proclame l’idéal au nom duquel elle juge, tandis que cette manière 
plus sournoise et comme résignée à ce qu’elle déteste, décourage de 
tout espoir du mieux, insinue que le laid l’emporte, qu’il faut le subir 
et le peindre, ou se réfugier dans l’impossible. 

Dans cette prédilection morose pour le difforme, dans ce dégoût 
de tout ce qui est sain, normal et beau, on reconnaît un principe né¬ 
gatif, une perversion esthétique. C’est le vice caché, choyé, amoureu¬ 
sement cultivé, la plaie qu’on envenime avec bonheur et dont on est 
secrètement fier comme d’un signe d’élection. Cet état d’esprit suppose 
une impuissance à réagir par l’idée, par la sympathie et l’intelligence 
totale du monde contre les sensations égoïstes et douloureuses, un ni¬ 
hilisme moral. Le principe vital de l’art ne saurait être la haine ni le 
dégoût, puisque toute grande œuvre, quelque part qu’elle fasse au laid 
ou à l’horrible, apaise les dissonances, et les soumet à une loi supé¬ 
rieure. Que l’angoisse, l’horreur, le spleen soient matières d’art, d’autres 
l’avaient prouvé avant Degas et Huysmans, mais à condition que l’hor¬ 
reur s’élève à la puissance tragique comme chez Poë et Baudelaire et 
s’embellisse de son intensité. Quand les férocités sont assumées, quand 
l’écœurement devient professionnel, quand la nausée fait tache d'huile 
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48 LE SALON DE 1890. 

Charles Morice vient à son heure annoncer la délivrance, brise le 
cercle de maléfices, oriente l’esprit vers la joie et la beauté. 

L’art qui ne voit plus dans la fleur qu’une excroissance vénéneuse 
et bossuée de maladies secrètes, dans la femme qu’une chair accroupie, 
se heurte aux vérités les plus élémentaires, à l’éternel besoin qu’ont 
les hommes d’aimer, de croire et de se couronner de roses. A moins 
de la convertir au Nirvana, il ne saurait persuader l’humanité. Une 
théorie de décadence à ce point furieuse de bizarre et de morbide 
qu’elle nie tout ce qui est grand et simple, Corot, Millet et Puvis, se 
détruit par son propre excès, et laisse son aiguillon dans la plaie. Elle 
nous ramène à la beauté large, accueillante et sereine, à l’art conso¬ 
lateur qui résout le mal en harmonie et fait de la douleur un charme 
suprême. L’esprit cherche son repos dans la contemplation des idées, 
dans une possession pure de tout désir égoïste, qui ne s’affaiblit pas 
mais s’exalte de se partager; il veut une communion à laquelle tous 
soient appelés, et pour réaliser ce haut bonheur intellectuel l’art ne 
peut s’enfermer dans la négation sarcastique, ni dans la virtuosité pure. 
Celle-ci n’arrache qu’une admiration sèche et réluctante : elle produit 
des œuvres en creux et s’interdit toute force d’expansion, toute chaleur 
communicative. Et l’esprit qui nie ne saurait prévaloir contre l’esprit 
qui affirme, tant que l’univers vivra, de ramener les contraires à l’unité. 
Lesartistes et les penseurs, Goethe et Spinoza, Beethoven et Rembrandt, 
ces intimes confidents des lois et des rythmes de la nature ont su con¬ 
cilier toutes les tristesses et toutes les cruautés du réel dans une impres¬ 
sion totale de sérénité et d'amour. Connaissant l’ensemble des choses, 
et voyant la laideur et la souffrance comme un élément nécessaire, 
mais les subordonnant à l’amour de l’ordre et de la beauté qui est la vie 
de leur pensée et de leur art, ils nous convient à partager de tragiques 
douleurs qui dépouillent leur âcreté en se revêtant de formes sublimes. 

Comme l’intelligence totale, l’art suprême s’épanouit de concilier 
l’horreur et la beauté. La mort est belle sur les traits d’une amazone 
empoignée aux cheveux par un centaure; belle la souffrance au vi¬ 
sage des Captifs, aux masques désespérés de Rodin. 














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49 


Une chose d’ailleurs m’étonne chez certains et trahit le point mor¬ 
bide d’une conception égoïste et individualiste à outrance, c’est la 
mauvaise humeur qu’ils montrent dès qu'ils sont approuvés et con¬ 
sacrés par le zèle, maladroit souvent j’en conviens, des imitateurs. 
L’idée fixe du plagiat les hante. J’avoue ne pas bien comprendre les 



BAUX ( C .)_ "Le- petit Chaperon Rouge ! 


mots célèbres : « On fouille nos poches ; on vole de nos propres ailes. » 
Certes, décalquer le style et la manière d’un homme n est qu’un mi¬ 
sérable pastiche ; mais une idée juste une fois exprimée appartient à 
tout le monde. Si Manet a retrouvé des vérités qui étaient bonnes à 
dire, si l’art japonais a renouvelé nos points de vue, permettez à 
chacun de se rafraîchir au courant où vous avez puisé. S’agit-il de 
purs recommenceurs, ils ne valent pas tant de colère: refaire Degas 
serait absurde, sa manière de voir et d’exprimer n’est qu’à lui; mais 
on profite de lui comme il a profité de Chardin, de Manet, du Japon, 
et l’on peut, sans empiéter sur son domaine, s inspirer des mêmes 










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LE SALON DE 1890. 


modèles. Tout ce qui tend à nous affranchir des petitesses du genre 
et des platitudes du trompe-l’œil, est de bonne prise et de commun 
usage. Quand on s’est enrichi en jouant sur des fonds étrangers, il ne 
faut pas en dégoûter les autres. Il y a peut-être encore de belles for¬ 
tunes à faire. Il serait en tout cas plus généreux de dire aux surve¬ 
nants : « Voilà comme on fait, » que de tirer si brusquement l’échelle. 

Chaque génération prend l’art au point où ses aînés l’ont laissé, 
se retourne contre eux et se prévaut des armes qu’ils ont forgées pour 
les mieux combattre. Flaubert contredit Chateaubriand et Zola Hugo, 
dont ils sont nourris. Aujourd'hui ceux qui auront le mieux compris 
Degas marcheront en sens contraire; et l’extrême dilettantisme de la 
sensation suscitera par réaction un art plus ému et plus humain. 

Il ne faut pas médire de l’art impressionniste qui a sauvé la peinture 
française des insignifiances académiques. Mais enfin, faute d’ouver¬ 
ture de cœur et d’idées générales, et pour avoir banni la poésie comme 
une concession faite au vulgaire, ils ont eu plus de curiosité que d’é¬ 
motion, plus d’habileté technique que de charme persuasif. Je ne pré¬ 
tends pas tailler l’art en quinconces, élaguer tout ce qui dépasse une 
ligne conventionnelle. Je vais naturellement à ceux qui me parlent 
d’amour, de tendresse et de beauté. Je ne me défends pas contre des 
sensations agréables; je pars de là et m’efforce de les classer, non pour 
assigner des rangs, ce qui est sot, mais pour apercevoir des ensembles, 
tracer des filiations, ce qui m’intéresse. Par moments l’ordre et la 
hiérarchie m’apparaissent, et la suite de l’art français me semble toute 
claire. Je dois avouer qu’en y regardant de plus près, l’écheveau s’em¬ 
brouille. Je ne désespère pas de retrouver la filière, pour ma satisfac¬ 
tion personnelle. En attendant, je bats les buissons, croyant sentir juste 
(et sans cela, écrirait-on?) mais sachant aussi qu’avec des sensations 
justes, on peut avoir l’esprit faux. Je ne puis cependant faire comme 
le Branchut d’Anatole France, ce doux philosophe attendant au Chat 
Maigre que la grande synthèse s’opérât au fond d'un bock. Pour le 
moment je vois bien dans notre art une haute lignée d’esprits fiers et 
charmants qui protestent contre les déviations et les vérités partielles, 






















































LA PEINTURE. 


51 


et persuadé qu’au-dessus des individus il y a une loi générale, je dis 
Poussin, Corot, Millet, Puvis, Carrière. Je cherche le courant qui 
porte au large et me méfie des remous qui tournent sur eux-mêmes, des 
mousses vertes et roses qui décorent les eaux stagnantes. Le canotage 
a ses plaisirs, mais la joie c’est de s’embarquer pour la haute mer. 

Ona pu constater dans l’œuvre de Degas l’influence japonaise, 
saisir le point de jonction entre deux arts qui semblent si éloignés, 
déterminer le profit qu’il en a tiré, les paradoxes aussi. Degas est, avec 
Whistler, le peintre qui a le mieux compris les conseils de ces artistes 
essentiels. 

Tous deux empruntent des points de vue, un principe ornemental 
et c’est bien par là que l’art de l’extrême Orient pouvait rajeunir le 
nôtre. Au moment où la formule du décor classique semble épuisée 
à force de redites, où le balancement symétrique des lignes fatigue de 
sa monotonie, les Japonais révèlent une architecture de formes plus 
imprévue, des cadences moins isochrones, la grâce des arabesques 
rompues par un charmant caprice. Ils nous rapprennent les négligences 
spirituelles, les sous-entendus suggestifs, le laisser-aller qui n’est 
qu’une suprême malice. L’art se dissimule sous la fantaisie de leurs 
constructions légères qui semblent improvisées par la nature. 

Ces conteurs pleins de verve bouffonne et d’ingénieuse bonhomie 
ne content jamais pour conter; les scènes les plus familières s’assujet¬ 
tissent aux lois du style. Ils rappellent que tous les spectacles de la 
vie et de la nature peuvent donner prétexte à de poétiques et char¬ 
mants décors, pourvu que l’artiste, moins préoccupé d’être exact que 
d’embellir, sache élargir son point de vue, sous-entendre et résumer. 
Petits et grands, ils sont tous formés à l’école du décor qui guide le 
choix de leurs yeux, discipline leur esprit et, ramenant l’art à ses tradi¬ 
tions d’origine, le garde de tomber dans la manie didactique, narrative 
ou documentaire. Ils sont contenus comme les Grecs par une loi de 
beauté et n’oublient jamais que l’art est d’abord et par essence la 
parure du temple des dieux ou de la maison des hommes. 

Mais, la règle acceptée, ils se meuvent librement en naturistes curieux 











LA PEINTURE. 


53 


est fixé par une ligne simple et décisive, et tout garde le mouvement 
et la fraîcheur de la vie. 

Par-dessus tout peut-être ils sont d’incomparables harmonistes. Les 
yeux affligés par la cacophonie des tons aigres ou la tristesse des tons 
sales se rafraîchissent à ces délicieux accords de nuances tendres et 



Descelles ( P.)__ La potée. 

fortes hardiment juxtaposées ou fondues. On se demande si nos organes 
visuels ne sont pas mal dégrossis, si l’éducation mieux comprise de 
l’œil et delà main, si la culture intensive des perceptions de forme et 
de couleur suffisent à expliquer la supériorité d’un goût impeccable; 
on cherche des compensations; on se persuade que toute leur âme 
d’instinctifs a passé dans l’exquis de la sensation et qu’ils réalisent dans 
l’art l’idéal du rêve voluptueux. Il faut bien convenir que, faute de tra¬ 
dition continue, ou par impuissance foncière, l’instinct est moins sûr 
chez nous et la perception moins déliée. Mais notre idéal est plus pur, 


'4 








52 


LE SALON DE 1890. 


de tous les détails caractéristiques, enivrés de la vie universelle qu’ils 
observent d’un amour aussi passionné dans les formes de la montagne 
sainte ou dans la frêle armature d’un insecte. Ils vivent par les sens, 
étonnés et ravis de la beauté des choses, dans une fièvre de jovialité, 
dans une douceur de perception, plus savants en leur instinct que les 
pontifes d’idéal. Avec une branche fleurie de pommier becquetée par 
une mésange, avec une sauterelle qui fait plier une tige d’iris, ils com¬ 
posent, sans avoir l’air d’y songer, de petits poèmes de grâce et de fraî¬ 
cheur. La faune ou la flore de leur pays se multiplie et s’éternise autour 
d’eux, sauvée par une interprétation délicate, laisse un reflet de sa vive 
énergie aux plus menus objets de journalier usage, devient le cadre 
des rêveries, le repos des yeux, l’enchantement de toutes les heures. 
L’art et la beauté non vulgarisés, mais bien commun d’une race, se 
mettent à la portée des plus humbles ; et les barbares pratiques d’Oc- 
cident, oublieux de l’art gothique, punis par la chromolithographie 
et le pensum académique, regardent avec envie ce peuple de connais¬ 
seurs. 

On a pu voir à l’Exposition de l’estampe japonaise, sur des exem¬ 
plaires choisis, par quelles conventions raisonnées ils adaptaient le 
style à l’expression de la vie courante. Et, sans doute, ils ne disent rien 
que n’aient dit les primitifs sur l’accentuation des traits expressifs et 
les résumés décoratifs. Mais ils le disent d’une façon si piquante, si 
souple et si variée; ils savent si bien, sans rien perdre de l’accent local 
d’une scène et d’un paysage, agrandir et synthétiser. Leur écriture pré¬ 
cise et large, interprétant le costume avec un goût exquis, détermine 
des chiffres gracieux et bizarres. Ils ont mille ingénieuses manières de 
comparer la femme à une grande fleur élancée et flexible, de la plier 
aux nonchalances, aux attitudes de langueur, aux gestes de maternité 
joueuse. Les nus sont prodigieux de synthèse autant que ceux des 
meilleurs vases grecs. Un trait savant résume un modelé, évoque la 
tiédeur de la chair, la pesanteur d’une gorge, la souplesse d’un ventre. 
Ce sont des essences de vérité. Une vague qui déferle, une femme qui 
s’accoude à une balustrade, l’insaisissable ondulation des choses, tout 

























54 


LE SALON DE 1890. 


plus pathétique et plus intellectuel : mais notre humanité n’est pas la 
leur et notre art s’adresse à d’autres esprits. Comme il est plus apte à 
saisir dans la nature ce qu’elle a de touffu, de mâle et de fort, il donne 
aussi dans l’ordre du sentiment une impression de plénitude et de 
sérieux, de grandeur et de noblesse où n’atteignent pas les contorsions 
terribles ou grotesques, les suavités maladives. Il satisfait une race 
réfléchie, passionnée plus que sensuelle, tendre mais rebelle aux effu¬ 
sions quiétistes, joyeuse avec mesure, toujours contenue par la raison 
jusqu’en ses élans mystiques, attentive aux maladies de l’âme et sou¬ 
cieuse d’une règle morale, parce qu’elle est dans son fond optimiste et 
active. L’art japonais subi serait déroutant, parce qu’il pose des limites; 
transposé brutalement par de stricts imitateurs il aura toujours quelque 
chose de faux, de passif et de grimaçant. Notre imagination ne peut 
se soumettre à celle de ces enfants sensuels, amusés ou trembleurs, qui 
s’épouvantent de leurs masques, passent du rire convulsif auxaffres de 
la terreur et des frissons du cauchemar à la volupté extatique. 

Mais si leur poétique d’extrême Orient s’adapte mal t notre esprit, 
il n’en est pas de même des lois générales communes à toutes les lati¬ 
tudes, longtemps observées par notre art qui fut aussi universel que le 
leur et que celui des Grecs, et qui nous reviennent aujourd’hui de fort 
loin renouvelées d’applications familières. Leur liberté à interpréter le 
réel est de bon conseil pour une école qui ne sait plus choisir et s’épuise 
à copier. Ces fervents amoureux de la nature ne lui sont nullement 
asservis. Ils lui imposent la loi de leur fantaisie, la plient à tous leurs_ 
caprices de beauté. Rien qui soit plus dégagé de la lourde matière et 
de l’absurde trompe-l’œil que ces paysages larges dans leurs partis, 
spirituels dans leurs accents, définis sans bavure par les lignes essen¬ 
tielles. Ils savent amorcer les yeux; ils ont le secret des touches légères 
que l’esprit continue, des indications nerveuses que le rêve prolonge. 
Comme le voulait Hokousaï, tous les points vivants et rien que les 
points vivants. Par des simplifications hardies, reculant ainsi le vrai 
dans un lointain d’illusion qui l’embellit et l’affine, ils évoquent de 
clairs fantômes, des formes diaphanes et légères qui se meuvent sou- 











































Giron | C. )_ Portrait de Æ elle Christine M. 










































LA PEINTURE. 


plement et sans bruit dans le pays des songes. Et c'est vraiment l’esprit 
des choses, leur sourire et leur impalpable parfum qui flotte en ces 
menus chefs-d’œuvre nuageux et précis. Comme nos petits maîtres du 
xvm* siècle ils ont la grâce enjouée, la bonne humeur du pinceau qui 
semble voltiger sur les êtres et n’en prendre que la fleur. Ils savent 
enfin que l’œuvre la plus humble n’est pas un document destiné aux 
historiens futurs, mais une chaîne de formes expressives reliés par une 
arabesque gracieuse, dans l’unité d’une harmonie. 

Pour n’avoir jamais oublié cela les Japonais ont conservé jusqu’à 
ce jour un art cohérent et harmonieux qui fait place à toutes les bonnes 
volontés, chacun produisant dans la mesure de ses forces, suivant les 
mêmes principes. Le style descend du sommet aux extrémités : il y a 
des chefs de chœur; les Korin, les Outamaro, les Hokousaï inventent 
sans briser la tradition ; mais dans cette hiérarchie bien ordonnée, 
le sens de la beauté passe des génies extraordinaires à l’humble artisan 
qui, d’après leurs modèles, décore un éventail ou un vase. 

Comme les paysages japonais, ceux de Whistler sont des décors 
de rêves, des paysages d’esprit évoqués les yeux clos, des conceptions 
dépouillées de grossière contingence, insufflées sur la toile, embellies de 
mystère. Comme les Japonais encore, mais avec des raffinements intel¬ 
lectuels que n’ont pas soupçonnés les plus grands d’entre eux, ce mer¬ 
veilleux harmoniste, ce magicien des chiffres et des valeurs, simplifie 
et spiritualise, ne gardant des formes que les abstractions suprêmes, 
des couleurs que les éléments subtils et les saveurs sublimées. On 
dirait qu’il délivre les êtres et les choses du vêtement opaque où leur 
âme est enclose, que par une intuition de génie il pénètre jusqu’aux 
essences pures, seules dignes d’être sauvées. Ainsi dans un clair- 
obscur vacillant, sur une base d’harmonie profonde et sourde, se 
détachent des notes alternées puis fondues, des voix de cristal qui se 
lèvent, retombent, s’évanouissent et donnent l’illusion de lueurs 
chuchoteuses qui traverseraient une grotte enchantée et palpitante 
d’échos. Dans le Nocturne en bleu et argent, sur la rade, sur les vais¬ 
seaux dormants, sur les collines pâles, sur l’estacade où des ombres 

















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d’une manière complète et les accidents les plus graves peu¬ 
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LE SALON DE 1890. 


s'agitent, erre une douceur d’azur glacé et comme un souffle d’au- 
delà dans le silence sonore de la nuit claire. Dans le Nocturne e n noir 
et or, c’est une splendeur sombre et transparente, poudrée d’étin¬ 
celles, habitée par un puissant déroulement de fumées tordues en 
spirale. Portraits et paysages ne sont que les deux faces d’un même 
art intuitif, aristocratique et suprasensible. C’est l’intime beauté qui par 
miracle est surprise et révélée, c’est l’idée qui vient se poser sur la 
toile si légère et d’un vol si suspendu qu’à la joie de la contempler se 
mêle comme une peur qu’elle ne rouvre les ailes. Jamais art, unissant 
le charme musical et la volupté pittoresque à cette profonde intelli¬ 
gence des âmes, n’a réalisé plus parfaite synthèse; Whistler est déci¬ 
dément le plus original poète de l’art contemporain. 

Nous trouverons au Champ-de-Mars les plus récentes formules du 
paysage. Ici je ne saurais oublier le Crépuscule de Harpignies, plein 
de vigueur noueuse, avec cette décision des silhouettes où se marque 
le caractère du maître; les crépuscules harmonieux de Pointelin, les 
fraîches et fines sensations d’Edmond Yon, l’habileté cursive et trop 
indifférente de Guillemet, la forte et grasse peinture du Hollandais 
Gabriel, les impressions justes de l’Ecossais Paterson et de l’Anglais 
Lee, les paysages de Gagliardini et de Nardi, la Venise de Saint-Ger- 
mier, les Fleurs de Quost. 

Quelques portraits éloquents : de Louis Mettling, une tête soucieuse 
et volontaire; de M'“ Amans, une femme simplement posée, regard 
droit et franc; de Guthrie, une blonde à la carnation opulente et 
rosée, d’exquises valeurs de violet et de rouge; d’Aimé Morot le por¬ 
trait de M“‘ G..., habile calligraphie; mais de l’amazone et du cheval 
le plus vivant n’est pas... 

Noté dans les salles de la gravure, le Rochefort de Rodin inter¬ 
prété par Leveillé, deux exquises eaux-fortes de Gaujean, celles de 
Focillon d’après Millet et Raffaëlli, les belles lithographies de Fantin- 
Latour. 

Ah ! bonjour l’hirondelle, c’est un simpile dessin de Willette, une 
chose de grâce et de printemps. On part là-dessus, rafraîchi par ce joli 













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LA PEINTURE. 


3 7 


sourire, on feuillette le Pierrot, on pense à ce que le charmant artiste 
a prodigué d’esprit, de grâce, d’imagination jeune et amoureuse, à ses 
tendresses, à ses pitiés, à ses bravoures d’oiseau chanteur. 

Un dessin de Willette, c est quelque chose de vif et d’imprévu, de 
léger et de frais comme une scène japonaise, l’arabesque décorative 



L ©TUS ( G . )_ « jiïvo/ic . ' » f/i'tu/nient) 


courant sous ses doigts aussi naturellement que s’enroulent ies vrilles 
du liseron : c’est le Chevalier Printemps et le Baiser de la Rose, et c’est 
aussi la Vierge de Corse et Y Ange du Poète, un décor de boudoir, un 
vitrail de Sainte-Chapelle. Puis jaillit un rire en fusée, une verve de 
fantaisie gamine qui garde la fraîcheur des crayonnages d’enfant, 
s’envole à des cocasseries stupéfiantes et rebondit jusqu’aux étoiles. 
Ce filleul de Banville est encore un primitif qui retrouverait Fiesole à 

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58 


LE SALON DE 1890. 


Montmartre et prie si dévotement pour les vierges folles qu’il faudra 
bien qu’elles soient pardonnées. 

Willette a le don exquis de voir le monde avec des yeux de 
seize ans, des yeux vierges qui ne sont point blasés de la beauté des 
choses, les yeux fous que l’on a quand paraît l’Inconnue et que les 
pressentiments oppressent le cœur d’une délicieuse angoisse. L'illu¬ 
sion que la jeunesse répand sur l’univers, la nuée lumineuse aux 
féeriques broderies qui l’enveloppe et lui transfigure les êtres, flotte 
intacte autour de l’enchanteur enchanté. Câline et menteuse, adorée, 
maudite et toujours accueillie, Madeleine laçant son corset, éternelle 
Manon aux yeux tendres et rieurs avec son vice candide et ses tra¬ 
hisons ingénues, la femme règne dans son œuvre implorée par des 
mains tremblantes de désir, et Pierrot ébloui des jeunes seins, des 
lèvres et des sourires ne se lasse pas de chanter à la lune l’Intermezzo 
railleur et plaintif où l’Amour coquette avec la Mort. Mais, sous la 
moue sensuelle effarée et malicieuse, veille la gentillesse d’âme et 
l’intransigeant idéal d’un page qui n’admet pas que les limaces osent 
baver sur les lis, d’un bon chevalier de Montmartre qui pourfend 
galamment les monstres. Il y a chez Willette un collégien échappé qui 
fait des niches au maître, il y a aussi un archange terrasseur de démons. 
Son ironie est ailée, son escrime courtoise et d’une meurtrière élé¬ 
gance; sans autre règle que son instinct de grâce, ce franc rieur se joue 
allègrement autour des laideurs, des vulgarités et des poses. 

Willette fait bonne garde au foyer et prétend bien rester Français. 
Lui qui dessina des anges pour les verrières gothiques, il combattait 
aussi avec Plélo sur les glacis de Dantzig, il était à Fontenoy, il n’est 
pas consolé de Waterloo. Willette est du parti de tous les vaincus. 
Pour délivrer la nouvelle Andromède, il aurait suivi le cheval noir; de 
ses mains nues il arrêterait les locomotives. Et cela est si pur et si 
franc, cette passion de beauté, de foi, d’élégance part d’un si joli cœur, 
que Willette chauvin, pompadour et féodal n’en est que plus et mieux 
l’adorable Willette. Doux Pierrot rêveur et futé, feu follet, verseur d’il¬ 
lusion, ame de pitié et d amour, gaieté, tendresse, douleur charmante, 










































































M UIS' KA CSY ( M . "D E )_ La Renommée 

V fraa/nen( du plafond pour le Musée de Vienne . > 


LA PEINTURE. 5 9 

toi qui ris en pleurant et pleures en riant comme le poète d’Atta-Troll, 
toi qui chantes le Dies irœ sur l’air de Girofla, et salues dans la Mort le 
plus ancien Conseil de vivre, Pierrot blanc, Pierrot noir, mystique et 
sensuel, délivre-nous des durs pédants et des mages rusés, des pisse- 
froid de Genève et des esprits à quatorze mille muscles. Car tu 
portes en toi l’âme fleurie des vins de France, l’âme douce et plaintive 
des chansons populaires. Tu es une fleur de notre sol et la voix de 














AüAN ( L. R. )—ïïrûfeuses d'herbes 

















SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS 

P our ses débuts, la Société nationale des 
beaux-arts a eu tous les succès qu’elle pou¬ 
vait souhaiter, succès de monde et succès d’ar¬ 
tistes. A côté d’une imagerie de salons, elle nous 
a montré des hommes, Puvis, Ribot, Carrière, 
Forain. Les échos de l’avenue de Villiers ont été décidément couverts 
par de hautes paroles, déconcertés par l’allegro perçant du fifre. Il faut 
pourtant rendre au boulevard ce qui est au boulevard. Il faut traverser 
la région spéciale où fleurit la distinction de M. Aublet, et la parfu¬ 
merie de M. Gervex, où de beaux messieurs et d’aimables dames 
évoluent, papotent et villégiaturent sans quitter le délicieux ton nasil¬ 
lard qui est la franc-maçonnerie des gens du monde. 

Ce pavillon central de la Mode a ses annexes : le boudoir des 


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‘r ' 4 ' ' « -* 1 *’ 

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6z SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

swells, l’art qui fait venir son linge de Londres. Ici régnent l’esthé- 
tical, le professional, le gardénia et la fleur de soleil, les sensations 
évanescentes, les sphingeries sentimentales, les pâmoisons et les mou- 
rances. On perçoit des intentions fines, des confidences arrangées, des 
influences dosées à point, un peu de zézaiement d’outre-Manche, un 
whistlérisme de petite marque. La peur de se compromettre neutra¬ 
lise le désir d’étonner. Il y a des paravents de self-ironie propices aux 
retraites. Des oseurs timides se hasardent avec un coup d’œil circu¬ 
laire : les uns se regardent peindre, les autres se savent regardés. Au 
bout de tout cela, une sensation de vide. 

La contagion partie des petits salons où des syringas sont mis en 
pénitence se propage d’ailleurs de plus en plus. Des artistes que l’on a 
connus francs du collier quittent leurs sabots et leurs bons souliers de 
marche pour trébucher sur des escarpins. De braves gens lâchent la 
blouse pour se mettre en apprentissage chez le couturier à la mode 
qui les inspire mal. Ils ont la mélancolique consolation de se répandre. 
Les sans-langue se plaignent des polyglottes qui ne daignent plus 
parler la maternelle. Ils s’affligent de ne plus comprendre et voient 
avec regret s’allonger la file des dégonflards. 

Cela fut subitement sensible aux Pastellistes, où les dessins de 
Forain fusaient au bas de l’escalier comme l’éclat de rire libérateur, 
comme l’irrésistible blague du snobisme paradant au premier étage. 
Cela ne l’est pas moins au Champ-de-Mars. On ne peut expliquer 
autrement qu’une nature franche et un peu fruste comme celle de 
Roll, qui eut le sens du populaire et de la vie des foules, se laisse duper 
au cabotinage, en vienne à tailler lourdement dans le plâtre une 
poupée sans vie, un mannequin sans expression qui n’a pas l’excuse 
de faire rire. L’étrange fantaisie pour le peintre de la Guerre , de faire 
concurrence aux élégances fardées des faux modernistes ! Il faut bien 
penser à ces pauvres souliers de Johnson, éculés et troués, au grand 
mot de Carlyle : « Dressons-nous sur notre base à tout prix! en tels 
souliers que nous pouvons nous-mêmes nous procurer. Dans la 
gelçe et dans la boue, si vous voulez, mais honnêtement dans cela ! » 

























































LA PEINTURE. 


63 


Le mensonge foisonne ici comme le vulgaire aux Cbamps-Élysées. Un 
remords vient d’avoir exprimé des réserves sur l’art de Manet et de 
Degas, ces grands sincères, quand on voit se multiplier les Fage- 
rolles, les assimilateurs sans conscience, les truquages, les petites 
adresses, tout l’impressionnisme de pacotille. On ne sait quel exemple 
choisir. La rédaction de la République française nous offre le mince 
régal d’un accord jaune et bleu que ne relève pas l’insignifiance des 
poses, le vide des expressions, pas même la présence d’un grave ora¬ 
teur transformé en Anacréon de boulevard. Après qu’un journal peu 
frivole avait prié M. Béraud de transmettre à la postérité son effigie 
collective, on ne s’étonne pas que la République ait chargé de ce soin 
M. Gervex : reste que la Galette de France s’adresse à M. Boldini. 
Eloa s’est bien éprise de Satan. Ainsi le parisianisme se glisse au cœur 
des sages, et les philosophes rectifient la coupe de leurs vestons. 

Tout cela est d’un vice adroit, mais d’une fatuité peu sûre. Res¬ 
semblances d’épidermes, pellicules sans dessous, les grimaces de la 
vie, non pas la vie. Il y a d’ailleurs des portraits qui expliquent suffi¬ 
samment cet art de vanité et d’appétits fort contingents, des jaunâtres 
faux tortueusement agressifs et qui ne sont pas sans ruse, et, sous le 
vernis de florianisme, quelque chose de louche et d’embusqué. 

L’artiste est la mesure du monde; il n’en connaît que ce qu’il est 
lui-même : il projette sur la réalité une ombre exactement à sa taille. 
S’il reste muré dans la sensualité, il ne percevra des choses que le 
menu charme sensuel. Capable d’ordonner des faits précis, de compo¬ 
ser des récits cohérents et sobres, mais non de ressusciter les épopées, 
il aura beau tailler dans le grand; alors que Géricault avec un officier 
de chasseurs chargeant évoque l’âme des Batailles, de tous ces détails 
exacts il ne fera que froids exposés et miniatures de la Grande Armée. 

Toute oeuvre qui ne comporte pas une large signification : Bon¬ 
heur, Passion, Remords, Pensée, qu’elle soit portrait ou paysage, 
scène de mœurs ou d’histoire, ne présente qu’un intérêt précaire et 
de curiosité vite lassée. Mais la philosophie discursive et le symbo¬ 
lisme prémédité, ne s’élèvent pas au-dessus de l’allégorie. Une idée 




64 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

abstraite traduite par des signes visibles n’est qu’un rébus souvent 
difficile à déchiffrer, la démarche des esprits ayant en ce cas quelque 
chose d’arbitraire. L’artiste, lui, comprend les hiéroglyphes du monde, 
et remontant la chaîne des causes, ou plutôt saisissant d’une intuition 
soudaine les rapports du moral et du physique, il ramène un fait de 
vie à quelqu’une des formes générales de la sensibilité et de l’intelli¬ 
gence. Avec des déploiements de muscles et des expressions de 
visages, des accords de tons et des modulations de lumière, il mani¬ 
feste des idées et des essences. Dans le tableau qu’il intitule : Vanité, 
le tort de M. Agache, un artiste qui sait et qui pense, est d’avoir 
procédé par combinaison mécanique, au lieu de s inspirer directe¬ 
ment du réel. Le poète lauré, soucieux et grave, la femme au sourire 
vain et puéril forment un contraste sec, explicite et obscur. 

Il m’est impossible de trouver plus qu’un intérêt de bizarrerie, 
adroitement ménagé, aux scènes africaines deM. Dinet, autre chose 
qu’un archaïsme voulu aux pastels de M. Dagnan-Bouveret, qui 
dans un petit portrait continue à couper Bastien-Lepage en quatre. 
Cette manière s’amenuise encore et se précieuse chez M. Muenier. La 
facture laineuse de M. Girardet empêtre singulièrement ses visées 
poétiques, et des têtes de martyrs flottant parmi des nénuphars font 
un piètre ragoût mystique : le faux mysticime coudoie le faux japo¬ 
nisme et le faux impressionnisme. 

Huit portraits de Carolus Duran, simples, directs, point trop piaf- 
feurs, de vérité un peu épidermique, de luxe un peu gros, délicats ce¬ 
pendant dans les gris et les roses, gracieux, affables et de belle humeur. 

Quelques peintres étrangers : Liebermann avec sa Maison de 
retraite, la vie lente et recluse des vieilles gens, une tiédeur de soleil 
sur le mur, des indications vibrantes, une mâle peinture, un art 
foncier. Uhde : l’Auberge est là, deux errants de grande route à bout 
de forces dans la boue glacée, sous la pluie qui fouette, la femme 
vacille, va tomber ; — un sentiment profond, une expression qui hésite. 

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tout l'Océan qui porte les vaisseaux anglais. 





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LA PEINTURE. 


65 


Des portraits de Sargent il vaut mieux cette fois ne rien dire. 
Quelques jolies têtes d’enfants de l’Américain Dannat, dans sa manière 
blonde, douce et fondue. 

Les Suédois deviennent trop malins. Thaulow fouette des œufs à 
la neige, Osterlind est spirituel; Zorn calligraphie. Skredsvig a tort de 
quitter sa Norvège, je ne le retrouve pas en Corse. 

Les Filles de Zandivoort, d’Israëls, n'ont pas la grandeur simple 



ALIBI.KT ( A.) — .1 l'ente ( Trèport.) 

et tranquille de ses chefs-d’œuvre. Les Stevens d'autrefois, plus sim¬ 
ples et plus vrais, n’annoncent pas ceux d'aujourd’hui. 

Prinet, hésitant dans sa Leçon de danse, est décidément personnel 
dans un pastel de danseuses; on n’oublie pas une tête de fillette, 
délicatement ambrée, et d’expression si pointue. 

Anquetin, l’original japoniste, résume en brefs linéaments une grâce 
aiguë et nerveuse de femme, baigne au flot d’une ombre claire un 
profil pensif, souriant et penché. 

Lhermitte est un homme de sens droit et qui s’exprime en con¬ 
science : s’il voit jaunâtre et vineux, et s’il rapetisse par ses insis¬ 
tances, il a le sens de la campagne et des mœurs villageoises. Vraiment 
il avait quelque chose à nous dire sur les moissonneurs de chez lui, 
et l’on souhaiterait qu’il le dise plus largement. 


>7 














66 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 


La nécessité de parler n’est point chose si commune. Bien des 
œuvres ne portent pas en elles-mêmes leur justification et leur raison 
d’être. Il semble que plus d’un exposant peigne par relations et par 
convenance, pour en être, pour marquer sa place aux dîners d’artistes. 
Ce sont des amateurs très réceptifs, très fins, très assimilateurs, qui 
atténuent, raturent, combinent en doses variées des modèles bien 
choisis. Ils comprennent, cela n’est pas douteux, ils sont des esthètes 
fort délicats; ils écrivent des notules en marge des œuvres originales, 
des commentaires sur l’art des autres. Ils créent des apparences fort 
jolies parfois, bien frêles toujours. Il y manque un noyau solide, une 
substance vitale ; l’intelligence ne produit que Yhomunculus. 

Ils gardent d’ailleurs une distinction d’indifférence mondaine : on 
sent bien qu’ils jouent sur leur superflu, qu’ils laissent tomber un louis 
en passant et que la grosse question — être ou ne pas être —■ peut 
être remise au lendemain. Ils ne mettent à la pâte que le bout de leurs 
doigts gantés. 

Vraiment on est rassuré; il n’y a là qu’une distraction de haut goût, 
un lawn-tennis pictural. Comment d’ailleurs en médire : ils approu¬ 
vent ce qu’il faut approuver, ils adhèrent, ils acquiescent. Ils sont 
amis de l’art et de la nature; ils donnent à l’un une tape sur la joue, à 
l’autre le baiser du galant au-dessus du poignet. 

L’élégant scepticisme et le sentiment du ridicule sont choses fort 
précieuses et qui gardent de bien des faux pas. Au coin de son feu, 
surveillant la ligne de ses poses, on ne risque pas de prêter à rire : mais 
dans la rue c’est autre chose. Les gens pressés, et qui décidément ont 
quelque chose à faire, marchent sur les pieds des délicats; sachant où ils 
vont, ils arrivent coûte que coûte, et le dilettantisme reste en chemin. 

Les tableaux de M. Duez se rapprochent de plus en plus de cet 
idéal en creux, atténuations de vérité, de caractère indifférent, choses 
d’agrément et de facture courante. Jeanniot, qui eut la fine sensation 
des heures trembleuses, des sourdines du crépuscule et des formes 
graciles, s’en tient à suggérer un effet qu’il ne réalise pas. 

Blanche, d'un goût fort délié, incertain, mou et brusque, avec des 











oliliq 




















































































LA PEINTURE. 


6? 


accentuations de métier qui détonnent, des cassures, des duretés 
ligneuses, indique des nuances mobiles de physionomie, une proxi¬ 
mité de sourire, montre une intelligence personnelle des habitudes 
d’expression, cela noyé sur des surfaces qu’il remplit de choses assez 
hasardeuses. 

Besnard a les beaux mérites de l’imprudence. Certes il n’est pas 
un tiède ni un esprit neutre retranché derrière l’indifférence et l’ironie. 
Il se livre, il a la foi, des visées lyriques et l’allure d’un oseur; mais il 
ose avec trouble, et s’il n’est pas retenu par des scrupules d’école, on 
surprend pourtant une discordance secrète, un flottement de volonté. 
Il avance et recule, sans règle intérieure bien fixe, ne voyant pas clair 
en lui-même, mal assuré dans ses audaces. C’est un enthousiaste qui 
jette un éclat de voix dans les mi-voix d’une réunion select, rougit, 
et se met hors de ton. Son lyrisme n’est ni impérieux, ni tranquille, 
en deçà, au delà, excessif, puis timide, ballotté du simple et du cor¬ 
dial à l’excentrique. 

De jolis points de départ toujours, de vraies idées de peintre, la 
sensation des heures féeriques et des lumières d apothéose, 1 intuition 
de la grâce féminine ample et mouvante et des beaux sourires, une 
émotion sincère; et puis du boursouflé, de 1 invrai, un essor qui 
biaise, une vision qui s’évapore, rarement un accord plein et franc. 
Dit-il plus ou moins qu’il ne sent? il dépare une sensation juste 
d’une emphase candide. On dirait qu’il veut être autre, non pas tel ou 
tel, mais l’être chimérique qui passe par moments devant nos yeux 
comme une ironie de ce que nous sommes; le vrai tentateur qui 
voudrait nous détourner de nous-mêmes, et, sous la fausse humilité 
de nous connaître imparfaits, cache un inquiet orgueil. Besnard annexe 
trop de choses à son instinct qui était droit et beau. Il panache sa 
peinture d’intensités et de rutilances, il l’acidule d’aigreurs britan¬ 
niques; il la citronise. Ainsi, dans ce plafond astronomique flambent 
des rutilances et des polychromies; une excessive dépense d’ors, de 
verts et de bleus minéraux se résout en éclat bref et sans rayonne¬ 
ment. Mais aussi des formes féminines gracieuses, imprévues, jaillis- 







68 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

sent, ondulent souplement, montent d’un grand vol, nuées légères, 
fleurs abritées de palmes. 

Ainsi encore une femme rêvée comme une Assomption vespérale 
au-dessus des touffes violettes des rhododendrons, et d’un si char¬ 
mant sourire, se zèbre de reflets importuns, se patine comme un 
bronze, reste suspendue entre l’idéal et le réel. L’artiste laisse l’idée 
d’un beau rêve qu’il n’a réalisé qu’à demi. L’Insomnie convaincrait 
décidément si, dans le geste gauche et dans l’atmosphère bleuissante, 
un scrupule, un rien n’offusquait le regard. Dans ses portraits d’en¬ 
fants, la mine d’un petit blond si naïvement futée souligne la naïveté 
plus apprêtée des autres. En ces à-peu-près de réussite, Besnard frôle 
sans cesse une vérité qu’il pressent, puis la dépasse, amorce la rêverie 
et la déconcerte. On est gêné comme à voir un tour de haute voltige 
manqué de quelques millimètres. 

Besnard s’exprime tel qu’il voudrait être. Cazin, qui se possède 
(on serait tenté de dire qu’il se sait trop), nous attend au tournant du 
soir, et nous insinue une émotion qui serre doucement la gorge. Il 
a son heure, son monde, les personnages de son drame intérieur. 
L’heure est ambiguë, entre chien et loup, quand les apparences se fon¬ 
dent et s’empoussièrent d’oubli, heure gris ardoise, lente et inquiétante 
approche d’ombre. Et c’est un pays mol, spongieux, de dunes, de végé¬ 
tations pâles, de pierrailles bleutées, de grisailles, sous des ciels lourds, 
rarement attendris d’un espoir de bleu ; une région de Léthé faite pour 
les abandons, les remords, les tristes départs, les infinies lassitudes. 
Une mal’aria du Nord y règne, une plainte en mineur s’y traîne avec 
le cri des oiseaux de marais. Vraiment il s’y passe des choses tristes 
et douces. Des maisons isolées sont d’un gris insidieux, une passive 
mélancolie nous guette; on ne voudrait pas s’asseoir au bord de ces 
routes. L’accent est populaire, la mélopée simple et pourtant remuée 
de malice. La poésie de Cazin, avec ses suavités blondes et son charme 
captieux se trouble d’une lie amère et laisse aux lèvres un ai rière-goût 
de navrement. 

On sait qu’avec l’école du plein air le paysage a tout envahi, 






































LA PEINTURE. 


6g 


encadrant tous les spectacles de la vie. Restent quelques paysagistes 
purs : Damoye, un vrai amoureux de nature, glane, après les anciens 
dont il respecte les formules, des sensations simples, fines et fleuries, 
et disperse sa délicatesse sur de grands espaces. 

Emile Barau : des gris bleus d’acier, une légèreté de lumière en 



StïVESS (A.) - lu uàvre . 


ses petites toiles; une dessiccation peu rassurante dans les grandes. 

Victor Binet : Un Jardinet à Montrouge, d’une vérité si particulière, 
d’une limpidité charmante. Dans les Carrières, un effet conduit jusqu’au 
bout avec amour depuis les striures du sol à vif jusqu’à l’horizon. 

Dans le Soir une atmosphère de pervenche qui rosit dans l’or, la 
fleur d’un reflet dans la rivière, le silence frais du jour finissant : un 
charme discret, attentif et susurré. 

18 




















70 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

Six toiles de Sisley : des printemps lumineux et tendres, des matins 
triomphants et duvetés de rosée comme la Berge; des soirs attiédis de 
violets et de bruns sourds comme le Pont de Moret; des heures, des 
saisons, l’apaisement du soleil sur les vieux murs, la renaissance de la 
lumière sur les verdures neuves. 

On note les ciels embrumés et mouvants de Boudin et ses gris froids 
du Nord; les vapeurs légères de Billotfe; les vigoureuses indications 
de Lebourg. 

Le paysage, installé en France par l’école de i83o, rajeuni par 
l’école du plein air, subsiste donc sous cette forme spéciale que la Hol¬ 
lande formula et qui suppose un tête-à-tête silencieux et ravi de l’homme 
avec la nature. Ici encore c’est bien l’homme que nous voulons re¬ 
trouver, et dans cette image d’impassibles choses, qu’il nous transmet, 
nous cherchons d’abord la sincérité de son amour et la qualité de son 
émotion. Le paysagiste fait en fin de compte, avec des modes lumineux 
et des structures de terrains, ce que d’autres font, d’une manière plus 
explicite, avec les formes humaines. Il se soumet au modèle aimé, 
mais pour d’autant mieux incarner en lui son amour, et reconnaissant 
dans la nature des concordances avec lui-même, il interprète et 
traduit les légendes de l’univers. Millet, esprit de force et de fécon¬ 
dité, connaît la nature saine, féconde et nourricière; Corot, âme 
d’amour, connaît la nature amoureuse. 

La sensibilité moderne a multiplié ses points de contact avec le 
monde extérieur, comme si la vie intérieure moins dense et moins iso¬ 
lée en elle-même laissait l’homme en proie à toutes les sensations du 
dehors. A mesure que les écrivains notaient d’une analyse plus subtile 
l’action des ambiances physiques, ce qui frappait en bloc et d’un large 
retentissement se décomposait en multiples impressions. Depuis Rous¬ 
seau, tout personnage de roman, conscient ou inconscient, rêveur soli¬ 
taire comme Dominique analysant ses rapports avec le monde, ou bien 
épave ballottée et incapable de réaction comme les Désirée et les 
Albine de Zola, s’est vu immergé dans un océan de sensations douces, 
violentes ou âcres, modeleuses de son être. On sait comment Flaubert, 

































































LA PEINTURE. 


tissant d’un art définitif tous les fils qui relient l’être vivant aux phé¬ 
nomènes, emprisonna ses Gullivers d’un imbrisable et souple réseau. 
L'art a suivi l’impulsion, plus largement ému avec les romantiques, 
plus curieux de sensations précises avec les impressionnistes : les uns 
exprimant directement leurs joies, leurs combats, leurs douleurs pro¬ 
jetées sur le monde, et ne donnant à ces décors de leurs sentiments 
d’autre habitant que leur âme; les autres plus volontiers montrant 
l’humanité en accord avec ses entours physiques. Il y a des paysa¬ 
gistes lyriques comme Corot, des paysagistes de mœurs comme Millet, 
sans que l’on puisse marquer de frontières précises. 

Pour ceux qui se contentent d’illustrer la géographie, ils sont vrai¬ 
ment trop modestes s’ils s’imaginent que des rochers, des montagnes 
et des plaines nous intéressent plus qu’eux-mêmes, et que des notes 
de voyage, rédigées à la hâte et sans interprétation, puissent tenir lieu 
d’œuvres d’art. 

Certes il s’est trouvé des hommes prédestinés à comprendre le 
sens et la beauté des architectures terrestres, la menace ou la douceur 
d’un ciel, le charme joyeux ou souffrant des lumières. Ruysdaël s’est 
clairement exprimé avec des chemins tournants et de sombres mers 
du Nord, comme chez nous Dupré avec des lisières de bois et des 
pâturages. Pourtant les suprêmes paysagistes, Rembrandt ou Dela¬ 
croix, Millet, Poussin ou Puvis ne sont pas les hommes d’une spécia¬ 
lité. Corot ne l’était pas, lui non plus, Corot le plus essentiel poète de 
l’art français en ce siècle, le plus naïvement lyrique et le plus pure¬ 
ment naturel. 

Je ne sais si le Bonhomme avait comme l’autre une conscience 
claire et raisonnée de son art, ou si l’instinct et l’amour furent ses seuls 
guides. A coup sûr, s’il savait tout, il le savait de naissance. Il écou¬ 
tait chanter en lui une musique merveilleuse, intarissable et qui s’épan¬ 
chait comme une grâce. Il aimait comme les autres respirent. Aussi 
tout le féminin et le tendre de la nature, chevelures dénouées des bou¬ 
leaux, ondulation des saules, virginité des matins, ardeur alanguie 
du soir, se mirent dans son œuvre en reflets immatériels et vrais. 









7 2 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

Il crée des mythes aussi naïvement que les Grecs, et suivant les 
suggestions des choses, il achève et précise en formes divines, en nym¬ 
phes, en dryades, ces désirs de beauté épars et balbutiants dans la grâce 
des eaux, des nuées et des feuillages. Quelques-unes de ces figures, une 
femme qui se coiffe, une baigneuse, sont les plus pures créations de 
l’art français. Il n’est pas le passionné douloureux et pathétique, il est 
l’amant. Il erre dans une nature enchantée, innocemment païen, sans 
remords, sensuel avec délices et n’ayant d’autre fonction que de 
chanter son ivresse. Tout est caresse, abandon, souffle léger, sourire, 
adolescence des choses, amoureux frôlement, enlacements délicats,des 
nuées aux roseaux, des graminées qui se penchent aux feuillages qui 
bruissent, frissons de désirs, souvenir ou espoir de vœux comblés. Une 
Eve charmante est là, ou du moins pressentie, désirée, appelée, on 
entrevoit son sourire. En infinies modulations de lumière, en couplets 
aussi variés que la couleur du temps, il célèbre, sans nous lasser un 
même âge, l’âge d’or du monde et l’immortelle jeunesse de la Vénusté. 

Une pareille et si douce et si pleine expression de la volupté ten¬ 
dre et de l’amour naissant, je ne la retrouve que chez Mozart. Il suffi¬ 
rait qu’un tableau deCorot fût sauvé pour que refleurît à jamais au cœur 
des hommes ce primitif amour, source profonde d’instinct, sans yeux, 
ignorant, inviolé, ravi, divin d’inconscience, si purement sensuel qu’il 
fait de la volupté une pudeur, cet amour vivant comme une irréductible 
force de nature au cœur d’un La Fontaine et de tel vieux pécheur, et 
qui bien réellement sauve tout et confond toutes les morales étroites, 
mais non celle de l’Evangile. La femme est créée par l’amour ; ses vrais 
amoureux Poussin, Prud’hon, Corot, Fragonard, ont fait la grâce fran¬ 
çaise aussi unique, aussi souveraine que la beauté grecque. 

On conçoit que le décor était le mouvement même de cet esprit har¬ 
monieux entre tous, les formes et les valeurs s’ordonnant en rythmes 
spontanés comme, dans l’imagination du musicien, les notes s’appellent 
et se font écho. Le décor est le chant des arts plastiques ; il ne s’enseigne 
pas par poids et mesures, par recettes et formules; il s’exhale naturel¬ 
lement d’une âme émue. On peut bien régler sa voix si on l’a juste, 








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LA PEINTURE. 


73 



Courtois ( G. ) _ Lijette. 


mais tous les préceptes du 
monde ne guérissent pas 
d’avoir l’oreille fausse. Il 
s’agit bien de compulser 
tous les styles et de rno- 
saïquer des fragments. La 
synthèse décorative s’o¬ 
père dans l’esprit de l’ar¬ 
tiste qui voit par masses, 
résume et embellit par 
cela même qu'il est sensi¬ 
ble à l’harmonie totale. 

Elle tend à se relier 
comme une strophe au 
chant plus large de l'ar¬ 
chitecture , et bien que 
celle-ci dénuée d’un style 
propre ait médiocrement 
encouragé cette tendance, 
nous avons vu que les 
meilleurs d’aujourd’hui 
aboutissaient au décor. 

Là plus qu’ailleurs, il 
convient de se méfier des 
spécialistes et de dire avec 
Willette : « A bas les mo¬ 
nopoles ! » La prose dis¬ 
cursive et analytique n’a 
rien à voir sur les murailles 
d'un monument, à moins 
qu’on n’en veuille faire 
une succursale des cours 
d’histoire et des leçons de 


9 

















































74 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

choses. La docte Allemagne a inventé les tableaux synoptiques et 
la mythologie murale; nous pouvons sans regret lui laisser cet art 
didactique. 

Au lieu de fabriquer des décorateurs sur commande, il serait pour¬ 
tant bien simple d’utiliser ceux que nous avons. Des choses vues peti¬ 
tement, agrandies au centuple, ne décoreront jamais. Mais celui qui 
comprend comme Carrière l’onduleuse harmonie des formes et des 
valeurs; qui perçoit, comme Pissaro, Degas ou Gauguin, dans la na¬ 
ture et la figure humaine le chiffre d’une arabesque et résume le mo¬ 
delé en une ligne de grâce, ceux-là sont des décorateurs nés. 

Par eux s’élabore le style d’une époque. Que faire si les arts mi¬ 
neurs ne savent pas s’en inspirer? S’il se passe pour la plupart de ces 
vrais artistes ce qui s’est passé pour Millet et Corot. Peut-on voir ce¬ 
pendant une faneuse de Pissaro, une bretonne de Gauguin, un dessin 
de Willette sans penser aux belles verrières, aux décorations neuves 
et originales que donneraient ces peintres réduits au tableau de chevalet, 
à la feuille volante? 

Il est vrai qu’on nous offre en guise de compensation les esquisses 
de M. Galland. Mais dans ces compilations, je cherche vainement un 
élément de nouveauté; je vois un adroit remplissage de surfaces, des 
souvenirs d’Italie et l’art d’accommoder les restes. Il suffit d’exami¬ 
ner un portrait de ce peintre, sa manière menue sèche et non synthé¬ 
tisée pour comprendre que, s’il élimine, il ne condense pas et qu’il ne 
décore pas nécessairement. 

Après Corot et Millet le paysage s’est extériorisé, le point de vue 
s’est rétréci. A la suite des maîtres romantiques, une armée silencieuse 
s’est mise en marche vers tous les sites recommandés aux touristes, 
une armée de gagne-petit, guêtrés et sac au dos, emportant dans leurs 
tubes tous les verts des feuillages, tous les carmins des soleils cou¬ 
chants; une invasion de rats, rats de village et rats des champs, rats de 
rivière et rats de grève, grignotant des bribes de nature. Des chevalets 
furent piqués sur toutes les collines, sur toutes les plages, à la pointe 
des caps, au tournant des fleuves. La province fut débitée en parcelles, 



















la "Hèpub ht 









































et, comme le remarquait Geffroy, presque toujours par des passants 
qui ne voyaient que l’écorce des choses. 

L’impressionnisme fut sauveur en ramenant à l’unité cet art qui se 
morcelait en notations fragmentaires. Plus de vérités, et une vérité plus 
générale, le nuancement infini des choses par l’agent subtil qui déter¬ 
mine à la fois le caractère des formes et le sens émotif d’un spectacle, 
ils réalisèrent cela, revenant par l’analyse à la synthèse. Ils voulurent 
communiquer telles quelles et sans combinaisons d’ateliers des impres¬ 
sions, avec leur acuité particulière et leur franchise soudaine, sauver le 
vif de la première vue qui est comme la révélation d’un aspect de na¬ 
ture, dire comment il s’imprime aux yeux d’abord en ses traits saillants 
et dans son caractère total : ce fut un bel effort de sincérité qui n’alla 
pas sans quelques paradoxes. Avec des nerfs délicatisés ils perçurent 
dans les symphonies de l’heure des ténuités inentendues, des suavités 
d’ombres transparentes, la vibration des atomes lumineux qui vapori¬ 
sent les contours, et cette palpitation d’atmosphère dont tressaillent 
les paysages. Les recherches techniques furent infinies dans ce sens. Le 
monde, vieilli et encrassé par des reproductions routinières, fut réveillé 
de fraîcheur, rajeuni d’éclat. Des touches dispersées, décomposant la 
lumière en ses éléments, parfois même en pigments isolés, serrant 
de près la substance des objets, le sens des mouvements, et jetées 
dans leur rapport avec le tout, se rassemblèrent en harmonieuses 
impressions d’ensemble. 

Avec toutes les différences que comportent ces visées nouvelles, 
Pissaro est un légitime descendant de Millet. Nul artiste ne s’est mis 
en communion plus étroite avec la vie de la terre et la nature cultivée. 
Il n’a pas le verbe épique, ni le religieux mystère, ce délicat analyste, 
mais il est rustique dans l’âme,Normand du Vexin, du pays des vergers, 
des grands fermages, des peupliers fins le long des prairies, des hori¬ 
zons poudroyants de soleil et pommelés de verdures. Il est familier, 
intime et tendre, donne pleine impression d’une contrée, de son allure 
générale et de son train journalier. Il caractérise la saison, l’heure, le 
moment en campagnard attentif aux sautes de vent, humeur de soleil, 














7 ô SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

réjoui des tiédeurs, des germinations lentes, du foisonnement des her¬ 
bages. C’est le mucre et le rêche d’une après-midi d’automne, le clair 
vif d’un ciel d’hiver, le blond fleuri d’un matin de printemps, la lourde 
flambée des étés; et c’est le gras ou le friable d’un sol, la santé jeune 
des feuillages ou leur dépérissement, le cru des natures dépouillées. 

Chaque paysage a son goût et son odeur de fruit, est velouté ou 
rugueux au toucher. 

Pissaro a flâné le long des berges, entendu la repartie des laveuses 
au vieux berger malin, suivi de l’œil le retour cahotant de la carriole 
par les routes détrempées, le geste succinct et cadencé des faneuses, 
la démarche carrée de la paysanne au marché. Il s’est identifié avec 
ses personnages, il a senti le charme doux et lent des fonctions rus¬ 
tiques, et rénové de bonhomie et de vérité plus approchée ce que 
Millet avait dit en larges traits synthétiques. C’est ainsi qu’en l’unifor¬ 
mité terreuse de la vie paysanne, il découvre des tons simples et lavés, 
blancs purs des fanchons, roses pâlis, bleus passés des corsages et des 
jupes flottantes, une délicatesse de coloris qui donne à ses travailleuses 
des champs la fraîcheur des campanules et des jacinthes piquées en 
juin dans la chevelure des prairies. Il assouplit, il nuance, et de cette 
vérité tendrement saisie, de ce style dense qui rythme les poses, une 
beauté se dégage robuste et fine, une bonne et vraie chanson de rural 
qui nous console des romances. Qui donc raconterait comme Pissaro 
les travaux rustiques aux vitraux d’une église normande? 

Il est ainsi des sédentaires qui pénètrent l’habitude d’un pays, ses 
mœurs et son accent, vraiment mêlés à la terre et recueillis tout près 
d’elle. Claude Monet, lui, voit les figures du globe, mouvements de 
terrains, molles étendues de plaines, saillies brusques des rocs, la 
charpente et l’ossature telles que les modèlent d’impalpables am¬ 
biances. 

Son œuvre marque de plus en plus l’intense désir de fixer ce qui 
demeure avec ce qui fuit, d’étreindre le permanent et de sauver la 
fleur emportée au fil de l’eau : œuvre de volonté puissante, inquiète 
pourtant comme d’un homme en lutte avec un torrent de sensations 



LA PEINTURE. 


77 


qui passent et se chevauchent. Il s’exalte en cet effort de recréer la 
nature, non plus belle mais plus une et plus ramassée, dans un mo¬ 
ment synthétique de son caractère et de sa beauté j de la faire surgir là, 
par une facture fougueuse, hâtive et sûre, qui court à l'unisson et 
frappe les grands accords. L’angoisse s’exprime, un fond inapaisé 
dans les rochers menaçants de Belle-Isle, dans les bousouleuses dé¬ 
bâcles, dans les gorges de la Creuse où la plainte de Rollinat erre sur les 



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fougères. Le monde apparaît inhospitalier, avec une tragique face de 
pierre, une splendeur fermée, conquis par un nomade qui veut avoir 
vaincu, se détourne à d’autres prises et passe dans une musique de 
cuivres, emportant comme des trophées ces robes merveilleuses, cou¬ 
leur de soleil, où restent moulées les formes des choses. Dans son vol 
direct et tendu, et qui ne plane qu’un instant, avec ses yeux perçants, 
rapprochés et scrutateurs, on dirait un de ces oiseaux de haute mer 
rarement posés et qui mangent le vent. Une insécurité nous prend 
devant cette nature impénétrable à nos désirs et à nos rêves, sans 
commune mesure avec nous, tout près et tout loin, reculée et surplom- 


20 
















78 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 


bante, et telle qu’une géante rêvant ailleurs. On espère une confidence 
plus intime, une douceur d’accueil, un mot que la nature ne sait pas, 
et que le grand peintre lui apprendra. La beauté d’un paysage, c’est 
encore une beauté humaine. 

Les dessins de Forain nous ramènent au Champ-de-Mars, et dans 
la plus vraie modernité. En ces pages cursives et de très légitime 
dédain le fifre sonne une marche funèbre et triomphalement comique. 
C’est la mise à nu des luxures vieilles, des vices repus, des difformités 
de la haute vie, des hideurs de la basse fête. L’exécution est détachée, 
expéditive et sans appel, faite avec le tour de main d’un praticien sûr 
de son élégance. Chaque mot porte coup, chaque ligne s’inscrit en 
tranchante énergie, en grâce définitive. Petites et grandes lâchetés du 
monde et du grand monde, sottises béates, paillardises vannées, imper¬ 
turbable ampleur des matrones, épeurements de l’adultère, le ruffia- 
nisme d’en haut, la revanche d’en bas, l’encanaillement et la décom¬ 
position de la haute, par le vice, par le jeu, par le ventre ; des mots de 
filles, acides, rageurs et têtus qui se plantent au creux des estomacs, 
une nausée qui écaille le vernis d’élégance, la poussée des bas instincts 
crevant les vieux honneurs, effiloquant les tenues, la bête qui se 
dresse, le krach soudain des respectabilitys qui s’affalent, des situa¬ 
tions qui s’effondrent; une perspective noire ouverte sur les arrière- 
fonds, sur les glissades possibles, sur le suicide et sur l’échafaud; 
les dessous tragiques des faits divers surgissant en faces bestiales, en 
mâchoires de carnassiers ; et, sur tout cela, une grâce, la Parisienne 
et la danseuse, un charme fait de rien, un souffle de beauté. 

La blague de Forain, née des Goncourt et de Gavarni, mais 
de frappe neuve, recuite d’humour féroce, cynique et faunesque, a 
l’agilité redoutable d’un virtuose de la savate. On a la sensation de 
la botte imparable qui dégomme le plastron du snobisme et du geste 
gavroche qui le gouaille. Satyre et Pierrot, Willette et Forain, des 
frères d’armes, des syndics de la même faillite. 

Dix toiles de Ribot au Salon du Champ-de-Mars; en même temps 
reparaissait chez Bernheim un choix des plus belles œuvres du maître. 














































































LA PEINTURE. 


79 


Nous avons parcouru le royaume des claires ténèbres, où rayon¬ 
nent des trésors vibrants de l’ombre qui les environne. L’œuvre est 
de celles qui grandissent à chaque fois qu'on les envisage, toute de 
profondeur, d’opulence amassée goutte à goutte et d’amour patiem¬ 
ment stillé. On y pénètre avec un peu d’angoisse ravie, comme en ces 
cavernes où, loin du jour, en des pénombres fraîches, s’étoilent des 
flores minérales, passent des souffles glacés et purs, chante l’égoutte¬ 
ment des sources et le ruissellement des torrents. 

Aux parois, les torches font surgir des profils inquiétants, sévères 
et moussus, d’immémoriales figures de granit et d’ombre; les pentes 
glissent aux abîmes, aux entrailles du monde; on écoute l’émanation 
des sèves intimes et des immortelles fraîcheurs. Ainsi, par delà les 
réalités précisées dans la fluide ambiance, Ribot nous emporte à d’é¬ 
tranges et lointaines pensées. Ses harmonies réveillent des voluptés 
inconnues et des bonheurs d’âme. Il est le plongeur en eaux pro¬ 
fondes, le pêcheur de perles, descendu aux sources de l’instinct. Il 
sait comment se forment les merveilleux cristaux, larmes de lumière, 
essences des rayons primitifs. Il y a de la sorcellerie dans son art et 
des beautés de sabbat; mais on est vite rassuré; s’il a pénétré aux 
palais d’en bas où dort la chaleur obscure, le souvenir accumulé 
des flammes mortes, où s’élabore en décompositions séculaires l’es- 
carboucle et le diamant, ce monde pourtant n’est pas un enfer : une 
haute et virile joie habite le Paradis des âmes fraîches et franches, 
des yeux limpides. Ribot par d’autres voies va aussi loin que Mil¬ 
let. Où celui-ci généralise, il pénètre; de ses yeux obstinés et vril- 
leurs,il saisit le caractère individuel et la physionomie intime; il fait 
la synthèse d’un être et d’une vie. C’est ainsi qu’atteignant aux couches 
ultimes où veille l’énergie des races, l’âme populaire, droite, énergique 
et bonne, des numbles vies souterraines, silencieuses, closes et comme 
perdues là dans un noir d’oubli, il fait jaillir ces vertus, ces étince¬ 
lants joyaux, des regards de saphir et de diamant noir, des yeux 
d’autorité, de droiture et de douceur. Une beauté morale demeure 
aux bouches qui se fanent et se gercent comme des fleurs passées ; une 












8o 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 


réserve de vie gonfle les jeunes lèvres. De fières et douloureuses 
vieilles, en des calculs sans fin, en des lectures, en de ruminantes 
méditations du passé, tombées au fond d’elles-mêmes et les yeux 
au dedans, rêvent; d’angéliques visages appellent le bonheur, des con¬ 
fidences se font à voix basse : au bord du chemin, la désolation 
ouvre ses yeux vides. La vie apparaît sérieuse, couvée de chaleur 
douce, enclose de tendresse. Il y a des moments tragiques, de muettes 
douleurs, des sanglots, des détresses, tous les sillons de la vie sur 
des chairs de ruine, le cri de la souffrance physique, la menace des 
instincts farouches, des misères sans nom, consolées pourtant de 
sympathie, l’horreur des Passions adoucie par les mains des femmes 
et des mères. 

Ainsi, parti de Chardin et de sa bonhomie charmante, Ribot passe 
bien au delà : il évoque dans un miroir magique les fantômes des 
jours passés répercutés à l’infini, fondus en une image dernière, en 
un raccourci d’existence. Et si l’on cherche un équivalent à ses ex¬ 
pressions d’ardeur intense et de surnaturelle tendresse, on pense à 
la Marie l’Egyptienne du musée de Dresde, vêtue de ses cheveux, les 
yeux au ciel, maigre et dévorée d’amour, à cette divine figure où 
Ribeira a résumé la mystique Espagne. 

Ce que cherche Eugène Carrière, ce n’est pas tant cet abrégé du 
passé, fixé dans un éclat presque métallique, mais plutôt la conti¬ 
nuité de la vie, les pressentiments, la projection d’aujourd’hui sur 
demain. Le flux des impressions, le décours des sentiments et de la 
pensée passent en des images qui semblent garder, dans le modelé de 
l'heure, avec les coups de pouce du passé qui les ont faites telles et 
uniques, une aspiration au devenir, une faculté de se modifier, l’étin¬ 
celle de désir et d’amour qui informe les organismes suivant un moule 
intérieur. Ses portraits révèlent des êtres aux autres, à eux-mêmes. 
Comme un médecin aux attouchements délicats, aux lentes pressions 
tâtonnantes, ranimerait l’activité dans un corps alangui, découvrirait 
sous la souffrance diffuse le point douloureux où couve le mal, il sus¬ 
cite l’essence cachée et l’amène au jour, rassurée de se connaître vivre, 






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LA PEINTURE. 


Si 



affinée d interprétation et réconfortée de sympathie. Il est ausculteur 
et capteur d’âmes, esprit de conquête, attentif aux ferments obs¬ 
curs, aux mystérieux germes d’amour et de pensée, aux éclosions, 
aux métamorphoses. 

Mais aussi penché sur l'écoulement des choses, tout à ce qu’il 

aime et voulant sauver 
ce qui ne meurt pas, il 
arrête au passage le mo¬ 
ment unique, émouvant 
d’inconscience, triste d’ê¬ 
tre fugitif, et, toujours 
vibrantau charme incon¬ 
cevable du fini, il dit à la 
minute : Demeure, tu es 
si belle, si belle, et pour¬ 
tant emportée dans l’o¬ 
rage des heures qui ne 
reviendront pas. Qu’un 
homme en épuise du 
moins toute la douceur 
et toute l’amertume, et 
qu’il laisse une image de 
ce qui fut sa vie. Ainsi, 
étreignant avec angoisse 

DriU’I-'K ( C». ) _ ,t Anarupri. / Kluite.) 

la beauté des formes 
éphémères, il en fait un 

chant d’amour douloureux, pathétique et tendre. 

Comme Ribot, Carrière pénètre au cœur de l’instinct, aux forces 
élémentaires. Dans ces minutes si pleines d’être et si prégnantes, il 
montre la vie affleurer liquide encore aux yeux des nouveau-nés, ces 
yeux de source vierge et d'azur nageant; la frêle vie de l’enfance ter¬ 
nie d’un souffle, agitée d’expansions soudaines, bondissante d’éner¬ 
gies sauvages, puis recluse en des puits de silence; si malléable et si 

21 























82 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 

tendre aux choses qu’un rien la froisse et la ploie, si riche d’instinct 
vital que la flamme, un instant vacillante, étincelle et rit en merveilleux 
éclats. 

Comme des gonflements et des retombées de vagues, des jaillisse¬ 
ments d’écumes et des glissements d’huile, la courbe vitale monte et 
s'abaisse; telles que des houles sans date et précises, venues de quels 
lointains, fortes de l’énorme pression de la mer, grosses d’avenir, sur¬ 
gissent et se prolongent hâtives vers des buts ignorés, ainsi mêlées à de 
l’infini, soutenues de tout le passé, des marées d’instincts et de senti¬ 
ments arrivent s’ourlent et déferlent sur une grève sans nom, aux con¬ 
fins du monde, en des crépuscules irisés et charmeurs. Il y a des temps 
d’arrêt au creux des lames et sur leur crête, des suspens de la vie. On 
entend les respirations profondes, les gémissements sourds, les reprises 
d’haleine : dans les repos et les détentes, les corps fléchissent, les 
membres s’étirent, tombent aux lourds sommeils où l’inquiétude veille 
encore. Une plainte meurt sur les lèvres en résignation d’amour, une 
caresse s’achève en sanglot, la paume presse la joue, la tête vient s’appe¬ 
santir au dos de la main; la rêverie s’accoude, écoutant le chant pro¬ 
fond du passé, la tendresse étreint douloureusement l’avenir : des yeux 
s’ouvrent tout grands, hallucinés de vision intérieure. De la mère à 
l’enfant, la vie coule en lait de douceur et de pitié, et par les gestes 
enveloppants et possesseurs, souples et forts comme les liens de la 
chair, se transmet une âme de bonté. Ainsi, du plus intime de l’huma¬ 
nité une source s’épanche dans un recueillement mystique; isolée des 
gros bruits et des apparences vaines, l’œuvre de foi profonde s’accom¬ 
plit. Le silence s’amasse autour du rêve en molles et fluides ténèbres : 
le chercheur de trésors remonte, lèvres serrées, le fardeau qu’un mot 
profane ferait retomber. 

Cela est sérieux vraiment, car il s’agit de la vie et du bonheur. Cela 
est simple et grand, car ce sont des vérités de toujours qui s’incarnent 
en ces figures d’une heure, antiques et jeunes comme la destinée. On 
pense à la mystérieuse nappe que l’aventurier de Poë vit ruisseler d’un 
muet glissement continu, à ce voile palpitant et orageux, suspendu 













































































Man 










LA PEINTURE. 


83 


entre ciel et mer, sur la limite du réel. Mais ici ne règne pas l’angoisse. 
Dans ces transparences légères passent des oiseaux chanteurs, des bat¬ 
tements d’ailes, des vols ouatés et frôlants; on entend les petites voix 
douces de l’ombre, des notes flûtées sonorisées par les brumes, des 
appels de sirènes au ras des flots. De ces jours de souffrance, en ces 
abris de passage, point un espoir inquiet d’aurore : un souffle agite les 
mousselines légères, les tremblants linceuls tendus sur l’au-delà. La 
perspective par moments s’élargit, et l’intérieur parisien s’ouvre sur 
des paysages de cristal et de rêve. 

Comme personne avant lui ne l’avait fait, Carrière dévoile la vie 
intérieure de l’enfance. Seul Tolstoï pénétra d’une aussi sûre intuition 
dans ces limbes où vagit l’inconscience, où la vie s’ignore, rêve et 
balbutie. Il déroule en leur devenir des nuances d’âmes aussi ténues 
que les mille modulations de la lumière; la grâce de la femme naissant 
dans le geste de la fillette à sa coiffure, l’instinct maternel qui 
s’esquisse en gestes berceurs, le désir de beauté et d’harmonie qui 
s’exprime en vagues mélopées. Il dit, en des groupes de sainteté, les 
petites mains preneuses, les élans d’affectuosité, le besoin de se blottir, 
les lèvres qui s’essayent au baiser. Puis, dans ses flux et ses reflux, la 
vie s’isole se ramasse et s’écoute, touche le fond de son océan : dans 
un rêve éveillé, un tressaillement de futur, un frisson des possibles la 
retient éperdue, absorbée par une révélation où elle prend conscience 
d’elle-même. Le geste de la fillette au verre, de la fillette à la coupe 
s’interrompt; une amère douceur, comme un avant-goût des choses, 
plisse les lèvres ; un charme douloureux envahit le fin visage, abaisse 
les cils sur la songerie : on assiste à la nativité d’une âme. 

Voilà ce que dit par des touches fondues, par des nuances pres¬ 
senties et suggérées, par des ondoiements de clair-obscur où la forme 
magiquement se meut et respire, assouplie à des rythmes ; voilà ce 
que dit ce vrai peintre qui est un vrai poète. 

Le Champ-de-Mars nous réservait enfin la pleine joie de contem¬ 
pler la grande toile décorative destinée à l’escalier du Musée de Rouen, 
cette œuvre où se résume, en si clairs symboles, la pensée de Puvis de 















SOCIETE NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 


Chavannes, et dont le titre — Inter Arles et Naturam — est comme la 
loi et l’idée de son art. Il paraîtra superflu de discuter les dernières 
chicanes qui passent avec une taie sur les yeux. Ceux qui en sont encore 
à ne pas comprendre que ces abstractions charmantes sont nourries de 
la moelle du vrai, que cette familiarité est faite de génie, et qu’un rythme 
a régi l’harmonieuse lenteur des poses et la suavité des nuances claires, 
aveugles et sourds, on n’essaiera pas de les convertir. Si l’on consi¬ 
dère l’ensemble de cette œuvre majestueuse et large comme un chant 
d’église, on reconnaît que Puvis réalise dans l’art d’aujourd’hui la plus 
haute compréhension des vérités générales et des beautés intellectuelles, 
et qu’en revêtant sa pensée de formes visibles, il incarne quelques- 
uns des plus nobles et des plus profonds désirs de l’esprit contemporain. 
Sans affecter l’élégance intellectuelle, dans un esprit de foi et de can¬ 
deur, il innove dans le simple et dans le grand, il déconseille les dis¬ 
sidences, la précieuse adoration du moi; il invite à la réunion, à la 
prière en commun. Son œuvre est de sympathie et d’autorité persua¬ 
sive. En même temps qu’elle manifeste le mysticisme lyonnais, mais 
guéri du mépris de la matière qui laisse s’évaporer le sentiment, elle 
réfléchit la beauté d’une race, ses vertus foncières ; elle exprime son 
accord avec le passé, avec le sol qui l’a portée et nourrie, les tradi¬ 
tions qui ont informé sa substance idéale, les influences de terroir qui 
ont fait sa grâce, les énergies morales et les forces naturelles qui ont 
modelé notre humanité. Puvis est l’historien des moments essentiels 
et le poète des concordances. Il montre en de beaux et tranquilles 
décors l’esprit pénétrant la matière, la matière révélant l’esprit, il 
dit quels échanges se font de la nature à l’art, comment la douceur 
et le charme des choses s’insinue au cœur des hommes, comment 
l’homme précise par l’imagination créatrice les suggestions du monde 
extérieur, étant à lui-même son plus beau modèle, synthèse des désirs 
épars et inachevés, floraison suprême d'un monde, mais déliée du sol, 
aspirant au divin et soumettant l’univers à la loi de ses proportions et 
de sa pensée. 

Sans jamais perdre le contact avec cette nature vivante qui vient 









remplir de sa substance la souple ductilité de son désir, il essore des 
contingences le caractère permanent, et propose à l’esprit un bonheur 
immuable et non menacé. Ce qui domine dans cette œuvre, c’est la 
possession d une certitude, la sérénité d’une pensée pacifiée d’avoir 
renoncé à l’éphémère, mais vibrante aux plus délicates beautés de la 
femme et de la fleur; assez large pour réconcilier la vision païenne et 
1 inspiration chrétienne, assez forte pour accepter tout l’héritage et ne 
rien renier du passé. 

La bonhomie gauloise ennoblie d’un reflet de la beauté antique, 


San CTI S ( O. DE U/’/we </t/ .voir à /i fiance . 

épurée de sentiment chrétien, des figures familières, de grâce neuve 
et fraîchement cueillie, les légendes dorées et la foi naïve d’autrefois 
ressuscitées par une intuition du cœur, le repos sur le sein des natures 
berceuses, des portiques entre les fûts de lauriers-roses, des jeux 
d’enfants près des mers d’azur, des rêveries couronnées de fleurs, des 
vierges comme des lis au sommet des collines, une splendeur apaisée, 
une flamme en veilleuse, peut-être un regret, mais si fièrement con¬ 
solé, et parmi les lilas, les mauves, les pâles ors de l’aube, un calme 
essor vers l’absolu, voilà l’œuvre de Puvis, ce grand ciel limpide où 
les belles heures du passé chantent en se donnant la main. 


























86 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. 


Ces heures où l’humanité se sentit vivre d’une vie plus douce ou 
plus ardente, sont évoquées, non comme des illusions à décrire, comme 
des choses mortes et de beaux décors où se complaît la nostalgie; 
mais renaissent en images vivantes, en symboles doués d’énergie et de 
vitalité, informateurs du présent et conseillers de demain. Puvis n’en¬ 
seigne, n’explique ni ne raconte. Il ne s’adresse pas à la raison en 
formules didactiques : il parle en poète qui sait les correspon¬ 
dances et la forme palpable des rêves. Il prête aux éternelles Idées 
le vêtement qui les fera aimer de l’imagination d’aujourd’hui et 
baptise les Muses de noms familiers. Il ne crée pas d’après d’autres, 
Grecs de Tanagra, ou primitifs de Florence, mais, comme un esprit 
aux nombreuses métempsycoses existerait pleinement de sa vie 
actuelle enrichie de souvenirs, il prend conscience d’autrefois en 
se sentant vivre dans aujourd’hui, connaît vivante en lui l’âme du 
passé, et l’éclaire d’une incidence nouvelle. Lui qui chante la beauté 
de la Saône onduleuse et captée par le mâle et violent Rhône, 
il fait confluer dans un même lit le puissant instinct vital et la grâce 
spiritualisée, et rassemble encore une fois en faisceau ce qui nous fit 
grands par l’esprit et par le cœur, pour la poésie et pour l’action. Il 
est une des plus sûres consciences de l’art national. 

Si toute la modernité se résumait dans la coupe d’un smoking et 
dans le bouillonnnemeut superficiel des choses, bien qu’il sache sim¬ 
plifier hardiment le costume pour ses visées décoratives, Puvis ne 
serait pas moderne, pas beaucoup plus sans doute que Baudelaire ou 
Banville. Qu’il laisse à d’autres le soin de scruter la physionomie 
mobile du monde et de frapper leurs portraits au millésime, et qu’il 
reflète de ce monde et de son âme une image plus synthétique et 
plus abstraite, ce n’est pas une part de nouveauté moins essentielle. 
Il y a mille manières d’être en communion avec son temps : par ses 
paradoxes, ses tourments et ses doutes, par ses croyances aussi. Les 
grands romanciers n’inquiètent pas le poète lyrique; ils sont d’ac¬ 
cord avec lui pour imposer aux formes changeantes un caractère 
d’éternité. 

















































































LA PEINTURE. 


87 


Il est aisé de relier l’œuvre actuelle à ses aînées : elle résume la nature 
et l’art d’une contrée, la pensée d’un homme. Des femmes, des enfants, 
des artistes, vivent, aiment, travaillent, comme dans un temps qui 
n’aurait pas d’heures, dans une région sans orages et sans basses 
pensées, sur une terrasse en prairie, d’où la vue descend au tournant 
de la Seine, sur Rouen et ses clochers, remonte aux futaies profondes 
de Roumart, aux collines de Canteleu; le ciel léger deNormandie s’ar¬ 
rondit doucement sur la tranquille vallée. Un bas-relief antique 
exhumé du sol s’accote aux arceaux brisés d’uneThélème normande que 
prolonge la retombée des pommiers ; un ouvrier barbu comme le dieu 
Pan s’accoude au soubassement; le passé se relie au présent, les beaux 
rêves sortent de terre : dans cette maternelle nature, les branches 
chargées de fruits s’inclinent sous la main de l’enfant, un autre se 
réjouit des feuillages; la tendresse maternelle berce le souci de la 
jeune fille, un petit potier suit naître sous les doigts d’une femme la 
corolle de tulipe qui décorera le plat rouennais : la pensée virile et la 
loi de l'art s’expriment par la bouche du maître, et l’adolescent, la 
joue au tronc de l’arbre, les yeux brouillés, comprend et voit moins 
qu’il n’écoute monter en lui une abondance de sève et de désir. Ainsi 
dans ce verger de Bon-Secours, au-dessus et si près de la vie, denobles 
rêves, aux couleurs de ciel, des femmes belles et calmes, aimées de 
toujours, reconnues à leur sourire, nous accueillent d’un amour pensif 
et sans douloureux aiguillon. Despensées du matin bénies de bon repos, 
lucides et saines, au timbre pur, des victorieuses. 

Puvis déroule, en strophes alternées, un hymne reconnaissant à 
la beauté des choses, un hymne pacifique à la beauté des âmes. 
Comme Delacroix trouvait dans son imagination passionnée des 
accords de sentiments de couleurs et de gestes, il raconte les idylles 
de la pensée, les symphonies de nature d’humanité et d’art. Il apparaît 
comme la plus sereine intelligence de ce temps, un esprit sur la mon¬ 
tagne, veillant et priant, les yeux vers l’aurore, ce grand Lyonnais qui 
pressentit l’avenir aux yeux gris de l’espérance, aussi familier que 
Millet, aussi noble que Poussin. 
















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Si l’on peut tirer une conclusion de ces trop longs commentaires, 
c’est que l’art, tel que nous le goûtons en sa plénitude, n’est pas un 
cloître où le dilettantisme se réfugie contre les émotions humaines et 
triomphe de les abolir ou de les railler. C’est un rêve plus beau, plus 
expressif et plus ramassé que la vie, non retranché d’elle pour la mau¬ 
dire, non sottement vain au point de la raturer, comme fait l’idéalisme 
préconçu, mais amoureux du réel, informé de ses lois, et réalisant au- 
dessus des fluctuations des angoisses et des joies combattues, une 
harmonie où l’esprit se repose. 



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malades n’en produit pas assez, leur digestion ne se fait plus 
d’une manière complète et les accidents les plus graves peu¬ 
vent en résulter. 

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bien joli entre des massifs de verdure, 
sous une lumière tamisée qu’irisent par moments des reflets de vi¬ 
traux. Ici, l’on peut errer avec quelque sécurité entre des figures dis¬ 
crètes qui n’attaquent pas l’œil et gesticulent en silence. Les passants 
modèrent leur allure en promenades plus lentes, en entretiens apaisés; 

23 





































go 


LE SALON DE 1890. 


on n’entend plus le piétinement de troupeau cherchant pâture, mordil¬ 
lant au passage quelques brindilles et chassé vers d’autres enclos, la 
galopade anxieuse des salles d’en haut. On se dit que de longs et 
pénibles travaux ont animé les dures matières, que des esprits ont 
médité, que des mains ont travaillé, que des rêves et des souffrances, 
des ambitions et des espoirs s’expriment en ces muettes effigies. La 
sculpture ne comporte pas les frivolités de vie, les décors de vanité, les 
à peu près de science et d'exécution qui amorcent les peintres ama¬ 
teurs. Pourtant, devant le retour périodique des mêmes statues debout, 
couchées, élancées ou languissantes, un malaise ne tarde pas à vous 
prendre. Une analogie s’établit entre les vivants et les mortes : à les 
interroger une à une, on s’aperçoit qu’elles n’en disent guère plus long 
sur les vérités de fond, que ces groupes entrevus et frôlés échangeant des 
saluts et des gestes rituels, des paroles qui souvent recouvrent d’autres 
pensées et laissent l’esprit occupé ailleurs; c’est lui que l’on voudrait 
connaître, cet ailleurs, que trahit par moments une lueur de regard, 
un éclat de voix, l’oubli d’un geste vif ou lassé. Ces marbres et ces 
bronzes obéissent, eux aussi, à d’inflexibles codes; ils ne s’oublieront 
jamais ; ils accompliront pour l’éternité le rite des hanchements, des 
bras en anse d’amphore, de la colère patriotique et de l’engageant sou¬ 
rire. Ici et là, une parade se joue, mais bien rarement c’est la statue 
qui laisse entrevoir quelque chose de la vraie comédie humaine. 

Les énergies et les passions, les pensées et les rêves s’affublent des 
costumes qui ont revêtu ceux d’autrefois : dans son ensemble, la sculp¬ 
ture reste rebelle à l’esprit moderne ; elle s’en tient à des chefs-d’œuvre 
de corporation, à des morceaux faits pour le musée ou le square. Si 
la conception n’est pas absente, elle a plus de peine ici qu’ailleurs à se 
défaire des tours de langage où retombent fatalement les idées molles 
empruntées au déjà vu, aspirant faiblement à l'existence et qui ne se 
croient pas autorisés à montrer un nouveau visage. Le sculpteur se 
met difficilement d’accord avec le présent, je parle de l’esprit aussi 
bien que des mœurs. Il vit sur une tradition si belle et si accablante ! 
Tant et de si puissantes raisons, tant et de si forts arguments pratiques 










Cil A PU (II.)_ Monument de FLauberl , 


























































LA SCULPTURE. 


9 1 

lui prouvent qu’il ne doit pas songer à faire mieux ni autrement que 
les Grecs ou les Florentins, mais suivre de loin et baiser leurs traces. 

A part un monument funèbre comme le Tombeau du cardinal Donnet 
par Delaplanche, œuvre correcte, imposante et froide, — un groupe 
décoratif vigoureusement établi par Caïn : Aigle et Vautours se dispu¬ 
tant un ours mort, — une fantaisie gracieuse, légère et unpeu mince de 
Puech, la Sirène ,— le Salon des Champs-Élysées n’offrant guère que 
des groupes et des figures de caractère, on est amené à demander à 
chacun ce qu’il nous apprend de lui-même et de l’humanité d’au¬ 
jourd’hui. 

Peut-être alors, si l’on étudie la valeur d’expression, aura-t-on 
l’impression que le rideau n’est pas levé, ou du moins que la vraie 
pièce ne se joue pas ici. On voit des Maternités, des Vénus, des Amours, 
des Circés et des Sphinges. Les antiques symboles reparaissent, mi¬ 
ment des joies et des tristesses, mais ce sont des fantômes aux gestes 
vagues, aux membres lisses, aux yeux vides; froides combinaisons 
de mémoire, dénuées de chaleur vitale, de passion forte, de pen¬ 
sée neuve ; sans amour, elles ne sauraient inspirer l’amour. Et pourtant, 
que demandons-nous à ces fragments de pierre ou de métal taillés 
par l’industrie humaine, sinon de nous parler de nous-mêmes? Tous 
les symboles sont vrais pour l’imagination d’aujourd’hui assouplie à 
tant de métamorphoses, et chaque génération peut refaire sa mytho¬ 
logie pourvu qu’elle y coule une substance nouvelle. L’artiste n’est pas 
un critique, un esthète ou un dilettante qui revit dans le passé. Nous 
lui demandons autre chose qu’un souvenir de belles fréquentations, 
une respectueuse approbation des grands siècles d’art. 11 ne s’agit pas 
de rupture avec des traditions qui n’écrasent que les esprits timides; 
mais de cette légitime question posée par un passant à la statue : « De 
qui me parles-tu? — de celui qui t’a créée et de moi-même, ou de for¬ 
mules qui ont épuisé leur sève et porté leurs fruits? » et encore : « De 
lui, tel qu’il est, non devant sa glace et pour la galerie, mais immédiat 
et nu, ou d’un être d’illusion et de vanité, qui ne peut me connaître 
s’il ne se connaît pas? » Par son instinct plus sûr que les philosophies, 





9 2 LE SALON DE 1890. 

l’artiste se met directement en rapport avec tout le réel; il vit pleine¬ 
ment dans le présent, il en ressent l’électricité orageuse. Sa conception 
du monde n’est pas un a priori, mais la résultante de tout ce qui bruit 
et fermente autour de lui. 

Le rite des convenances a envahi l’Olympe, affadi ou glacé les gestes 
dénaturé. Falguière ne lance plus sur la piste des fauves une nymphe 
svelte râblée et verte comme une pomme. La Femme au Paon n’a pas 
le coloris captieux et la souplesse épidermique de la Diane, déjà guindée ; 
elle exhibe un orgueil sec et se durcit dans une pose cassante. Plus 
souple est la Muse de Flaubert, que le talent chaste, gracieux et pur de 
Chapu ne pouvait sans doute concevoir autre, et si le contraste entre 
la pensée de l’écrivain et l’expression du sculpteur n’était décidément 
inconciliable, cette délicate et pliante figure serait la bienvenue. Bar- 
rias a trouvé au contraire la plus naturelle et la plus fine expression 
du talent deGuillaumet en modelant pour sa tombe cette Jeune Fille 
de Bou-Saada d’une grâce triste et doucement pressentie, comme 
l’œuvre du rêveur qui sentait si profondément le charme du simple et 
du primitif. 

On reconnaît encore le plus personnel caractère dans la statue 
équestre de Vélasque\ par Frémiet. Cela est direct, simple et tranchant, 
le cheval bien allant et ramassé, comme les aime Frémiet, le cavalier 
fin et fier, avec un air de grandesse, un sourire du regard perçant et 
brave, tel qu’on se figure l’homme, hautain sans morgue et ne bais¬ 
sant pas les yeux. 

Puis c’est l’ordinaire emphase des Gaulois chevelus, les modelés 
ronflants, les coups de poing dans le vide. Quelques œuvres de science 
et de caractère : le groupe de Marqueste, Persée et la Gorgone, — le 
Gilliatt de Carlier, les Lutteurs de Charpentier, le Bêcheur de Boucher, 
puissant et lourd, non sans emphase. On note plus de simplicité dans 
le Faucheur rebattant sa faux de Guglielmo,une expression vivement 
sentie dans 1 Ophélie de Colle, qui expose aussi un très vivant buste 
de H. de Bornier; la Fleur du Mal de Dampt; un Enfant et le 
Gavarm d Injalbert; la Veuve de Teixeira-Lopes; le Lion de Valton. 












LA SCULPTURE. 


93 


Les bustes de Pasteur par Paul Dubois, de Gréard par Crauk, de 
Spuller par Aubé, de Perrin par Guillaume, de Hugo par Mercié, sont 
des effigies caractéristiques ou fines, quelques-unes pourtant plus 
d’apparat que d’intime vérité. 

Passons au Champ-de-Mars; ici un choix d’œuvres fortes et déli¬ 
cates nous atteste que la vie renaît dans la statuaire avec les bronzes 
de Baffier, ses moissonneurs et ses greffeux berrichons, ses maîtres 
sonneurs de musette et de vielle, de bonhomie rusée et de précis ac¬ 
cent local ; avec ses deux bas-reliefs en plâtre le Goûter du veau et 
l’Épine, simples, émouvants et vrais, d’une facture grasse et fine; elle 
renaît du monde populaire interprété par le haut talent du peintre- 
sculpteur belge, Constantin Meunier, qui expose des figurines, des mar- 
teleurs, des puddleurs, un souffleur de verre du plus fier style, souple, 
nerveux et franc. On la reconnaît dans le masque souriant du Belge 
Devillez, exquisement ombré de mystère et de vaguesse, dans les mé¬ 
daillons et les bustes de Ringel d’Illzach, physionomiste précis et ori¬ 
ginal décorateur. 

La Dernière Nymphe, de Michel-Malherbe, trahit un peu de mol¬ 
lesse floue, laisse regretter la volonté plus ferme et plus large de ses 
bustes. Dans le grand et hardi groupe de Desbois, la Mort et le Mou¬ 
rant, la pose de l’homme paraît gauche et déplaisante, mais le spectre 
ironique et cauteleux est d’une belle horreur. 

De Dalou une œuvre hardie qui touche comme la vérité : T ictor 
Noir au moment où il vient d’être frappé ; un corps souple et tiède 
couché dans la mort comme dans un sommeil soudain, membres et 
traits détendus; un beau pendant au Blanqui; — la statue de Lavoi¬ 
sier pour la Sorbonne; la pensée fortement écrite sur le visage, toujours 
cette force directe, parfois un peu tendue. 

Rodin est présent avec le buste d’argent de M“ R- ■ ., d un caractère 
souverain de netteté et d’ampleur, avec un torse d’homme pétri et mo¬ 
delé par la vie elle-même; avec une douloureuse Danaé, prostrée et 
comme incrustée au sol, avec une Vieille femme, songeuse obstinée, 

figure de décrépitude, mieux que tout spectre évoquant 1 irréparable. 

24 










94 


LE SALON DE 1890 . 


Quand un artiste comme Rodin s’exprime, en quelque fragment que 
ce soit de son œuvre, il convient d’écouter, de comprendre dans la 
mesure de ses forces ; et la seule excuse du critique, en ses longues 
écritures, c’est d’être un témoin de ce qui est vraiment beau, grand et 
hardi. 

Rodin, l’imagination pleine des sentiments et des fièvres contem¬ 
poraines, embrassant de la réalité tout le charme et toute l’horreur, et 
passionné pour la vie dont il connaît les vrais rythmes, Rodin a re¬ 
gardé l’humanité au fond des yeux. Il a osé lire sa pensée de derrière 
la tête, il a su dire en symboles palpables ce qu’il avait lu. Il lui a fait 
avouer le secret de sa vie et de son tourment, la poursuite d’un bon¬ 
heur absolu, trompée, bercée, jamais satisfaite, l’inapaisable élan vers 
une beauté autre et qu’il ne peut saisir. Interprète des formes qui pour 
ses yeux de voyant révèlent les énergies intimes, il a modelé des êtres 
vivants, de la nuque à l’orteil expressifs des instincts, des désirs, des 
pensées, des rêves. Avec des gestes et des attitudes, des déploiements 
et des rétractions de muscles, combinés à l’infini, il a fixé en leurs 
fugitives ondes, en leurs vibrations dernières, les courants qui tendent, 
alanguissent et galvanisent les corps. Rodin a compris que ce corps 
nu, tendre ou dur, florissant ou flétri, intéresse l’homme par-dessus 
tout comme la forme de son essence et son seul intermédiaire avec 
les choses. C’est en cette chair qu’il souffre et qu’il jouit, qu’il vit et 
qu il meurt, et c’est elle qu’il veut retrouver dans l’art, heureuse ou 
châtiée, frémissante toujours, elle qui nous fait semblables et frères, 
non une substance chimérique et de pur décor, mais ces muscles et 
cette peau dont rien ne nous dépouillera que la dissolution finale. 

Découvrant ainsi l’être primitif sous les mensonges qui l’ont peu à 
peu reculé des yeux et de l’esprit, l'artiste est saisi d’admiration, 
d’amour et de pitié. Il voit dans chaque corps un caractère, et dans 

I enchaînement des causes et des conséquences un ordre souverain. 

II est le physionomiste des ossatures et des muscles autant que des 
traits du visage. On comprend qu’il a dit avec Verlaine : « Les corps 
humains m attendrissent, me fléchissent, m’apitoyent, » mais que le 














































































LA SCULPTURE. 


95 


sentiment de la beauté l’emporte, et que fort de posséder ses lois, il 
trouve dans l’ivresse de créer, l’apaisement et la certitude. 

L’artiste n’est pas un sage détaché du monde, ni un philosophe 
chrétien; c’est un triomphateur de tous les instants. Plus qu’un autre 
vibrant à tous les désirs et goûteur de toutes beautés, il faut bien qu’il 
s’en déprenne assez pour dominer, comprendre, exprimer. Il ne tue 
pas la bête, qui donc porterait l’ange? Il n’étouffe pas en lui la sen¬ 
sualité amie autant qu’ennemie, le ferment profond sans lequel, 
n’ayant plus du monde que notions décolorées et intellectuelles, il 
aboutirait à l’ascétisme, au pessimisme, ou à l’abstraite contemplation. 
Mais il dirige à des fins meilleures cette force aveugle et malfaisante 
dès qu’elle est lâchée, et qui pourtant le met dans le plus direct rap¬ 
port avec tous les hommes. L’art n’est pas un morne règne sur la soli¬ 
tude : c’est l’héroïque volonté de soumettre à de beaux rythmes ce 
qu’il y a de plus intense, de plus tragique et de plus enivrant dans la 
réalité. 

Ce conflit entre la sensualité toujours combattue, jamais domptée, 
et le besoin d’un au-delà qui défend à l’homme d’y trouver son repos, 
Rodin en a fait la matière de son art. L’homme et la femme sont là, 
comme aux anciens jours, armés de violence, de ruse ou de grâce sau¬ 
vage, hostiles, éperdus de s’unir, et de la mêlée des instincts monte une 
lamentation qui retentit au cœur de tous. Tandis que Puvis, ce plato¬ 
nicien réfugié vers les Idées, chante la calme beauté des races saines 
et normalement actives, Rodin synthétise les tendresses et les fureurs 
de l’humanité militante et punie dans sa chair. Ce qu’il exprime, ce 
n’est pas le calcul libidineux du sadisme qui se regarde ; c’est la pas¬ 
sion des êtres retranchés d’un espoir divin, et qui cherchent vaine¬ 
ment dans l’étreinte un absolu qu’ils ne croient plus ailleurs. Le duel 
des sexes mis face à face, non pour l’œuvre bénie selon la nature et 
l’humanité, mais pour une jouissance qui devient son but à elle-même, 
triste d’être stérile et forcenée d’être inassouvie s’agrandit jusqu’au 
symbolisme des antiques poésies. 

Pourtant une harmonie d’expression et de pensée désarme l’hor- 





LE SALON DE 1890. 


reur. De cette grande vague humaine où se meurtrissent les désirs, où 
se froissent les corps, où défaillent les déchéances qui retombent au 
néant, le chant qui s’élève n’est pas d’anathème, mais de sympathie 
exaltée. Ce qui domine, ce qui s’impose, c’est la beauté de cet amour 
qui fait les mains si délicates à presser les tempes, qui gonfle les 
bouches d’un pli enfantin, noie les yeux d’infini, et ploie les jeunes 
corps à d’ineffables abandons ; c’est la beauté de 1 instinct qui déchaî¬ 
nant la bestialité fait jaillir aussi du fond de la brute les ingénuités 
exquises, et les divins désirs de larmes. Par une fatalité de son génie, 
comme Baudelaire sur les femmes damnées, Rodin a fait descendre 
parmi les luxures, sur des groupes où la passion se fond dans la ten¬ 
dresse et la pitié, sur les consolatrices et les berceuses, un rayon 
d’amour sauveur; il a mis dans cet enfer une douceur de paradis. 


FJ, 


BARRIAS ( E .L . ) — Jeune Jille de Bou-Saada 








V 



LISTE DES RÉCOMPENSES 


SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 

SECTION DE PEINTURE 


Médaille d’honneur. 

VOTÉE PAR TOUS LES ARTISTES 
RÉCOMPENSÉS 

M. Français (F.-Louis). 

Médaille de première classe. 

M. de Richemont (Alfred). 

Médailles de deuxième classe. 

MM. Le Lièpvre (Maurice), Rachou (Henri), 
Fournier (Hippolyte), Carpentier (Evariste), 


Bompard (Maurice) , Gueldry (Ferdinand), 
Lamy (P. Franc), Mengin (Auguste-Charles), 
Yarz (Edmond), Chigot (Eugène), Beauvais 
(Armand), Pezant (Aymar), Lambert (Albert- 
Antoine), Bertrand (Paulin). 

Médailles de troisième classe. 

MM. Clary (Eugène) , Michel-Lançon 
(Edouard), Peel (Paul), M me Le RoY-d’ÉTiOL- 
les (Hélène), MM. Rojas (Cristobal), Massaux 
(Léon-Charles) , Nardi (François), Van Beers 
(Jan), Rouffet (J.), Quinton (Clément), Bour- 
gonnier (Claude), Grier (Edmund-Wyly). 











































9 8 


LISTE DES RÉCOMPENSES. 


Titconb (William-Holt-Yates), Bosch-Reitz 
(Sigisbert), Simon (Lucien), Stewart (Julius- 
L.), Du Mond (Frank-V.), Humbert (Frédéric). 
Lynch (Albert), Boquet (Jules) , Flandrin 
(Paul-Hippolyte), Sergent (Lucien - Pierre) , 
Ciieca (Ulpiano), Richir (Herman-Jean-Joseph), 
Grison (Adolphe), Buffet (Paul). 

Mentions honorables. 

MM. de Kossak (Albert), Pinta (Henry), Wol- 
les (Lucien), Collin (André), Corinth (Louis), 
Lemènorel (Ernest-Émile), Paterson (James), 
Dennery (Gustave-Lucien), Van Biesbroeck 
(Jules), Franzini d’Issoncourt (Charles-H.), 
Lomond (Eugène-Marie-Jules), M Uo Carpentier 
(Madeleine), MM. Bitte (Charles), Veber 
(Jean), Lavalley (Alexandre-Claude-Louis), 
Mérite (Edouard-Paul), Bastet (Tancrède), 
Curran (Charles-C.), Girardin (Eugène), 
Van Hove (Edmond), Vinton (Frédéric-Por- 
ter), Pierrey (Louis-Maurice), M me Ber- 
thault (Joséphine), MM. Héron (Jean-Pierre), 
Lee (William) , Gagneau (Léon) , Azambre 
(Etienne), Belleroche (Gustave), Kowalsky 
(Léopold-François), Hall (Richard), Herter 


(Albert), Bellet (Pierre), Djdier-Pouget, Ricc 
(Joseph), Gomez (Paul), Trigoulet (Eugène), 
Perret (Marius), Desvallières (Georges-Oli¬ 
vier) , Berne-Bellecour (Félix) , Fouqueray 
(Charles), Doat (Taxile), Guillonnet (Octave), 
M mc Choppard-Mazeau (Jeanne) , MM. Char¬ 
pentier (Gaston), Tourny (Léon-Auguste), De- 
laistre (André), Le Mayeur (Adrien), Maré¬ 
chal (Gabriel), Neymark (Gustave) , Royer 
(Henri) , M 1,e Pallik (Bêla), MM. MAGLiN(Fir- 
min), Cunningham (John-Wilton), Gosselin 
(Albert), Enders (Joseph), Bondoux (Jules- 
Georges), Gros (Achille), Bunny (Rupert-C.-W.), 
Piot (Adolphe). 

Bourses de voyage. 

MM. Bourgonnier (Claude), Gueldry (Fer 
dinand), Poujol (Pierre-Louis-Marius). 

Prix Marie Bashkirtseff. 

M. Bertrand (Paulin). 

Prix de Raigecourt-Goyon. 

M. Guéry (Armand). 


SECTION DE SCULPTURE 


Prix du Salon. 

M. Charpentier (Félix-Maurice). 

Médailles de première classe. 

MM. Charpentier (Félix-Maurice), Puech 
(Denys). 

Médailles de deuxième classe. 

MM. Gauquié (Henri-Désiré), Pech (Gabriel- 
Edouard-Baptiste), Dolivet (Emmanuel), Ma- 
thet (Louis-Dominique), Rambaud (Pierre), 
Icard (Honoré), Tonnellier (Georges 1 ), Borrel 
Alfred). 


Médailles de troisième classe. 

MM. Renaudot (Jules), Vidal (Henri), Tei- 
xeira-Lopes (Antonio), Larroux (Antonin), 
Larché (Raoul), Récipon (Georges), Fosse (Dé 
siré), Forestier (Antoine-Clair), Caniez (Bar¬ 
thélemy), Dagonet (Ernest), Lancelot (Ca¬ 
mille-Paulin). 

Mentions honorables. 

MM. Stewardson (Edmond-Austin), Berges 
(Emile-Marius), Costa (Thomas-F. d’Araujo), 
Devaux (Pierre) , Masson (Clovis) , Masson 
(Jules), Tholenaar (Théo.-L.-C.), Bouillon, 
(Théophile-Henri), Tilden (Douglas), Campa¬ 
gne (Daniel), Lenormand (Jules), Belin (Joseph), 
Fouace (Guillaume-Romain), Gilbault (Ferdi- 










LISTE DES RÉCOMPENSES. 


99 


nand), TheuNissen (Corneille-Henri), Van der 
Straeten (Georges), Ruggles (Théo-Alice), 

MM. Moncourt (Henri de) , Dallin (Cyrus- 
Edwin), Mitchell (Guernsey), Tharel (Léon), 
M mo Coûtant (Nelly), M. Laheudrie (Edmond 
de), M me Maillot (Pauline), M. Van-Beur- 
den (Alphonse) , M 110 Petersen (Nielsine), 

MM. Richard (Félix) , Brateau (Jules-Paul), 
Kulle (Servarius-Iven), Jamain (Émile-Théo¬ 
dore), Dropsy (Émile). 

Bourses de voyage. 

MM. Loiseau (Georges) , Larché (Raoul), 
Fosse (Désiré). 


SECTION D'ARCHITECTURE 


Médaille d’honneur. 

Marie), Toussaint (Henri) , Laborey (Jean), 

VOTÉE PAR TOUS LES ARTISTES 
RÉCOMPENSÉS 

Moreau (René), Schmit (Henri), Le Ray (Em¬ 
manuel-René). 

M. Redon (Gaston-Fernand). 

Mentions honorables. 

Médailles de première classe. 

MM . Benouville (Léon) , Breffendille 

MM. Fournereau (Lucien), Marcel (Alexan- 
dre-A.-L.). 

(Charles), Cousin (Gaston), Demay (Georges), 
Destors (Marie-Léon), Dupuis (Fernand-A.-A.), 
Forget (Eugène-A.), Garnier (Emmanuel), 

Médailles de deuxième classe. 

Lambert (Théodore), Lichtenfelder (Charles), 
Malgras (Gustave-Émile), Tellier (Alfred-P. - 

MM. Ridel (Léopold-Joseph), D’Espouy (Hec¬ 
tor-Jean-Baptiste), Laffillée (Henri-Louis). 

V.), Viraut (Lucien), 

Bourses de voyage. 

Médailles de troisième classe. 

MM. Conin (Alphonse), Breffendille (Char¬ 

MM. Conin (Alphonse), Cordonnier (Louis- 

les). 


SECTION DE GRAVURE ET LITHOGRAPHIE 


Médaille d’honneur. 

Médaille de deuxième classe. 

VOTÉE PAR LE JURY DE LA SECTION ET LES 

ARTISTES RÉCOMPENSÉS DE LA SECTION 

M. Milius (Augustin-Félix). 

M. Laguillermie (Frédéric). 

Médailles de troisième classe. 

Médaille de première classe. 

MM. Tinayre (Jean), Fuchs (Louis-Joseph), 

Giroux (Charles), Baudoin (Franck-Jean'l, Her- 

M. Lévy (Gustave). 

mant (Auguste-Louis), Rapine (Maximilien-Ho- 












LISTE DES RÉCOMPENSES. 


100 

noré-François), De Billy (Charles-Bernard), 
M lle Jacob (Marguerite-Jeanne), MM. Dugourd 
Henri-Nicolas), Ruet (Louis-Valère), Derbier 
(Émile-Louis). 

Mentions honorables. 

MM. Perrichon fils, Anne (Ernest), M lle Le- 
luc (Juliette), MM. Joffroy (Henri), Romagnol 
(César), Florian (Ernest), Bernast (Anatole), 
Voisin (Louis-Léon) , Dillon (Henri-P.) , 


Dubois-Menant (J.-Gabriel), Bénarb (Agricol- 
Charles), Sulpis (Emile-Jean), Barbotin (Wil¬ 
liam), Nargeot (Adrien), Chiquet (Eug.-Ma¬ 
rie-Louis), Coppier (Charles-André), Martin 
(Henri - Louis) , Lambert (Léon), Rudaux 
(Edmond-Adolphe), Goret (Alphonse), Brisse 
(Raphaël-A.). 

Bourse de voyage. 


M. Baudoin (Franck-Jean). 





ACQUISITIONS DE L’ÉTAT 


SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 

PEINTURE 


Beauverie (C.). 

. . . Pèche de l’étang du Palais, près Feurs (Loire). 

Bertrand (P.). 

... Le P radon; — environs d’Hyères. 

Blayn (F.). 

. . Repas du soir; — Villerville. 

Bompard (M.). 

. Les Bouchers de Chelma. 

Boudot (L.). 

■ . Vergers à Hyèvre (Doubs); — fin d'octobre. 

Bourgogne (P.). 

. Fleurs et fruits d’automne. 

Bourgonnier (C.). . . 

. . . Les Ciseleurs. 

Busson (G.). 

■ . . Les « abois ». 

Caille (L.). 

. . . Près de l’dtre. 

Carlos-Lefebvre. . . . 

. Autour d’une mare. 

Casile (A.). 

. . . Entrée des nouveaux ports à Marseille. 

Cesbron (A.). 

• « L’Art domine tout »; — dernières paroles deFeyen-Pen 

Chigot (E.). 

La Prière du soir. 

Dameron (E.). . 

La Seine au Petit-Andelys. 

Dantan (E.). 

. . ■ Une serre en construction. 

Darien (H.). 

... Le Quai du Louvre, à Paris. 

Desgoffe (B.). 

. . . Casque circassien, etc. (Musée d’artillerie). 

Didier-Pouget. 

. . Les Ajoncs ; — Landes de Gascogne. 

Diranian (S.). 

. . . L’Appel; — Au bord du Lot. 

Dupré (J.). 

... La Vache blanche. 

Fouace (G.). 

... u Ma pêche ». 

Gosselin (Ch.). 

. . . Lisière de la forêt d'Arques (Seine-Inférieure ). 

Hall (R.). 

... La Classe manuelle; — Ecole de petites filles ( Finistère ' 

Hareux (E.-V.). 

. . . La Rentrée du troupeau à l'étable; — effet de nuit. 

Jacquin (G). 

. . . Automne. 

JOLYET (P.). 

. . . Avant le dîner. 

JOUBERT (L.). 

... La Seine à Pont-de-l’Arche (Eure). 

JOURDEUIL (A.). 

. . . Derniers rayons du soleil, au moulin Pédieux. 

Laissement (A.). . . 

... Le père Charles. 

Lecomte (P.). 

. . . Un coin de Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). 

Le Lièpvre (M.) .... 

La Loire. 

Le Poittevin (L.). . . . 

. . . Les Toiles d'araignée. 

Le Quesne (F.). 

. La Légende du Kerdeck. 


26 










































MUe 

MM. 


ACQUISITIONS DE L’ETAT. 

Leyendecker (P.) . Etude. 

Marec (V.). .La Veillée. 

Martin (E.). Le Relais; — Provence. 

Martin (H.). M. Sadi-Carnot, président de la République, à Agen. 

Masure (J.). Soir d’été à Wimereux ( Pas-de-Calais ). 

Mengin (A.) . Méditation. 

Moisson (R.). Lever de lune. 

Nardi (F.). La Rade de Toulon; — effet de mistral. 

Nozal (A.) . Matin d’automne ; — bras du Hamel, aux Andelys. 

Olive (J.-B.). Martigues ; — coté de V Étang-de-Berre. 

Péraire (P.) . Le Marais; — environs de Corbeil. 

Pille (H.). La Messe, à Pavant (Aisne). 

Poilleux-Saint-Ange (G.-L.). Une prise de voile au couvent de l’Assomption. 

Quignon (F.-J.). La Moisson. 

Quost (E.). Fleurs de Pâques. 

Réalier-Dumas (M.). Enfants nus dans un bateau. 

Richemont (A.-P.-M. de) ... Le Rêve. 

Rouby (A.). Fleurs. 

Saint-Germier (J.). Une porte de Saint-Marc, à Venise. 

Sauzay (A.). Les Lavoirs bleus, à Villeneuve-la-Garenne. 

Simon (A.) . ... Attributs de musique (aquarelle). 

Tauzin (L.). Paris en iSSg; — vue prise de la terrasse de Meudon. 

Thiollet (A.). Récolte de moules, à Villerville. 

Toudouze (E.). Fleur d’automne. 

Tourny (L.). .. Ecole de tapisserie de la manufacture des Gobelins (pastel). 

Vauthier (P.). Saint-Denis ; — la Fosse-aux-Anglais. 


SCULPTURE 


MM. Aizelin (E.). Judith; —statue, bronze. 

Astanières (E. d’ ; .u Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor » ; — statue, plâtre. 

Basly (E.). Dalayrac; — buste, marbre. 

Bastet (V.-A.). Pierre Parrocel; — buste, marbre. 

Bayard de la Vingtrie (P.-A.). S. de Sacy; — buste, marbre. 

Boisseau (E.-A.). M. E. Labiche; —buste, marbre. 

Boucher (A.). A la terre; — statue, marbre. 

Capellaro (C.-R.). Destouches ; — buste, marbre. 

Carlier (E.-J.). Gilliatt saisi par la pieuvre; — groupe, marbre. 

Charpentier (F.-M.) . . . . La Chanson; — statue, marbre. 

Dagonet (E.). La Nuit; — statue, plâtre. 

Dampt (J.). La Fin du Rêve; — groupe, marbre. 

David (A.). La Chèvre Amalthée; — camée calcédoine à trois couches. 

Démaillé (L.). Jeune fille tressant une couronne; — statue, marbre. 

Fossé (A.). Ali^ard ;— buste, marbre. 

Gardet (J.-A.). Tireur d’arc; — statue, marbre. 

Gaulard (F.-E.).« Gallia »; — statuette, topaze. 

Gauquié (H.-D.) . Bacchante et Satyre; — groupe, plâtre. 





















































ACQUISITIONS DE L’ÉTAT. 


io3 


MM. Geoffroy (A.-L.-V. )..... Lion et Lionne; — groupe, bronze. 

Gérome (J.-L.). Tanagra; — figure, marbre. 

Houssay (F.). Uneflûteuse; — bas-relief, cire. 

Icard (H.). L’Araignée ; — statue, marbre. 

Injalbert (J.-A.). Gavarni; — buste, marbre. 

Larché (R.).. Jésus enfant devant les docteurs ; — statue, plâtre. 

— .■ . Thomas Corneille; — buste, marbre. 

Lefèvre-Deslonchamps (L.). . Muse éplorée ;— statue, plâtre. 

Lemaire (H.). Vénus; —groupe, plâtre. 

— . Duguesclin ; — statue, bronze. 

Levasseur (H.-L.). Après le combat; — groupe, marbre. 

Loiseau (G.). « Adieu! » — groupe, plâtre. 

. Beaumarchais ;— buste, marbre. 

Marqueste L.-H.). Persée et la Gorgone ; —groupe, marbre. 

Mathet (L.-D). Oréade; — groupe, plâtre. 

Mathieu-Meusnier. Jacques Despars; — buste, marbre. 

Mayer (N.). Réveil; — statue, plâtre. 

Michel (G.) . La Paix; — statue, pierre. 

Peêne (A.). Kreutzer; — buste, marbre. 

Plé (H.).« Strasbourg »; —buste, plâtre. 

Puech (D.). La Sirène; groupe, marbre. 

Renaudot (J.). Diane; — groupe, marbre. 

Richer (P.). Premier artiste; âge de la pierre taillée, statue, plâtre. 

Roulleau (J.-P.). Léda ; — groupe, marbre. 

Schrœder (L.). Science et Mystère; — statue, marbre. 


ARCHITECTURE 


M. Fournereau (L.). Ruines kmers de Bapuon (Cambodge Siamois). 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS 

PEINTURE 


MM. Billotte (R.) . 
Binet (V.).- • - 
Brown (J.-L.). . 
Carolus-Duran. 
Dauphin (E.) . . 
M lle Desliens (C.). . 


La Neige , à la porte d’Asnières. 
Le Soir. 

Before the start. 

Lélia. 

Un coin du vieux Toulon. 

Au printemps. 

































i04 


ACQUISITIONS DE L’ÉTAT. 


MM. Girardot IL.-A.) . . 

Harrison (A.). . . 
Jeanniot (G.). . . 

La Touche (G.). . . . 
Lepère (L.-A.). . . 

Mesdag (H.-W.). . . . 
Parrot-Lecomte (P.). 

Point (A.). 

Prinet (R.). 

Rosset-Granger (E.).. 

Saintin (H.). 

Schuller (J.-C.). . . 

Skredsvig (C.). . . . 
Zakarian. 


Terrasses à Tanger. 

Paysage; — rivière. 

Vieux ménage. 

Les Phlox. 

Après l’orage; — le Vieux bachot. 

Avant l’orage. 

Un coin de l'atelier de M. Ch. Meissonier. 

La Joie des choses. 

Le Petit Quadrille, pastel. 

Cache-cache. 

Soir d’hiver. 

Soleils; — Fin d’été. 

Villa Baciocchi ; — Jour d’hiver près d’Ajaccio. 
Prunes et verre de vin. 


SCULPTURE 


MM. Lefèvre (G.). 

Meunier (C.). 

Michel-Malherbe (E.-J.) 
Vernier (E.-S.). 


Dans la rue ; — groupe, plâtre. 

Marteleur; — figurine, bronze. 

Débardeur du port [Anvers); — figurine, bronze. 

La dernière Nymphe ;— statue, plâtre. 

Conférence internationale ouvrière de Berlin , Délégation 
française; — plaquette, plâtre. 






















TABLE DES MATIÈRES 


Avant-Propos . 

La Peinture : Société des Artistes français.. . . 
La Peinture : Société nationale des Beaux-Arts. 

La Sculpture . 

Liste des Récompenses. 

Acquisitions de l’État. 


’ages. 

9 

61 

89 

97 

101 


Frontispices, En-têtes et Culs-de-lampe, par Marold. 
Gravures sur bois, par Florian et Rousseau. 


TABLE DES GRAVURES 


PEINTURE 


SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 


Adan (Louis-Émile). 

Anderson (A.-Archibald). . 

Barillot (Léon). 

Beauquesne (W.-Constant). 

Bonnat (Léon). 

Bouguereau (A. -William).. 


Boutigny (Émile). . 
Brouillet (André). 
Brozik (Vacslav).. . 
Caïn (Georges-J.-A ). 


Caïn (Henri). 

Checa (Ulpiano).. . . 
Clairin (Georges). . . 
Comerre (Léon). . . . 
Cormon (Fernand). . 
Couse (Eanger-Irving) 
Curran (Charles-C.).. 
Dantan (Édouard).. . 
Daux (Ch.-Edmond).. 
Descelles (Paul). . . 
Dupain (Edmond). . . 


Pages. 


Brûleuses. d’herbes . 4* 

Le Matin après le bal . 5 o 

L’Automne en Lorraine . 3 o * 

Rendez vous! — Souvenir de Viller.sexel (1870). ... 40 
Portrait de M. Carnot, président de la République. . . 22 

Les Saintes femmes au tombeau . 2 

Petites mendiantes . 12 

Surprise dans un village; — Lorraine .14* 

Suzanne .. . 18* 

Causerie de paysannes devant une ferme ( Normandie ). 32 

La Nouvelle servante .42 

Une Noce sous le Directoire .28* 

Les Chanteurs ambulants .28 

Course de chars romains . ... 14 

Portrait de M mc de P .29 

Bain de VAlhambra . .04 

Bataille de Graves .20 

Un Soir d’été .41 

Les Lotus du lac Erié; — Etats-Unis d'Amérique .. . 36 

Une Serre en construction .46 

Le Petit Chaperon-Rouge .49 

La Potée. .. 53 

Plafond .2.i 


27 
























































TABLE DES GRAVURES. 


106 


Dupré (Julien). 

Gelhay (Edouard). 

Girardet (Jules). 

Giron (Charles). 

Gorguet (Aug.-François). . . 
Gueldry (Joseph-Ferdinand).. 

Harpignies (Henri). 

Hermann-Léon (Charles).. . . 
Jamin (Paul-Joseph). 

Lamy (P. Franc). 

Laugée (Désiré-François). . . 

Laugèe (Georges). 

Le Quesne (Fernand). 

Lévy (Emile).. . . . 

Lobriciion (Timoléon). 

Lotus (Gazzotti). 

Maignan (Albert). 

Martin (Étienne). 

Meyerheim (Paul). 

Michel-Lançon (Édouard).. . 


Moreau (Adrien). 

Moreau de Tours (Georges). 

Munkacsy (Michel de). 

Paris (Camille). 

Parrot (Philippe). 

Pearce (Charles Sprague) . ... 

Peel (Paul). 

Pinta (Henry)... 

Richemont (Alfred-Paul-Marie de). 
Rochegrosse (Georges 1 !. 


Sala (Emilio). 

Salinas-Teruel (Jean) . . 

Tenré (Henry). 

Thomas (Paul). 

Villebesseyx (M me Jenny) 


Pages. 


La Vache blanche . 32 * 

La Grand’Mère . 46* 

Madrigal .34* 

Portrait de M lle Christine M . 8* 

Diane .54 

Un jour de régates . .... 44 

Crépuscule ; — Souvenir de l'Ailier . 25 

« Quand les chats n’y sont pas. .. 52 -“ 

Tentation; — Mercenaires gaulois d’Annibal à Car¬ 
thage .54* 

Rêve d’été . .2 + 

Encore un printemps . f . . . . 4 

Le Repos . 38 * 

La Légende du Kerdeck . 38 

Silène . 10 

Voisins .12-“ 

« Evohé! » . 57 

La Naissance de la Perle .20* 

Le Relais; — Provence .40* 

Bohémiens .44* 

La France appuyée sur la Force, abritée par la Paix ; 

— L’Industrie moderne, couronnée par le Génie du 

Progrès . g 

Sur la falaise . 10 

Les « Fascinés » de la Charité (1889).24* 

Plafond pour le Musée de l’Histoire de l’Art à Vienne ; 58 

— Allégorie de la Renaissance italienne . 5 g 

Le Troupeau de Valfiore; — Italie . 36 * 

Flore et Zéphire . 40 

Une Veuve .'. ... 26 

Après le bain . 33 

Sainte Marthe .48 

Le Rêve . 8 

Combat de cailles . 18 

Nouvelle arrivée au harem; — Tlièbes, X VIII e dynastie. 3 o 

École buissonnière .42* 

Le Printemps . 56 

Femme et chiens . 52 

Portrait de M ,ne .26* 

Au temps des roses . 17 

Les dernières fleurs . 16 


SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS 


Aublet (Albert). 


Béraud (Jean' 


Bretegnier (Georges). 
Courtois (Gustave). . 


Deschamps (Louis) . . . . 
Dinet (Alphonse-Étienne'. 
Dubufe fils (Guillaume). . 


La Fête-Dieu .72 

A l’eau ( Tréport) . 65 

Monte-Carlo (Rien ne va plus.'i .64 

l’Arlequine .88 

Musicien nègre .76 

Lisette ; — Légataire universel IRegnard, 1655 à iyog); 

— panneau pour le foyer de l’Odéon.73 

Le Matin .70 

Fillette au canard .76* 

Charmeur de vipères (Laghouat/. 86* 

A Anacapri; — étude.81 


































































































TABLE DES GRAVURES. 

Duez (Ernest-Ange). Le Café sur la terrasse . 

Friant (Emile). Discussion politique. 

Gervex (Henry). A la « République française ». 

Hœcker (Paul). La Religieuse. 

Jimenes (Louis). Une Parisienne en i 88 q . 

La Touche (Gaston. . Les Pivoines . 

Montenard (Frédéric). Le vieux Ponton . 

Prinet (René-Xavier). Leçon de danse. 

Puvis de Chavannes (Pierre. .... « Inter Artes et Naturam » ; — panneau destiné à 1 

calier du Musée de Rouen . 

Ribot (Théodule-Augustin). Les Titres de famille. 

Roll (Alfred-Philippe). Enfant avec sa bonne. 

Roussin (Georges). . ... Danseuses. 

Sanctis (Giuseppe de). Prière du soir à Byqance . 

Stevens (Alfred). La Jeune Veuve. 

— — . Au Havre 


LA SCULPTURE 

SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 


Barrias (Ernest-Louis). Jeune fille de Bou-Saada; — cire.g6 

Chapu (H.-M.-Antoine). Monument de Flaubert; — marbre.go 

Dampt (Jean).. La Fin du rêve; — groupe, marbre.g2* 

Delaplanche (Eugène). La Charité; Monument à la mémoire de Mer Don- 

net, archevêque de Bordeaux ; — marbre.go* 

Falguière (Alexandre). Femme au paon; — statue, marbre.g2 

Gérome (Jean-Léon). Tanagra; — figure, marbre.g4 

Roulleau (Jules-Pierre). Léda; — groupe, marbre.gq* 
































































SALON 















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Les aliments que nous mangeons no nous nourrissent que 
s'ils sont bien digérés. Pour cela, notre estomac sécrète une 
substance appelée Pepsine. Mais l’estomac des personnes 
malades n’en produit pas assez, leur digestion ne se fait plus 
d’une manière complète et les accidents les plus graves peu¬ 
vent en résulter. 

La Pépsine Boudault, semblable à celle produite par 
l’estomac, permet de digérer les aliments les plus nutritifs 
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